mercredi 14 mai 2014

DISSERTATION, HUMANISME, UNE OUVERTURE ET UNE INTERROGATION SUR L'AUTRE?


Dissertation : Dans le premier livre des Essais, Michel de Montaigne explique que, pour se former, il faut «frotter et limer notre cervelle contre celle d’autrui ».
En quoi peut-on dire que l’humanisme, à la Renaissance, se caractérise par une ouverture à l’autre et une interrogation sur l’autre ? 
Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur les textes du corpus et sur vos connaissances et lectures personnelles.

Problématique : Comment caractériser et définir l’humanisme à la Renaissance ?


I) Ce courant littéraire et artistique se caractérise, dans une certaine mesure, par une ouverture à l’autre et une interrogation sur l’autre.
            A) Une ouverture géographique
Au XVe siècle, lors des  guerres  d’Italie, la France  découvre,  émerveillée, les  trésors artistiques et culturels du quattrocento, sous François 1er et l’Espagne de Charles Quint poursuit au début du XVIe siècle le mouvement  amorcé en Italie.
            B) Une ouverture et une interrogation culturelle ou un retour aux sources
Avec les grands humanistes, les textes latins sont relus et pas seulement dans le domaine littéraire, mais aussi dans celui de la botanique, la zoologie, les mathématiques…En Italie, un  homme comme Pétrarque, dès le XIVe  siècle, prône un retour aux textes antiques pour sortir de l’obscurantisme du Moyen Âge.  (Exemple précis à développer) Parallèlement, la prise de Constantinople, en 1453, par les Turcs, entraîne la fuite de savants byzantins qui arrivent à Venise puis en Italie avec leur savoir et leurs manuscrits, ouvrant  ainsi un intérêt nouveau pour l’Antiquité grecque. Un contexte économique favorable, dû à de meilleures conditions climatiques, à la reprise des échanges commerciaux après la peste noire et au développement du commerce avec le nouveau monde, permet aux mécènes de financer les artistes.
            C) Une ouverture intellectuelle = interroger les facultés de l’homme
Considérant que l’Homme est en possession de capacités intellectuelles potentiellement illimitées, ils considèrent la quête du savoir et la maîtrise des diverses disciplines comme nécessaires au bon usage de ces facultés. Ils prônent la vulgarisation de tous les savoirs, dont religieux ; la parole divine doit être accessible à toute personne, quelles que soient ses origines ou sa langue (traduction de la Bible en langue vernaculaire par Érasme en 1516).
Ainsi, cet humanisme vise à diffuser plus clairement le patrimoine culturel. L’individu, correctement instruit, reste libre et pleinement responsable de ses actes dans la croyance de son choix. Les notions de liberté ou libre arbitre, de tolérance, d’indépendance, d’ouverture et de curiosité sont, de ce fait, indissociables de la théorie humaniste classique. (Exemple précis à développer) 



II) Mais l’humanisme de la Renaissance a également d’autres caractéristiques.
            A) Ouverture sur le progrès scientifique
Les sciences et en particulier l’astronomie ont changé la vision du monde, avec par exemple l’idée d’un univers infini. L’héliocentrisme de Copernic et l’expérience que la  terre est ronde bouleversent les conceptions chrétiennes du monde terrestre. Avec les  progrès de la médecine, l’homme devient un sujet d’études scientifiques. Parmi les inventions techniques, l’imprimerie révolutionne la production du livre et permet une diffusion plus large des idées. (Exemple précis à développer)            
             B) Interroger nos méthodes d’éducation
Un principe de l'humaniste : éduquer c’est d’abord instruire.
De nombreux traités pédagogiques paraissent. Érasme, suivi par Rabelais, insiste sur les vertus morales de l’instruction. Le maître doit dégager des textes étudiés l’enseignement moral qu’ils recèlent. Il est à l’opposé de l’objectif médiéval, d’un Hugues de Saint-Victor par exemple (chanoine du XIIe siècle), qui prescrivait de tout apprendre, car rien, estimait-il, n’est inutile lorsque l’on cherche la sagesse. L’érudition pure, l’accumulation des connaissances, sont rejetées au profit de : « ce qui sert à faire [l’élève] plus sage et meilleur » (Montaigne, De l’Institution des enfants).
Il convient surtout de former le jugement, car « science sans conscience n’est que ruine de l’âme », dit Rabelais dans Pantagruel. Érasme va jusqu’à donner des règles de bonne tenue, comme se servir d’un mouchoir et se moucher en se détournant.
Le corps est tout aussi concerné que l’esprit : Rabelais, Montaigne, mettent l’accent sur l’exercice physique : « ce n’est pas assez de luy roidir l’âme ; il luy faut aussi roidir les muscles » (Montaigne, Essais).
            C) Le repli sur soi
L’humaniste, cependant, appréhende le bonheur de l’étude dans le repli sur soi plus que dans l’ouverture au monde. Les innovations scientifiques ne l’atteignent pas, ainsi les théories coperniciennes publiées en 1543 ne susciteront de l’intérêt qu’au siècle suivant. L'érudit de la Renaissance est penché sur ses livres, dans la solitude de son cabinet de travail. Il évolue dans un milieu d’initiés qui communiquent dans une langue (le latin ancien) compréhensible d’eux seuls. (Exemple précis à développer)



III) Et surtout, cette ouverture et cette interrogation de l’autre conduit à un renouvellement de notre appréhension d’autrui
            A) Un renouvellement des mentalités
La conception de l’homme a changé et a entraîné un optimisme dans les capacités humaines, ce qui s’est traduit par des recherches sur l’éducation et l’apprentissage dont les répercussions sont encore manifestes aujourd’hui. Le pouvoir et la religion font l’objet de critiques qui aboutiront au protestantisme. La découverte de l’Amérique et de peuples inconnus amène des modifications dans la représentation de l’homme et du monde. Ces changements de perspectives ont des conséquences sur les productions littéraires et artistiques. On assiste à un véritable renouveau de la peinture, l’architecture et la sculpture. En peinture, par exemple, ceux qu’on  appelle les primitifs flamands, peintres de renom comme Van Eyck ou Bruegel l’ancien, renouvellent l’art pictural au XVe siècle. Et Érasme, né en 1469 à Rotterdam, qu’on dit être le premier humaniste européen, développe une réflexion politique et religieuse originale, en parcourant l’Europe. (Exemple précis à développer)
            B) Renouvellement de notre rapport à la langue
Pour nommer le mouvement plus proprement littéraire et érudit, le terme d’humanisme a été forgé. L’umanista  est, à l’origine, un professeur de grammaire latine et c’est à partir de ce terme que les Italiens désignent  le mouvement érudit qui prend naissance dans les cours italiennes au XIVe  siècle et qui s’appuie sur la redécouverte des auteurs anciens, hors du cadre habituel de l’université. S’opposant à la culture du Moyen Âge, au  roman courtois et à la scolastique, des hommes comme  Pic de la Mirandole, sont en quête d’une véritable culture encyclopédique, avec l’ambition d’embrasser tous les savoirs. Le mouvement humaniste met l’homme au cœur de ses préoccupations et s’attache à développer toutes ses capacités, d’où l’importance accordée à l’éducation. Ce mouvement de retour à l’Antiquité s’accompagne d’un travail sur la langue nationale : le français s’enrichit d’un vocabulaire savant créé à partir du latin et du grec. Les poètes français revendiquent un renouvellement de la langue française dans la Deffence et illustration de la langue françoyse de Joachim du Bellay.
            C) Repenser la place de l’homme dans le monde et produire du neuf
Les humanistes repensent la place de l’homme dans le monde et veulent en faire un être autonome, capable de réflexions, et ce grâce à une éducation repensée. La Renaissance est aussi une période très riche artistiquement, les normes esthétiques sont renouvelées dans tous les domaines artistiques et la poésie rivalise avec les arts pour célébrer la beauté, avec Ronsard par exemple. (Exemple précis à développer)
Mais surtout, un vent nouveau va se lever et à Érasme, qui   entend « restaurer le passé » et non produire du neuf, Francis Bacon répond bientôt que « la science doit être tirée de la lumière de la nature, elle ne doit pas être retirée de l’obscurité de l’Antiquité » ; pour Bacon, « ce qui reste à faire » est plus important que « ce qui a été fait ». Et derrière lui s’engouffre tout le XVIIe siècle, qui rejoint cette conception d'un savoir ouvert, se dégageant des lieux clos de l’érudition pour partir à la conquête des mondes inconnus, au-delà des antiques colonnes d’Hercule.

Nathalie LECLERCQ


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