dimanche 9 mars 2014

ZOLA NANA RESUME CHAPITRES IX ET X




Chapitre IX :

Un nouveau spectacle doit être monté sur les planches du théâtre des Variétés : il s’agit de l’opérette, La Petite Duchesse : Nana veut revenir sur le devant de la scène et, cette fois-ci, exige un rôle plus sérieux qui montrerait ses vrais talents d’actrice, ce qui n’est pas du goût de Rose Mignon. Nous assistons aux répétitions de cette pièce. Nana retrouve Muffat, venu assister aux représentations pour… Rose !

- Répétitions aux variétés de la pièce de Fauchery « la petite Duchesse » :
Nana, aidée par Labordette prépare son retour au théâtre, et ses retrouvailles avec Muffat. Dans un premier temps, elle assiste cachée aux répétitions en compagnie de Labordette (dans une baignoire). Bordenave lui a offert le rôle de la « cocotte » à Géraldine. Mais Nana rêve d’un rôle dame honnête : celui de la duchesse Hélène jouée par Rose
- Muffat et Mignon arrivent au théâtre. Le comte qui désire toujours autant la jeune femme rejoint Nana dans une loge et il semble prêt à tout pour se réconcilier avec Nana : « Nana, à chaque offre, disait non de la tête, superbement. Puis, comme il continuait, comme il parlait de placer de l’argent sur elle, ne sachant plus quoi mettre à ses pieds, elle parut perdre patience ». Nana oblige Muffat à lui obtenir le rôle qu’elle désire
- Réaction de Bordenave : Il accepte contre une forte somme d’argent. Fauchery cède et le comte obtient le rôle pour Nana,
Nana descend des loges, victorieuse. « Elle faisait le femme honnête, avec des airs de distinction, pour épater son monde ». Rose est furieuse.
- Un mois plus tard, la première représentation est un grand désastre. « Atrocement mauvaise », « on ne siffla pas tant on s’amusait ». Nana promet de se venger, elle va montrer qu’elle peut être distinguée : « tous ceux qui ont rigolé, je les amène là, à lécher la terre devant moi !… ». C’est un chapitre qui marque le début de la ruine de Muffat.


Chapitre X :

Nana, qui n’est plus comédienne, s’ennuie dans son hôtel (« Oh que les hommes m’embêtent ! ») : elle part voir son fils aux Batignolles. Elle commence alors une relation amoureuse avec son amie Satin. Elle se montre de plus en plus violente et nerveuse avec ses domestiques et supporte mal la jalousie de Muffat, que des lettres anonymes dévoilant les infidélités de la demi-mondaine irritent : le comte dépense sans compter pour assouvir tous les désirs de sa belle.

- Ce chapitre dépeint le résultat de l’ascension irrésistible de Nana. A la ville, Nana atteint sans peine l’idéal qu’elle ne peut jouer sur scène : « Nana devint une femme chic, rentière de la bêtise et de l’ordure des mâles, marquise des hauts trottoirs », « elle régna tout de suite parmi les plus chères », « une aristocratie du vice, superbe, révoltée, mettant le pied sur Paris, en maîtresse toute-puissante ».   « Elle donnait le ton, de grandes dames l’imitaient ». (Contraste avec la fin du chapitre 9, Nana a quitté le théâtre dès la 3è représentation de La Petite Duchesse ; Bordenave est au bord de la faillite). Sa popularité devient immense, elle incarne un idéal de Chamont transformé : « Quand elle passait en voiture sur les boulevards, la foule se retournait et la nommait, avec l’émotion d’un peuple saluant sa souveraine »
- Le comte l’a installée dans un quartier luxueux, avenue de Villiers et Nana a établit le programme de leur relation : le comte l’entretient et lui laisse une liberté entière, elle lui promet fidélité et lui accorde des heures planifiées. Malgré tout, Nana s’ennuie « à crever » au milieu de son argent : « monotonie bruyante de son existence », « trou d’oisiveté bête qui lui donnait crampes      estomac ».
- Nana d’abord par ennui, puis pour se prouver qu’elle est libre, accumule les amants (Ce qui révèle l'ascendant de Nana sur les hommes) :
- Vandeuvres (≈ ruiné, trouve « beau de laisser les derniers besants d’or de son blason à cette fille que Paris désirait »)
- Georges, après un an séparation, Nana le reprend car il a l’air malheureux mais « ça ne lui disait plus rien ».



- Mme Hugon envoie Philippe pour récupérer Georges : son entrevue avec Nana se termine de façon étonnante : Philippe devient un familier lui aussi.
- Avec Muffat : Nana est de plus en plus dominatrice, elle devient sa conseillère et sa confidente : « pleine de justice et d’honnêteté », elle nuit à Daguenet qui l’a critiquée en l’empêchant d’épouser Estelle. Le comte Muffat entame sa fortune pour elle : il emprunte de l’argent à Labordette et à Francis.

Mais Nana, entourée d’hommes et d’argent, s’ennuie toujours autant. (« l’hôtel crevait d’hommes et de meubles »).
Ce qui parvient à l’égayer :
- Son chien Bijou (une sorte de substitut de Nana, elle le donne à Georges pour le consoler, Muffat en est jaloux).
- Son fils, toujours malade (alternance oubli / rage).
- Surtout, Nana retrouve Satin et l’emmène chez elle : « Nana eut une passion qui l’occupa. Satin fut son vice » et les deux femmes entretiennent une relation homosexuelle tumultueuse. A plusieurs reprises, Satin s’enfuit et la trompe avec Mme Robert, les deux femmes se disputent sans cesse les faveurs de Satin.
Dans sa bataille qui l’oppose à Mme Robert, Nana, qui rêve même d’un duel, finit par l’emporter et elle installe officiellement Satin chez elle. Mme Robert, furieuse, écrit une lettre anonyme à Muffat. Révolté dans un premier temps,  le comte se résigne : « elle, voyant sa puissance, commença à ne plus le ménager ».



Un soir lors d’un dîner avec les familiers : Muffat, Frères Hugon, Vandeuvres, les deux jeunes femmes évoquent leurs souvenirs d’enfance et finissent par s’embrasser devant tout le monde. « Elles s’imposaient et régnaient, avec le tranquille abus de leur sexe et leur mépris avoué de l’homme. Ils applaudirent ». Les deux jeunes femmes finissent la soirée ensemble :
Nana congédie Muffat, et elles le regardent s’éloigner, triste, le dos rond, en se moquant de lui. Sur le trottoir, elles aperçoivent  la reine Pomaré, ancienne courtisane déchue (« vieillesse affreuse de fille noyée dans le vin »  = Antithèse Irma d’Anglars).

- Dans ce chapitre, tout comme ensuite au chapitre XI, Nana triomphe :
- Elle est célèbre, imitée par les grandes dames, couverte d’or.
- Elle se sent toute puissante : « un élargissement brusque d’elle-même, de ses besoins de domination et de jouissance, de son envie de tout avoir pour tout détruire. Jamais elle n’avait senti si profondément la force de son sexe ».
- Elle est au sommet, mais le lecteur perçoit un début de dérèglement : Au début du Chapitre, Zoé sert Nana « le plus honnêtement possible », mais à la fin, Zoé profite de la situation, se relâche afin d’avoir à réparer les bêtises de Mme et d’en tirer profit (cadeaux, argent…) ex : Elle introduit Georges alors que Muffat n’est pas sorti de la chambre, ce qui annonce le chapitre XIII (proleptique).

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