dimanche 3 août 2014

BARBUSSE, LE FEU, RESUME, CHAPITRES I à VIII


Edition Garnier-Flammarion, Paris, 2014.
NB : Les chiffres entre parenthèses correspondent au numéro de la page d’où est issue la citation.

L’œuvre est sous-titrée « Journal d’une escouade ».
Dédicace : « A la mémoire des camarades tombés à côté de moi à Crouy et sur la cote 119. »


 I) La vision

            Début inspiré par le long séjour de Barbusse en 1912 au sanatorium de Lysin. « Le silence règne sur les chaises longues. »  (49)
« Le silence est la loi. » C’est un sanatorium où tout le monde se repose, reprend son souffle. Atmosphère d’accalmie et de sérénité. « Au reste, ce qui, riches, indépendants, sont venus ici de tous les points de la terre, frappés du même malheur, on perdu l’habitude de parler. Ils sont repliés sur eux-mêmes et pensent à leur vie et à leur mort. » (49)
« C’est chose faite, dit celui qui a déployé le premier son poil, la guerre est déclarée. » (50)
« –C’est un crime que commet l’Autriche, dit l’Autrichien.
– Il faut que la France soit victorieuse, dit l’Anglais.
– J’espère que l’Allemagne sera vaincue, dit l’Allemand. » (50)  
« Quelques-uns de ceux qui sont couchés là rompent le silence, et répètent a mi-voix ces mots, et réfléchissent que c’est le plus grand événement des temps modernes et peut-être de tous les temps. » (50)
Ils se perdent tous dans la contemplation du paysage imbibé du sang et du massacre à venir. 30 millions de soldats seront concernés.
«  On voit chaque nation dont le bord est rongé de massacres, qui s’arrache sans cesse du cœur de nouveaux soldats pleins de forces et pleins de sang ; on suit des yeux ses affluents vivants d’un fleuve de morts. » (51)
Le troisième personnage ajoute : « C’est peut-être la guerre suprême. » (51)
« Arrêter les guerres ! Est-ce possible ! Arrêter les guerres !  La plaie du monde est inguérissable. » (51)
« Quelqu’un tousse. Ensuite, le calme immense au soleil descend des somptueuses prairies où luisent doucement les vaches vernissées, et les bois noirs, et les champs verts, et les distances bleues, submergent cette vision, éteignent le reflet du feu dont s’embrase et se fracasse le vieux monde. Le silence infini efface la rumeur de haine et de souffrance du noir grouillement universel. Les parleurs rentrent, un à un, en eux-mêmes, préoccupés du mystère de leurs poumons, du salut de leur corps. » (52)
« Mais les contemplateurs placés au seuil du monde, lavés des passions des partis, délivrés des notions acquises, des aveuglements, de l’emprise des traditions, éprouvent vaguement la simplicité des choses et les possibilités béantes… » (52)
« Dans leur vision, des formes sortent de la plaine, qui est faite de boue et d’eau, et se cramponnent à la surface du sol, aveuglées et écrasées de fange, comme des naufragés monstrueux. Et il leur semble que ce sont des soldats. La plaine, qui ruisselle, striée de longs canaux parallèles, creusée de trous d’eau, est immense, et ces naufragés qui cherchent à se déterrer d’elle sont une multitude… Mais les trente millions d’esclaves jetés les uns sur les autres par le crime et l’erreur, dans la guerre de la boue, lèvent leurs faces humaines où germe enfin une volonté. L’avenir est dans les mains des esclaves, et on voit bien que le vieux monde sera changé par l’alliance que bâtiront un jour entre eux ceux dont le nombre et la misère sont infinis. » (53)



II) Dans la terre
           
            Fin 1915, 500e jour de la guerre, aux alentours du 15 décembre. Au front, après l’orage, dans les entonnoirs (cavités creusées par les obus)  qui servent  de refuge, « on distingue de longs fossés en lacis ou le résidu de nuit s’accumule. C’est la tranchée. » Suit  une  description dysphorique : au sol, couche visqueuse, mauvais odeur (urine  de la nuit). Les soldats sont emmitouflés comme des ours.  «  Au-dessus de nous, partout, la canonnade. » « Le sombre et flamboyant orage ne cesse jamais. Depuis plus de 15 mois, depuis 500 jours. » (55)  « On est enterré au fond d’un éternel champ de bataille, mais comme le tic-tac les horloges de nos maisons, au temps d’autrefois, dans le passé quasi légendaire, on entend cela que lorsqu’on écoute.» (55) Premier personnage à apparaître : « Poupard, un poupon », qui se nomme Paradis. « Encore une nuit de passer, mon pauv’vieux. »  (56) il s’ensuit un dialogue entre Volpatte, Firmin, Breton Biquet, Tinette, le père Blaire, le grand Barque, sur la mauvaise nuit passée, la puanteur, la saleté, les poux, les combats de Vimy.
Vla Tirloir qui râle, comme à son ordinaire, on lui a « fauché sa musette » (son sac), cte nuit ! (60). Puis il s’en va.
            Tulacque arrive. Il est magnifique. il porte une « casaque jaune citron, faite au moyen d’un sac de couchage en toile huilée. »  (61). Il montre sa dernière trouvaille, une hache préhistorique.
            Ils sont toute une escouade, 17 hommes appartenant à une section de 60 hommes environ pour une compagnie de 150 hommes qui « occupe, en réserve, une parallèle de deuxième ligne. » (62) La nuit, des travaux de terrassement. Le jour, rien à faire. 
« Entassés les uns contre les autres et enchaînés coude a coude, il ne nous reste plus qu’à atteindre le soir comme nous pourrons. » (62)
Chacun s’habille comme il peut pour se prémunir du froid, de l’humidité. Un dénommé Caron a même récupéré les bottes d’un fantassin allemand, avec les jambes encore dedans… Elles étaient venues avec lorsqu’il a tiré les bottes du cadavre.
« il y a trop longtemps que dure le grand drame que nous jouons, et on ne s’étonne plus de la tête qu’on y a prise et de l’accoutrement qu’on s’y est inventé, pour se défendre contre la  pluie qui vient d’en haut, contre la boue qui vient d’en bas, contre le froid, cette espèce d’infini qui est partout. » (62)
Chacun s’occupe ou tue le temps comme il peut, somnolant, baillant ou toussant, seuls les poux viennent interrompre ce « calme monotone ».


            Il y a tous les âges, tous les métiers, c’est un régiment de réserve. « Nous sommes venus de partout, laboureurs et ouvriers, pour la plupart. » (68) « Dans notre groupe disparate, dans cette famille sans famille, dans ce foyer sans foyer qui nous groupe, il y a, côte à côte, trois générations qui sont là, à vivre, à attendre, à s’immobiliser, comme des statues informes, comme des bornes. » (67)
« Nous sommes des soldats combattants, nous autres, et il n’y a presque pas d’intellectuels, d’artistes ou de riches qui, pendant cette guerre, auront risqué leur figure aux créneaux, sinon en passant, au sous des képis galonnés. » (69)
«  Malgré les diversités d’âge, d’origine, de culture, de situation, et de tout ce qui fut, malgré les abîmes qui nous séparaient jadis, nous sommes en grandes lignes les mêmes. À travers la même silhouette grossière, on cache et on montre les mêmes mœurs, les mêmes habitudes, le même caractère simplifié d’hommes revenus à l’état primitif. » (70)
            Ils ont le même parler. « On attend » (70) : « on attend toujours, dans l’état de guerre. On est devenu des machines à attendre. » (70)
            Même la soupe tarde à arriver. Les hommes se plaignent. 
« L’irritation haineuse contre les retardataires monte, monte. » (73) En plus, la nourriture est mauvaise, pourtant, la « bectance » arrive et tout le monde oublie les récriminations. « Et on voit leur fureur se changer subitement en satisfaction » (74). On leur apporte des faillots, de la « dure » et du café. Ils mangent, « ils sont contents » (76). Puis ils fument.
« Les fumeurs crachent en cercle, juste à l’entrée de la guitoune où loge le gros de la demi-section, et inondent d’une salive jaunie par la nicotine la place où l’on pose les mains et les genoux quand on s’aplatit pour entrer ou sortir. » (77) Une dispute éclate, ils vont en venir aux mains, mais on les sépare.
            « La journée s’avance. » (79), il se met à pleuvoir, et l’eau éteint au fond de nous la joie dense dont le repas nous a remplis. L’espace s’est rapetissé. Sur la terre, champ de mort, se juxtapose étroitement le champ de tristesse du ciel. » (79)
            Dans le secteur, il y a 15 lignes de tranchées françaises, les unes abandonnées, Les autres occupés. « Ces parallèles sont réunies par des boyaux innombrables qui tournent et font des crochets comme de vieilles rues. » (80) 25 kilomètres de large, c’est le front de l’armée avec 1000 kms de lignes creuses. En tout, l’on compte 10 000 kms de tranchées françaises et autant du côté allemand.
 « Dans tout ça, tu vois ce qu’on est, nous autres… » (80)
« – On s’embête, dit Volpatte.
– On tient ! Ronchonne Barque. » (80)
« – Au commencement, dit Tirette, j’pensais à un tas d’choses, j’réfléchissais, j’calculais ; maintenant, j’pense plus. »  (81)
« Ici, faut pas chercher loin devant toi. Faut vivre au jour le jour, heure par heure, même si tu peux. » (Volpatte, 81)


            Puis ils se rappellent  Soisson, reprise aux Allemands, époque d’abondance. mais toujours, il fallait courir après le feu, il fallait trouver du bois pour faire cuire le repas, un violon, des queues de billard, des meubles...
Il évoquent les Allemands qu’ils ont tués, leur sentiment d’être comme eux, et leur haine tenace contre les officiers allemands, « les microbes de la guerre ». (87)
C’est au temps de Guillaume II (qui abdique en 1918).
            Des civils et des officiers arrivent. Ils viennent « voir ». Scène ironique. Les Bourgeois qui complimentent le poilu, ou sa bravoure, mais qui sont loin de se rendre compte (ou qui sont indifférents) de ce qu’il endure au quotidien. « On a entendu un officier dire : « nous avons encore beaucoup à voir, messieurs les journalistes. » (91) « – Alors, c’est eux qui nous bourrent le crâne ? fait Marthereau. » (91)
Puis ils bavassent et se remémorent leur service militaire en fanfaronnant jusqu’à la nuit.
            Le vaguemestre arrive (sous-officier chargé du courrier). En même temps que les lettres, il apporte les dernières nouvelles, les derniers ordres aussi, comme la défense de porter des capuchons, ou l’obligation de se tondre les cheveux et la barbe. Il paraitrait que la division serait relevée pour aller au repos ou en Égypte. « Il sont là, en cercle, autour du raconteur d’histoires. » (95) Mais le rêve ne dure pas.
            Ils s’installent pour lire leur lettre, puis ils écrivent. « le moment des lettres est celui où l’on est le plus et le mieux ce que l’on fut. Plusieurs hommes s’abandonnent au passé et reparlent d’abord de mangeaille. » (96)
D’autres construisent des menus objets à envoyer à leur femme. « On pense au premier inventeur, père des artistes, qui tâcha de donner à des choses durables la forme de ce qu’il voyait et l’âme de ce qu’il ressentait. » (97)


            Une compagnie de territoriaux vient entretenir les boyaux. Les quolibets fusent à leur passage. « Misérables, ils raillent plus misérables qu’eux. » (99)
«  Le défilé de ces vétérans usagés , salis par les tranchées, se termine au milieu des faces sarcastiques et quasi malveillantes de ces troglodytes sinistres émergeant à moitié de leur caverne de boue. » (100).
Le soir tombe, des tabors (des soldats originaires du Maroc) passent. « On les regarde et on se tait. On ne les interpelle pas, ceux-là. Ils imposent, et même font un peu peur. » (100) «  ils sont faits pour l’assaut. » (101)
« – Au fond, ce sont de vrais soldats.– Nous ne sommes pas des soldats, nous, nous sommes des hommes, dit le gros Lamuse. » (102)
            L’ordre de se rassembler est proclamé. Ils doivent dégager le boyau perpendiculaire à la tranchée, vers la frontière mobile.



III) La descente

            A l’aube. « Nous sommes arrivés là, ceux du 6ème Bataillon, à la fin de la nuit. Nous avons formé les faisceaux, et, maintenant, au milieu de ce cirque de vague lueur, les pieds dans la brume et la boue, en groupes sombres à peine bleutés ou en spectres solitaires, nous stationnons, toutes nos têtes tournées vers le chemin qui descend de là-bas. » (104)
            Ils attendent le reste du régiment, le 5ème Bataillon. « Le séjour aux tranchées a été, cette fois-ci, terrible. » (105) La 18ème compagnie « a été décimée. » (105) « Au milieu de ces soldats qui reviennent des bas-fonds épouvantables, c’est un vacarme assourdissant. Ils parlent tous à la fois, très fort, en gesticulant, rient et chantent.
Et l’on croirait à les voir, que c’est une foule en fête qui se répand sur la route. »  (106)
            Le narrateur retrouve un camarade qui lui décrit la façon dont tous ceux qu’il connaît ont été tués. Mais ceux qui restent paraissent bien gais, ils sont ivres. « Si ces hommes sont heureux, malgré tout, au sortir de l’enfer, c’est que, justement, ils en sortent. » (108)
            « C’est pourquoi, malgré la fatigue qui les écrase, et la boucherie toute fraiche dont ils sont éclaboussés encore, et leurs frères arrachés tout autour de chacun d’eux, malgré tout, malgré eux, ils sont dans la fête de survivre, ils jouissent de la gloire infinie d’être debout. » (108)



IV) Volpatte et Fouillade

            Ils ont été réquisitionnés et emmenés en 1ère ligne par le 5ème Bataillon. Mais ils ne sont pas revenus. Farfadet et le narrateur sont envoyés à leur recherche et ils les retrouvent alors qu’ils sont sur le chemin du retour. On les avait oubliés. Ils ont passé « quatre jours et quatre nuits dans un trou d’obus sur qui les balles pleuvaient d’travers et qui, en plus, sentait la merde. » (111)
            On leur a donné l’ordre de ne pas cesser de tirer, puis on les a oubliés là jusqu’à ce qu’on tombe sur eux par hasard. Volpatte a été blessé à la tête, une torpille lui a arraché les deux oreilles.
            Ils s’en retournent, presque libres, comme des promeneurs. Volpatte est content, il va être évacué. Il s’y voit déjà. « Au commencement, dit Farfadet, je trouvais drôle quand j’entendais désirer « la bonne blessure ». Mais tout de même, quoiqu’on puisse dire, tout de même, je comprends, maintenant, qu’c’est la seule chose qu’un pauvre soldat puisse espérer qui ne soit pas fou. «  (115)
            Lamuse arrive, aux trousses d’une belle bohémienne qui n’a d’yeux que pour le « fin, flexible et frissonnant comme un lilas » Farfadet (117).


V) L’asile

            Le régiment est en quête d’un nouveau gîte après toute une nuit de marche à l’aveugle. Ils arrivent à Gauchin-l’Abbé (Nom créé à partir de deux lieux voisins où Barbusse a combattu). Tous espèrent la terre promise.
            28 kms dans la nuit, plus tard les maisons se laissent apercevoir. Mais ils ne s’arrêtent pas. Il faut marcher, encore et encore, malgré la fatigue et l’épuisement.
            Le soleil se lève enfin, mais il fait vite trop chaud. Ils traversent le pays de la craie. Ils parviennent au village sur le coup de midi. Ils y resterons pendant huit jours. L’escouade rêve de louer une table chez un habitant. Ils atterrissent dans une grange avec de la paille hachée qui sent les cabinets, c’est la désillusion et le désenchantement.
            Alors le combat pour trouver une table commence. Elles sont toutes déjà prises. Le narrateur aperçoit la bohémienne, mais ne dit rien. Ils finissent par trouver une remise où une femme, peu encline à les voir s’installer, fait habituellement la lessive. Une vieille porte en guise de table fera l’affaire. Elle la leur loue deux sous par jour. C’est cher, mais ils acceptent. Elle leur vend également du vin, hors de prix.
            «  - Elle sait y faire, la vieille, ronchonne Barque.
            La mégère se retourne, agressive :
            - Vous ne voudrez pas qu’on se ruine à cette misère de guerre ! C’est assez de tout l’argent qu’on perd à ci à ça.
            - A quoi ? Insiste Barque.
            - On voit que vous n’risquez pas vot’argent, vous.
            - Non, nous ne risquons que not’peau. » (130)
Puis chacun va aux emplettes. Ils se préparent ainsi un bon et copieux repas.


            Il y a même une cuisinière. Ils y font de la soupe dans une marmite. L’hôtesse rechigne. Lamuse parvient à la calmer. Le lieu est sale, il ne faut surtout rien laisser tomber par terre et ne pas frotter les murs. « Petite fête lugubre, où la gaité déborde. » (133)
            Volpatte est évacué. Palmyre, l’hôtesse, leur offre même le café ! C’est de l’eau filtrée.
Un petit garçon les rejoint et leur conte naïvement la façon dont ses parents s’enrichissent et espèrent voir la guerre continuer. Ils s’engraissent sur le dos des soldats. A l’intérieur de la maison, un vieillard au cou de poule cherche un trésor.
            Après le repas, Lamuse et le narrateur vont flâner. Ils ont quartier libre. Lamuse a remarqué Eudoxie, la bohémienne, et croit qu’elle est là pour lui. Il parle même de l’épouser.
Tous les paysans se font épiciers. « Chacun se jetait dans le trafic, pris par la fièvre des chiffres, ébloui par les multiplications. » (139)
Ils rencontrent Blaire qui a fini par trouver la fameuse voiture stomatologique, mais il hésite tant le camion dentiste semble bizarre.
Ils rencontrent Eudoxie. Lamuse se précipite, veut l’embrasser. Elle le repousse violemment : « Vous me dégoutez. » (141)

            Ils rentrent. « Lamuse semble être aveugle et sourd, et ne plus savoir que marcher. » (144) Biquet reçoit une lettre de sa mère qui s’inquiète pour lui. Mais il en rit, puisqu’il est bien. «  Parce que le soleil s’est montré, parce qu’on a senti un rayon et un semblant de confort, le passé de souffrance n’existe plus, et l’avenir terrible n’existe pas non plus... « on est bien maintenant. » Tout est fini. «  (145) Il répond à sa mère, « il relit sa lettre, s’en caresse, se sourit. » (145)



VI) Habitudes

            Ils observent la basse-cour, les poules, les petits, le coq. « On est bien, dit Barque. » (147) Ils sont là depuis dix-sept jours.
« En vérité, on s’est habitués, ces lieux et nous, à être ensemble. Tant de fois transplantés, nous nous implantons ici, et nous ne pensons plus réellement au départ, même lorsque nous en parlons. » (149) Ils espèrent rester jusqu’à la fin de la guerre.
            Farfadet les a rejoints. Il est bien le plus heureux, il vit une idylle avec Eudoxie. En plus, il est envoyé à l’arrière parce qu’il sait se servir d’une machine à écrire. « Il regarde une fenêtre ouverte, qui donne sur le trou noir d’une chambre quelconque, là-bas ; il s’éblouit de cette ombre de chambre : il espère, il vit double. Il est heureux ; car le bonheur prochain, qui n’existe pas encore, est le seul ici-bas qui soit réel. » (151)

VII) Embarquement

            Une alerte, en pleine nuit, les avait arrachés au sommeil et au village. Ils sont dans une gare, sur un quai. Ils n’eurent le temps de dire au-revoir à personne. Ils sont sentinelles, perdus dans une espèce de ville roulante, des trains à perte de vue. Toute l’armée est déplacée, hommes, camons, voitures, chevaux... « C’est un tohu-bohu et une organisation mouvementée, comme une panique. »  (155)
            La nuit tombe, les lumières donnent « un aspect fantastique » (156) à la gare. Suit un dialogue lors duquel Cocon décrit les divisions et leur organisation. Dans ces lignes, « Barbusse se livre à une parodie de la langue militaire fondée sur un goût pour les acronymes. » (Note p.157)

VIII) La permission

            Eudore rentre de six jours de permission. Mais il a eu à peine le temps de voir sa femme. Elle n’a pas obtenu assez tôt l’autorisation de le retrouver chez ses parents et il a perdu cinq jours à l’attendre en vain. Le cinquième jour, il est allé la rejoindre, mais il pleuvait à verse. Il fait le chemin avec d’autres soldats qu’il n’a pas le cœur de laisser dormir dehors par ce temps. Ils ne dorment dons pas de la nuit tant il y a peu de place. Le lendemain, il doit repartir. Il n’avait pas vu sa femme depuis quinze mois et ignore quand il la reverra. mais il est content qu’elle n’ait pas voulu que ses compagnons dorment dehors. Elle lui a donné un jambonneau et du vin qu’il partage avec ses « poteaux » à son arrivée.

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Nathalie LECLERCQ (Merci de préciser la source de ce document en cas d'utilisation partielle ou totale)

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