mardi 5 août 2014

BARBUSSE, LE FEU, RESUME, CHAPITRES IX à XVI


IX) La grande colère

            Volpatte est revenu après deux mois de convalescence, mais il est très en colère.
Il pleut sans arrêt, la tranchée est trempée. Ils mangent debout, les pieds enfoncés dans la boue, le pain spongieux et la viande lessivée. la pluie s’insère partout.
Volpatte est en colère contre les « embusqués », ces mobilisés qui sont prêts à tout pour ne pas aller au front. « Y- en a trop » ne cesse-t-il de répéter.
Parmi ces embusqués, les gendarmes dont la guerre est le métier mais qui ne vont jamais au front.
«  Il y a des moments où le devoir et le danger c’est exactement la même chose. Quand le pays, quand la justice et la liberté sont en danger, ce n’est pas en se mettant à l’abri qu’on les défend. La guerre signifie au contraire danger de mort et sacrifice de la vie pour tout le monde : personne n’est sacré. Il faut donc y aller tout droit, jusqu’au bout, et non pas faire semblant de le faire, avec un uniforme de fantaisie. Les services à l’arrière, qui sont nécessaires, doivent être assurés automatiquement par les vrais faibles et les vrais vieux. » (Bertrand, 193)



X) Argoval

            Un soir, dans un village, une douce brise souffle. Ils sont au repos, mais Suilhard emmène le narrateur à l’endroit où fut fusillé le soldat du 204 (pour abandon de poste). S’ensuit alors un dialogue qui exprime implicitement l’incompréhension d’un tel châtiment et le dégoût des soldats.

XI) Le chien

            Ils sont au cantonnement dans un village. « Il faisait un temps épouvantable. L’eau et le vent assaillaient les passants, criblaient, inondaient et soulevaient les chemins. » (199) Et malgré le froid, le vent, la pluie, Fouillade se lave, devant l’admiration de tous.
            Il a très froid ensuite, il ne peut rester dans la grange qu’on leur a donnée comme abris, à moitié inondée. Les rats pullulent, le vent s’y engouffre par toutes ses nombreuses ouvertures béantes. Le sol est boueux, il n’y a pas un seul endroit de sec pour s’asseoir, alors se coucher ! Et impossible de trouver du feu. On leur a intimé l’ordre de ne pas sortir de la grange. Ils ont froid, ils rêvassent, songent à leur femme, à leur pays. Un chien est enchaîné avec eux, à moitié abandonné par son maître lui aussi. Lui aussi il a faim et froid.


XII) Le portique

            Porteloo et le narrateur profitent du brouillard pour aller dans le village de Poterloo qui a subi de rudes combats pendant un an et demi.
Sur la route dévastée, des colonnes de morts en attente d’être évacués. Ils parviennent à Souchez : « A mesure qu’on avance, tout apparaît retourné, terrifiant, plein de pourriture, et sent le cataclysme. »  (219) Mais le village a disparu ! Il a été transformé en terrain vague. La maison de Poterloo également.
Il raconte alors comment un boche, il n’y a pas si longtemps, lui a permis de voir sa femme et se fille, chez ses parents. Mais à les voir si heureux en compagnie de sous-officiers, il n’a même pas souhaité leur parler.
Il se reprend assez vite, il y a l’espoir de la fin de la guerre, du recommencement et de la reconstruction.


            Les quatre jours de tranchées parviennent à leur terme. Le printemps donne les premiers signes d’un renouveau. Ils doivent remonter des kilomètres de boyaux. Le narrateur suit Poterloo, robuste, à la voix chantante, un soutien, un poteau. La marche est incertaine dans la boue, et sous la pluie cinglante qui aveugle et détrempe tout.
Tout à coup, une explosion jette de côté le narrateur et « pendant cette seconde où, instinctivement, je cherchais, éperdu, hagard, mon frère d’armes, j’ai vu son corps monter, debout, noir, les deux bras étendus de toute leur envergure, et une flamme à la place de la tête. » (239)

XIII) Les gros mots

            Art du portrait, description de Barque : « Barque me voit écrire. Il vient vers moi à quatre pattes à travers la paille, et me présente sa figure éveillée, ponctuée par son toupet roussâtre et paillasse, ses petits yeux vifs au-dessus desquels se plissent et se déplissent des accents circonflexes. Il a la bouche qui tourne dans tous les sens à cause d’une tablette de chocolat qu’il croque et mâche, et dont il tient dans son poing l’humide moignon. » (240)
            Chapitre à étudier du point de vue de l’écrivain et de ses choix stylistiques, mise en abyme : Barque lui demande notamment s’il retranscrira dans son livre sur la guerre la parlure de ses camarades et particulièrement leurs nombreux gros mots, ce qui serait plus réaliste, mais aussi courageux, étant donné le poids de la censure et des bienséances.
            + Message contre les méfaits de l’alcoolisme.
« - Veux-tu mon opinion ? Quoique je ne m'y connais pas en livres : c'est courageux, ça, parce que ça s'fait pas, et ce sera très chic si tu l'oses, mais t'auras de la peine au dernier moment, t'es trop poli !... C'est même un des défauts que j'te connais depuis qu'on s'connaît. Ça, et aussi cette sale habitude que tu as quand on nous distribue de la gniole, sous prétexte que tu crois que ça fait du mal, au lieu de donner ta part à un copain, de t'laverser sur la tête pour te nettoyer les tifs. » (241)


XIV) Le barda

            Ils campent dans une grange. Ils se préparent à repartir dès le lendemain matin dans les tranchées. Volpatte fait l’inventaire de tout le contenu de ses poches qu’il admire comme un trésor, couteau, bouts de fils, fioles et autres ustensiles nécessaires à la survie, et bien sûr les photographies de sa femme et de ses enfants.
Chaque soldat transporte ainsi son barda et une ou deux photos :    « chacun emporte son monde. » (245)
Et tous d’énumérer leur trésor qu’ils tirent de leurs dix-huit poches et ils discutent du meilleur endroit pour mettre le quart, pendant qu’un autre leur apprend qu’ils vont aller en première ligne.
Quant aux lettres, certains les gardent, certains les renvoient pour plus de sûreté, d’autres les relisent. « Quand on a froid et qu’on a mal, j’les r’lis. Ça vous réchauffe pas, mais ça fait semblant. » (Eudore, 251)
Il y a aussi tout ce qu’ils mettent dans leur sac, en plus de l’équipement réglementaire, et la cartouchière de six kilos, les musettes, le fusil.


            Quelques-uns discutent, d’autres se chamaillent. Certains finissent par se coucher, d’autres traînent encore en discutant, certains soliloquent.
C’est la nuit, et le narrateur de conclure : « L’ivresse du sommeil me gagne. Mais je me rappelle ce qu’ils ont fait et ce qu’ils feront. Et devant cette profonde vision de pauvre nuit humaine qui remplit cette caverne sous son linceul de ténèbres, je rêve à je ne sais quelle grande lumière. » (261)


XV) L’œuf

            La faim les taraude, le ravitaillement ne se fait pas. Le narrateur offre des allumettes à Paradis pour allumer sa pipe. Celui-ci lui donnera un œuf « éblouissant de splendeur et de blancheur » (264) , pour le remercier.

XVI) L’idylle

            Ils marchent. Le narrateur est avec Paradis qui n’a pas dormi de la nuit en sa qualité d’homme de liaison, il est donc crevé.

Ils arrivent à leur cantonnement, un hangar. Ils vont voir dans une maison s’ils n’ont rien à leur vendre. Au moment de repartir, Paradis aide une vieille dame à cirer les chaussures de sa petite fille. Il est tout sourire. Description d’une scène pathétique aux accents nostalgiques.

Suite : http://lettresco.blogspot.fr/2014/08/barbusse-le-feu-resume-chapitres-xvii.html#more

Nathalie LECLERCQ (Merci de préciser la source de ce document en cas d'utilisation partielle ou totale)


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