mercredi 2 avril 2014

CAMUS, L'ETRANGER, ECRITURE D'INVENTION, INVENTER UN AUTRE CHAPITRE, BUREL LISA (1L, 2013)



 Albert Camus, L'Etranger, chapitre 5

            Des aboiements m'ont reveillé. J'ai entendu le vieux Salamano crier dehors "salaud, charogne !". Il a dû être reveillé lui aussi, et a sans doute pensé que c'était son chien qui hurlait dehors. Un peu après, la nuit a retrouvé son calme ordinaire. Je ne trouvais plus le sommeil alors je me suis levé pour aller fumer. Comme j'ai eu un peu chaud, j'ai décidé de fumer ma cigarette sur le balcon. Sentir le vent léger de la nuit me faisait du bien. Assis sur ma chaise, j'avais toujours la même vue sur la rue principale du faubourg. Le marchand de tabac devait dormir à cette heure là. Les chats ne semblaient pas dormir par contre, j'en ai vu un ou deux traverser pour rejoindre le trottoir d'en face. J'ai alors pensé au dimanche où j'observais la rue qui était emplie de monde, quand le marchand de tabac avait installé sa chaise devant sa porte. Marie devait être chez sa tante ce jour là. C'était le lendemain de notre rencontre à l'établissment de bains du port. Je me suis dit que c'était gentil de la part de l'ami de Raymond de m'avoir invité avec Marie pour passer le dimanche dans son cabanon près d'Alger. On se baignerait sûrement et j'avais bien envie de retourner à la plage, nager dans l'eau tiède, au milieu des petites vagues paresseuses. C'est la fraîcheur de la nuit qui m'a vite fait revenir au moment présent. J'ai jeté mon mégot sur le trottoir et j'ai fermé la fenêtre. Comme j'ai eu un peu faim je suis allé voir s’il me restait un peu de chocolat mais il n'y en avait plus. J'ai eu envie de descendre en acheter mais l'épicerie devait être fermée à cette heure-ci. Ce n'était pas grave puisque j'ai quand même trouvé ensuite un paquet de biscuits dans un placard. En mangeant un de ces biscuits, je me suis souvenu que s’ils étaient restés aussi longtemps dans ce placard c'est que je ne les aimais pas tellement. Tant pis, j'avais faim. 
J'ai commencé à ressentir un peu de fatigue alors après avoir bu un verre d'eau, je suis retourné dans mon lit pour essayer de terminer ma nuit. Au moment où je me suis allongé, quelqu'un a frappé à la porte. Je me suis demandé qui pouvait bien venir me voir à cette heure tardive. C'était Raymond. Il est entré et s'est excusé de me déranger si tard. Je lui ai répondu que ce n'était pas bien grave puisque je ne dormais pas. "J'ai entendu du bruit sous mes fenêtres, j'ai cru apercevoir l'Arabe dont je t'ai parlé ce matin". Je lui ai répondu que le seul bruit que j'avais entendu était celui des chat errants qui traînaient sous nos fenêtres et que je n'avais vu personne dehors. Il a commencé à parler un peu plus fort: "Comment ça ? Tu ne me crois pas c'est ça ?" Je lui ai dit que j'avais simplement raconté ce que moi j'avais entendu. Il m'a alors proposé d'aller faire un tour du quartier pour le "chopper". Je lui ai répondu que j'étais un peu fatigué et que je préférais dormir. "Tu as raison, vaut mieux attendre le jour. Et puis ils doivent se déplacer en bande ces voyous, comme d'habitude. Ils feront moins les malins quand je les aurai tabassés un par un." J'ai dit: "Oui." Et il est parti en parlant de façon inaudible, j'ai pensé qu'il devait sûrement insulter l'Arabe. Comme il s'en était allé, j'ai pu retourner m'allonger dans mon lit pour ensuite me laisser gagner par un sommeil profond.

BUREL Lisa

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