dimanche 19 janvier 2014

ZOLA, NANA, RESUME, CHAPITRES III et IV

Chapitre III


- Changement de décor, gros plan sur un autre personnage clef du roman, pendant et double noble de Nana, la comtesse Sabine, comme on avait pris l’habitude de nommer Mme Muffat de Beuville, pour la distinguer de la mère du comte, morte l’année précédente.



- Elle recevait tous les mardis, dans son hôtel de la rue de Miromesnil, vaste bâtiment carré, habité par les Muffats depuis plus de cent ans. L’hôtel conservait les persiennes toujours fermées qui lui conférait une ambiance de couvent. A dix heures, ce mardi, à peine une douzaine de personnes se trouvait dans le salon, auprès du feu (pas dans le petit salon ou la salle à manger, car c’était ainsi plus intime). C’était une pluvieuse soirée de la fin d’avril.- Parallèle temporel : on était chez Nana le même jour et à la même heure : simultanéité symbolique, met en évidence la symétrie des deux personnages féminins.
- Jamais le soleil ne descendait là : prédispositions à la mélancolie, à l’ennui. On entrait dans une dignité froide, dans des mœurs anciennes, un âge disparu exhalant une odeur de dévotion. Quel contraste avec la chambre de Nana ! Seul meuble qui tranche avec le reste : chaise profonde, soie rouge capitonnée, mollesse d’édredon, un coin de fantaisie introduit dans cette pièce, et qui jurait.



- On parle de l’exposition universelle.
- Femmes présentes : Mme de Joncquoy, Mme Chantereau, Estelle, fille de la comtesse, seize ans, dans l’âge ingrat, mince et insignifiante. Mme de Chezelles (amie de couvent, plus jeune de cinq ans, prénom : Léonide) et son mari qu’elle trompe, mais on le lui pardonnait car on disait qu’elle était folle. Elle aime le grand salon de son amie, mais elle changerait tout. La comtesse veut le garder tel que sa belle-mère avait voulu le conserver de son vivant.
- Il y aurait aussi le roi de Prusse et l’empereur de Russie à l’exposition.
- Le banquier Steiner causait avec un député sur la Bourse, le comte Muffat les écoutait en silence avec une mine plus grise que de coutume.
- Le comte Xavier de Vandeuvres racontait une histoire leste à trois ou quatre autres jeunes hommes, dont Foucarmont, un chef de bureau au ministère, dormait les yeux ouverts. Puis,Vandeuvres revint près des dames, le dernier d’une grande race, féminin et spirituel, il mangeait alors une fortune avec une rage d’appétits que rien n’apaisait (symbolique, avec lui, s’éteindra sa race). Les courses lui coûtent un argent fou : prolepse, plus pertes au jeu et avec les femmes.



M. Venot, petit homme de soixante ans, avec des dents mauvaises et un sourire fin s’était installé comme chez lui, ne lâchant pas une parole. Les jeunes gens s’ennuyaient, considérant que c’était un salon trop collet-monté. La comtesse semble aussi s’ennuyer, elle lance la conversation sur le roi de Prusse et le comte de Bismarck
- Fauchery et La Faloise arrivent. Fauchery dit à Vandeuvres : 
« C’est pour demain, vous en êtes ? », « Parbleu » répond Vandeuvres. « A minuit chez elle » et Fauchery d’ajouter qu’elle l’a chargé d’inviter le comte Muffat ! Vandeuvres est stupéfait et mis en gaité.
- La Faloise n’est pas au courant et aimerait savoir de qui on parle : toujours le même rôle de naïf, sert bien au narrateur, un peu le double du lecteur de par son ignorance, thème de l’éducation d’un jeune dandy.
- La comtesse Sabine intéressait beaucoup Fauchery, il savait que, mariée à 17 ans, elle devait en avoir 34, existence cloîtrée, entre son mari et sa belle-mère. Les uns la disaient froide dévote, les autres la plaignaient, enfermée dans cet hôtel, elle si rieuse avant ! Il se souvient d’une confidence d’un de ses amis, mort récemment, mais confidence lors d’une beuverie ! Il doutait, en voyant la comtesse au milieu de ce salon antique, vêtue de noir, avec son tranquille sourire. Profil de brune potelée, bouche un peu épaisse avec sensualité impérieuse.
Il demande brusquement à La Faloise si elle couchait avec quelqu’un, La Faloise est choqué, où se croyait-il ? Mais il se rend compte que son indignation manquait de chic, des bruits courent sur Foucarmont… Mais rien de concret.
Mais il ne peut s’empêcher d’en dire davantage : La mère était insupportable, toujours dans les curés. Muffat, fils tardif d’un général créé comte par Napoléon 1er, était en faveur après le 2 décembre. Il passait pour honnête et droit, et avait des opinions de l’autre monde, tous les jours à confesse, pas d’escapades, pas de jeunesse d’aucune sorte.
La Faloise lui fait même une confidence : il l’avait encore quand il s’est marié : son pucelage ?



- Vandeuvres est décrit comme un jeune homme alerte, vif, doté d’une aisance parfaite dans cette conversation. Tout en conversant, il continuait d’observer la comtesse : elle ne faisait pas son âge, elle faisait au plus 28 ans, ses yeux gardaient une flamme de jeunesse, que de longues paupières noyaient d’une ombre bleue. Grandie dans un ménage désuni, un mois près du marquis de Chouard, un autre près de la marquise, mariée très jeune à la mort de sa mère, poussée par son père qu’elle gênait sans doute. Un terrible homme, le marquis et sur lequel d’étranges histoires couraient, malgré sa haute piété.
- Mais Fauchery surprit un signe à la joue gauche de la comtesse, près de la bouche, Nana avait le même, c’était drôle. Sur le signe, de petits poils frisaient, chez Nana blonds, chez elle d’un noir de jais : Vraiment symétriques, et antithétiques pour l’instant, voir comment les rôles s’inversent peu à peu. Fauchery est sûr qu’elle ne couche avec personne, cela sautait aux yeux, à la voir près de sa fille, si nulle et si guindée sur son tabouret : salon sépulcral, odeur d’église, elle n’avait rien mis d’elle dans cette demeure antique, noire et humide.
- Mme Hugon arrive (les Fondettes, près d’Orléans). Elle a gardé Sabine des mois entiers, elle l’a vue naître. Son fils est là, Georges.
- Fauchery se trouve alors ridicule d’avoir soupçonné la comtesse. Mais il voit la grande chaise de soie rouge : tout un symbole annonciateur. Son vice fut mis en éveil. Conversation sur une Léonide Chezelles qui aurait pris le voile après une aventure indécente. Le rire de Sabine fait penser à une fêlure, il frappe Fauchery : il sonnait le cristal qui se brise.
- Mais les hommes parlent du dîner du lendemain. Le comte et Fauchery parle de Laure : rue des Martyres, fait manger les petites femmes dans l’embarras. Boite à lesbiennes.
- Puis on parle du théâtre des Variétés, de musique.
- Les hommes ne pensent qu’à trouver de nouvelles filles pour le dîner.
- Voir comment ce passage est construit comme un morceau de musique, avec différents instruments et différentes voix et tons.
- Mais Vandeuvres réussit à parler du dîner au comte Muffat. Celui-ci, outré, refuse. La Faloise est tout heureux de savoir chez qui est ce dîner : tant le vice où il marchait depuis quelques jours l’allumait et le soulevait. Enfin, il entrait dans tout ce qu’il avait désiré. Il ira aussi. Boulevard Haussmann.
Mais le marquis de Chouard entre : son nez, très gros dans sa face rasée, semblait la boursouflure d’un mal blanc. On comprend qu’il sort de chez sa maîtresse.



- Fauchery observe la comtesse, elle ressemble à Nana (poils noirs sur le signe qu’elle avait au coin des lèvres). On dirait une chatte qui dormait, les griffes rentrées.
- Vandeuvres réitère son invitation au comte, il va pour accepter, mais voit Venot qui le regarde et refuse.
La conversation sur Bismarck reprend.
- Les hommes s’en vont : « A minuit, chez Nana. » Georges leur indique l’adresse exacte.
- Fauchery jette un dernier regard sur la comtesse : non, point de fêlure. C’était dommage.



Chapitre IV
A son tour, Nana prépare un somptueux souper, dans son appartement, après la représentation. Zoé supervise les préparatifs : cette fête, presque orgiaque, est le rendez-vous de tous les comédiens et de tous les prétendants de Nana ; Steiner se rapproche de l’héroïne. La fête finit par dégénérer, la chaleur et les boissons aidant, les rivalités se font jour, les allusions graveleuses se multiplient.



- Zoé avait livré l’appartement à un maître d’hôtel et on avait mis la table dans le salon. Daguenet et Georges sont déjà là. Ils se sont pris d’affection. Arrivent Steiner, Mignon, Rose, Vandeuvres, Fauchery et une kyrielle de femmes. Labordette arrive avec cinq femmes ! Bordenave est là, malgré son mal au pied, mais aussi un vieux monsieur, Faucarmont, Rose et Mignon sont comme de vieux amis. Ils s’entendent à merveille. Ils préparent l’avenir de leurs enfants : comme de vrais bourgeois.
A comparer avec la soirée précédente. Les conversations… L’exposition universelle.
Mais Steiner est fou des femmes. Nana semble le vouloir, il en est déjà fou ! Au début, ils sont tous corrects, mais l’ambiance dégénère peu à peu au grand dam de Nana : tout le monde drague tout le monde.



- Elle se retire dans sa chambre, et fait une grosse colère, elle veut qu’on la respecte. Tout le monde se moque d’elle ! Elle embrasse Daguenet, son bébé, dit mimi, et Georges. Mais elle se calme et rit en voyant ronfler Bordenave.
- 4 h du matin : on se met au jeu. On essaye de danser dans le salon.
- Onze fêtards arrivent.
- Cinq heures : somnolence. Mélancolie vague. On s’ennuyait à crever.



- Un jeune verse du champagne dans le piano ! La fête dégénère.
- Ils partent, à sa fenêtre Nana demande à Steiner de l’amener au bois de Boulogne, où ils boiront du lait. Joie d’enfant.
- Chapitre qui sert de double vulgaire au chapitre 2. Mêmes discussions, mêmes invités (masculins), règne de l’ennui, ironie omniprésente.

Nathalie LECLERCQ

2 commentaires:

  1. Bonjour,

    Quels serait les éléments naturalistes dans le chapitre 4 ?

    merci

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    Réponses
    1. - La précision minutieuse des descriptions.
      - Les portraits qui allient le physique au mental = physiognomonie.
      - Description sans concession d'une société mortifère et décadente. La noblesse est corrompue de l'intérieur, viciée et moribonde.

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