mardi 21 janvier 2014

ZOLA, NANA, RESUME, CHAPITRES VII et VIII


Chapitre VII :

- L’action se situe trois mois plus tard, par une soirée de décembre douce.
- Muffat et Nana entretiennent à présent une relation passionnelle. On apprend que Sabine trompe son mari. Nana se toque de Fontan.
- Muffat est de plus en plus jaloux et possessif. Il l’attend un soir de décembre, près du théâtre, sous la pluie. Nana finit par arriver, elle se résigne, mais elle doit s’arranger pour qu’il reparte avant minuit.
Un souvenir religieux la hante : la vision royale de Chamont, sans cesse évoquée et grandie, c’est pourquoi elle se fait soumise.
- Elle rencontre Daguenet, qui avait fait semblant de ne pas la reconnaître. Il veut se marier et lui apprend que le comte (qui s’est caché, Nana et lui en rient !) est cocu. Sabine couche avec Fauchery.



- Chez elle, avec Muffat, elle s’admire dans son miroir, pendant que Muffat lit l’article de Fauchery sur Nana. C’est une corruptrice, une mouche couleur de soleil qui empoisonnait les hommes en se posant sur eux, et notamment l’aristocratie. Muffat est saisi et comprend que c’est vrai. Nana s’admire toujours dans la glace. Il voit toute l’horreur de cette nudité bestiale. Mais il est possédé.
- Nana sait par Fauchery que Muffat était puceau à son mariage. Elle se moque de lui. Pendant ce temps, elle se fait rôtir au feu comme une oie. Elle finit par lui dire que Sabine le fait cocu. Rage de Muffat. Mais elle lui dit que toutes les femmes se valent. Il s’en va. Il éclate en sanglots. Puis se rappelle des détails, sait que c’est vrai. Il est désespéré. Et sans s’en rendre compte, malgré lui, il erre jusque chez Fauchery. Il voit des ombres par la fenêtre, il attend des heures dans le froid de la nuit. Puis la lumière s’éteint, il s’en va. Il erre dans les rues, puis entre dans une église. Il finit par revenir chez Nana au petit matin. Colère de Nana qui lui répète qu’il est cocu. Steiner arrive, pour lui remettre mille francs. Elle en a assez et leur montre Fontan, dans son lit.
- Il retourne chez lui, arrive en même temps que la comtesse, tous deux défaits et épuisés par cette nuit de vice.



Chapitre VIII :

Nana part avec le comédien Fontan dont elle est tombée éperdument amoureuse : leur relation est difficile et violente, Nana se laisse totalement dominer par un homme qu’elle doit entretenir, qui la trompe et qui la bat. Après une dispute violente, Nana finit par le quitter.

- Nana et Fontan sont rue Véron, à Montmartre.
Nana quitte son appartement boulevard Haussmann et vend tout ce qu’elle peut (environ 10 mille francs) : « comme ça les hommes ne viendraient pas se pendre après ses jupes », « Fontan fut très gentil; il ne dit pas non » (ironie). Au boulevard Haussmann, les créanciers se précipitent, Labordette rachète la Mignotte pour Caroline Héquet.


Nana s’installe avec Fontan dans un petit logement d’un quartier populaire et connaît tris semaines de bonheur simple. Nana évolue, elle est amoureuse : « je l’aime si fort », « elle était dans un ravissement d’amour, tout rose comme une vierge » - mais surtout elle est de plus en plus soumise. Elle demande même la permission d’asseoir Louiset à côté d’elle lorsqu’ils tirent les rois (contraste avec le chapitre 4 : crémaillère au luxe tapageur).
Un jour, Nana rencontre Francis, son ancien coiffeur : il lui apprend que Steiner est ruiné, et que Muffat entretient une relation avec Rose. Fin du dialogue: « et jamais on ne me battra, vois-tu, parce que je mangerais l’homme qui me toucherait ». Le soir même, Nana et Fontan se disputent à cause de miettes restées dans le lit et Fontan la gifle, puis la bat régulièrement. « Alors ce fut une vie nouvelle ». La réaction de Nana : « accablement délicieux, soumission si lasse «, « Nana tolérait tout, tremblante, caressante, avec la seule peur de ne plus le voir revenir ».
- Nana retombe dans l’ennui et retrouve Satin. Les deux voisines deviennent inséparables. Elles se retrouvent souvent chez Satin 
(« ordures et désordre ») pour « des bavardages, des confidences sans fin », par rapport en particulier à la violence grandissante de Fontan (parallèlement, joie de « remâcher » ces claques). Les deux femmes vont chez Mme Robert, rencontrée la veille par Satin dans un  restaurant (appartement chic, sobre). Elle est absente : Nana et Satin repartent sans l’avoir vue. Le lendemain, Nana et Satin dînent chez Laure, dans un restaurant homosexuel, rue des Martyrs.


- Condamnation de l’homosexualité Laure = ce « monstre », 
« majesté d’une vieille idole du vice » + « foule mélangée, des chapeaux lamentables s’étalaient à côté de toilettes riches dans la fraternité des mêmes perversions ». Nana, ayant aperçu Lucy Stewart et Maria Blond richement vêtues, se fait petite.  Satin en profite pour s’en aller sans rien dire avec Mme Robert, laissant Nana seule et furieuse.  Elle rentre chez elle et retrouve Fontan (il écrit une réponse à Georges).
- Une dispute violente éclate à propos de l’argent du ménage : 
« coups de pieds coups de poing ». Fontan récupère ce qui reste de l’argent mis en commun. « la vie entre eux devint de plus en plus difficile ».


- Nana, encore attachée, se prostitue pour faire vivre le ménage et avoir la paix : « Nana retomba dans la crotte du début ».
Elle se rend chez  la Tricon ou elle sort avec  Satin qui lui ouvre les yeux sur l’omniprésence du vice : « des sorties enragées sur le pavé de Paris dans ce vice d’en bas qui rôde le long des ruelles boueuses» « Elle (Satin) avant bien un peu peur, car les plus comme il faut étaient les plus sales. Tout le vernis craquait, la bête se montrait, exigeante dans ses goûts monstrueux ».
- « La culbute des gens chics dans la crapule du vice surprenait encore Nana, qui gardait des préjugés, dont Satin la débarrassait », 
« du haut en bas, on se roulait », « ça complétait son éducation ».
- Nana voit Chouard sortir de chez Satin « un vieux saligaud ! il demande toujours des choses ! ».


- Satin a continuellement peur de la police, peur d’être « mise en carte »  (= ê déclarée).Vers fin septembre, descente de Police, Nana est sauvée par Prullière qui essaie de profiter de la situation.
- Le lendemain, Nana rencontre Labordette. Il lui conseille de retourner au théâtre et de reprendre sa vie d’avant (tout comme  Francis ).
- Nana finit par prendre goût aux coups : « jouissance amère dans cet héroïsme », « il devenait son vice, qu’elle payait ». Mais Fontan ne la supporte plus, la met à la porte (Parallèle avec le chapitre 7 où Nana met Steiner et Muffat à la porte). Nana se retrouve dans la rue, avec Satin qui vient d’être expulsée par son propriétaire. Les deux jeunes femmes se réfugient dans un petit hôtel. Descente de police, Nana se cache en passant par fenêtre, Satin est arrêtée. Nana retourne chez sa tante (où elle retrouve Louiset et Zoé). Louiset est encore malade, face blanche et scrofuleuse. «  Mme Lérat voulut que Nana embrassât tout de suite Louiset, parce que, disait-elle, c’était son bonheur, à cet enfant, que la sagesse de sa mère ».



Sur l’ensemble du chapitre :
- Nouveau contraste : cadre populaire, sorte de retour aux origines, « destin en dent de scie » de Nana.
- Fontan symbolise une relation différente : son amant n’est pas dominé mais c’est lui qui la domine. Nana (avec Fontan) est une femme soumise et battue.

- Le roman commence à aborder le thème de l’homosexualité, que Nana dans un premier temps ne comprend pas.

Nathalie LECLERCQ

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