mercredi 29 janvier 2014

DISSERTATION, NIHILISME, FENSOM BAILEY (1ère L)




Sujet : Choisir un thème anthropologique et six documents, et répondre à la question suivante : En quoi les documents permettent de réfléchir sur le thème choisi ?

Documents choisis :

-  Vingt-cing poèmes, « Le géant blanc lépreux du paysage » - Tristan Tzara
- No Country For Old Men - Frères Coen (Scène : 1h 42m 25sec. à 1h 47m 22sec)
- « Trois temps pour en finir avec le nihilisme » - Jérôme Delangue
- Le Gai savoir, « Dieu est mort » - Friedrich Nietzsche
- Le Nihilisme en Russie - Józef Lubomirski
- Cut with the Kitchen Knife through the Beer-Belly of the Weimar Republic - Hannah Höch





            L'anthropologie est une science qui étudie l'Homme sous de nombreux points de vues : Sociaux, culturels, religieux, psychologiques, évolutifs, etc... L'anthropologie étudie aussi la philosophie, ce qui nous amène au nihlisme. Le nihilisme est une idée philosophique qui dit que le monde, la société, et l'Homme sont dépourvus de tout but, de toute valeur, et de tout sens. Comme disait Lucrèce : "La vie est suspendue entre deux néants".
            Nous allons voir en quoi ces documents permettent de réfléchir sur le nihilisme.
            Nous verrons dans un premier temps que ces documents nous montre une philosophie qui touche la société, ce qui nous amènera dans un second temps, à voir en quoi cette philosophie est subversive. Et dans un dernier temps, nous verrons comment ces oeuvres changent notre façon de voir le monde, et l'Homme en lui-même.


            Dans un premier temps, nous allons voir en quoi ces documents nous montrent que le nihilisme touche notre société.
            Tout d'abord, on nous montre une philosophie moderne. En effet, dans No Country For Old Men, les Frères Coen nous font vivre un dialogue entre deux personnages : Le Sheriff Tom Bell, et son oncle Ellis. Dans cette scène, les deux personnages font une critique explicite de la société. Ellis est un ancien député, retraité à cause d'une blessure à la jambe. Il est maintenant en fauteuil roulant. Cet homme va faire comprendre à son neveu à quel point son pays, et plus généralement, le monde, a changé. Ellis raconte à Tom que le criminel qui lui a tiré une balle dans la jambe est mort en prison. Tom lui demande, hypothétiquement, ce qu'il aurait fait si le criminel avait été relâché. Ellis répond cyniquement : "Rien, il n'y aurait pas eu d'intérêt.", ensuite il explique que pendant qu'on perd notre temps à essayer de nous venger, il y a d'autres évènements qui se passent dehors. Il dit qu'il n'y a pas de sens, pas de valeurs à nos actes dans la vie, et qu'agir selon la justice, la morale, le courage, le devoir, etc... Est inutile, ce qu'est une idée purement nihiliste. Tom expllique ensuite à son oncle en quoi il a l'impression de ne pas être aidé par Dieu dans sa quête contre le mal, alors qu'il pensait qu'arrivé à un certain âge, Dieu entrerait dans sa vie, pour lui montrer le sens de sa vie, mais il ne l'a pas fait. Bell résume la situation en disant que ce pays est dur sur les gens, et qu'on ne peut pas échapper à son destin. Il dit que l'Ouest est devenu un endroit sans sens, ni valeurs, que le pays est entré dans le nihilisme. A travers les caractères désespérés de ces deux personnages, les réalisateurs nous montrent que la société moderne a perdu tout sens, et toutes valeurs. Dans son tableau, Hannah Höch fait une critique de l'Allemagne de son époque. Elle crée son oeuvre quelques années après la fin de la Première Guerre Mondiale, et elle fait le réquisitoire de la République de Weimar. Dans ce montage, nous retrouvons de nombreux personnages célèbres de l'époque : Einstein, le Général Hindenberg, Friedrich Ebert, Kaiser Wilhelm II, etc... . Ce tableau fait partie du mouvement Dadaïste, un mouvement intellectuel du 20ème siècle, particulièrement pendant la Première Guerre Mondiale, qui se caractérise par une remise en cause de toutes les conventions et contraintes idéologiques, esthétiques et politiques. Ce mouvement met en avant un rejet de la raison et de la logique, et marque avec son extravagance notoire sa dérision des traditions et son art très engagé. Les artistes se voulaient irrespectueux, extravagants en affichant un mépris total envers les « vieilleries ». En voulant être original et insensé, et en rejetant le passé, ce mouvement et ce tableau, nous montrent une idée nihiliste, moderne.


            De plus, cette philosophie critique la société à travers la politique. En effet, dans son essai, Józef Lubomirski, remet en cause le gouvernement et la politique russe. Il explique que les premiers nihilistes de son pays, en "en assurant qu’il n’y avait rien (nihil) de respectable dans les lois sur lesquelles reposait la société russe depuis des siècles, s’attaquaient à l’omnipotence du Tzar, à la théocratie déguisée qu’ils prétendaient être la base du gouvernement, à la distinction des castes, aux privilèges de la noblesse." Il nous montre que l'idée même du nihilisme s'affrontait au Tzar, et au gouvernement de l'époque. Le nihilisme a transformé cette société, à travers la politique. Hannah Höch, elle, remet en cause la politque de son pays à l'époque de la République de Weimar. Elle fait une satire, en collant les têtes des dirigeants de son pays sur des corps de danseuses. Elle critique ouvertement la politique de son pays à travers ces caricatures et autres procédés artistiques, et elle ne craint pas les punitions qu'elle pourrait reçevoir à cause de son tableau. Elle dénonce son gouvernement et la politique de son pays, à travers une oeuvre nihiliste.


            Enfin, ces documents nous montrent une philosophie qui abondone toutes idées de morale et de justice. En effet, dans leurs film, les frères Coen nous montrent un monde où la justice ne règne pas, où l'antagoniste de l'histoire : Anton Chigurh, n'est pas arrêté, et on ne sait pas s'il finit mort ou vivant à la fin du film. Et un des protagonistes de l'histoire : Llewelyn Moss, meurt à la fin, est-ce une punition divine d'avoir volé de l'argent ? Ou est-ce que c'étati son destin ? La philosophie du film dirait qu'il n'avait pas de destin, et il est mort à cause de ce qu'il a fait, et non pas à cause Dieu, ou son "destin". Le film revient à dire que la justice, et la morale n'existent pas. Il critique la société en disant que les "mauvaises" personnes ne sont pas toujours punies, et parfois ce sont les personnes "biens" qui payent le prix. Jérôme Delangue, lui, met en scène dans son récit pamphlétaire, l'idée que le nihilisme n'est pas une bonne chose. Que le nihilisme détruit toutes les idées que nous avons fondés au cours de nos vies. Que le nihilisme dit que la vie ne sert à rien. Il critique l'idée que personne ne peut vraiment donner une valeur au "bien", et au "mal". Il n'est pas d'accord avec l'idée qu'on ne peut pas juger correctement le crime d'une personne, car le bien et le mal sont des idées subjectives, et non pas des valeurs sûres. L'auteur remet en cause cette philosophie qui désaprouve la justice et les morales, pour donner son propre point de vue sur le nihilisme.
            Pour conclure, nous avons vu que ces documents nous montrent une idée philosophique qui touche la société, à travers des idées modernes, qui critiquent la politique, et les morales d'aujourd'hui.


            Dans un second temps, nous verrons en quoi ces docments nous montrent que le nihilisme est un sujet subversif.
            Tout d'abord, Ces documents remmettent en cause la religion. Nietzsche écrit en 1882 : "Dieu est mort", apparu pour la première fois dans son roman Le Gai Savoir, et repris à plusieurs reprises. En effet, on peut lier l'annonce de la mort de Dieu à la      « prophétie » sur l'avènement du nihilisme : On décrit ce qui va venir, ce qui ne peut plus venir autrement : la montée du nihilisme. On peut donc ici comprendre que la montée du nihilisme implore le pardon de Dieu, d'une certaine manière. On peut alors se demander dans quel sens l'auteur a pu inscrire qu'il soit évidemment clair que Dieu soit vivant mais bien caché parmi les misères de ce monde. "Dieu est mort" pose un grand problème à beaucoup de personnes, notamment à la civilisation humaniste telle qu'elle émerge entre les XIIeme et XVeme siècle. De nombreux écrivains et philosophes posent la question de la dignité de l'homme, sous une forme qui rappelle beaucoup le "Zarathoustra" de Nietzsche: l'homme est un pont entre l'animal et le divin. Cette question fondatrice de l'humanisme (on ne naît pas homme, on le devient) est tout entière une question chrétienne. C'est le Christ qui détient et détermine l'humanité l'homme. Cette humanité, c'est la Résurrection, la vie après la mort. Dante rappelle que si le Christ est ressuscité, alors l'homme a été lavé du péché originel: il peut donc légitimement faire usage de ses capacités intellectuelles, et se donner des institutions politiques sans le contrôle de l'Église. Or "Et si Christ n'est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés, et par conséquent aussi ceux qui sont morts en Christ sont perdus". "Dieu est mort", donc il n'est pas ressuscité. La foi est vaine. Mais alors l'humanisme aussi est vain? Où va l'homme? Va-t-il rester un animal? Était-ce la foi qui faisait l'humanité de l'homme? "Dieu est mort" est un citation bouleversante pour l'Homme, elle remet en question toutes nos croyances et nos valeurs, en contrariant la religion, de façon nihiliste. Les frères Coen, font aussi apparaître une connotation religieuse dans leurs film. Dans ce long métrage, on nous montre un monde rempli de folie, de meurtres, de vainté et de cupidité. Un monde rempli de pêchés. Un monde où Dieu est absent, ou alors il n'agit pas. Et pourquoi est-ce que Dieu n'agit pas ? Pourquoi n'intervient-il pas dans toute cette violence ? On revient donc aux propos d'Epicure : "Si dieu veut empêcher la mal mais ne le peut, alors il n'est pas omnipotent. Il le peut mais ne le veut pas? Alors il est maléfique. Il le peut et le veut, alors d'où vient la mal? Il ne peut ni ne veut, alors pourquoi l'appeler Dieu ?" Le nihilisme c'est encore et toujours cette remise en cause des valeurs religieuse : Dieu est impuissant, et inutile. Ce film nous montre que le monde d'aujourd'hui ne peut être sauvé par Dieu, ou qui que ce soit. Ce film nous dit, à travers la philosophie nihiliste, que le monde n'est plus aidé par Dieu, et que la religion est donc inutile.


            En outre, ces documents nihilistes nous montrent une forme d'art subversive. En effet, Tristan Tzara a publié Vingt-cing poèmes en 1918. Dans ce recueil, nous retrouvons le poème: "Le géant blanc lépreux du paysage". Ce poème est relativement étrange. Il contredit la plupart des règles de la poésie, et de l'écriture. Prenons comme exemple la phrase : "les flammes sont des éponges ngànga et frappez". Ce vers est sémantiquement nulle. En effet nous trouvons une sorte d'antithèse paradoxale avec "les flammes sont des éponges", ainsi qu'un néologisme : "ngànga", et l'ajout du verbe "frappez" qu'est à la 2ème personne du pluriel, rend la phrase grammaticalement incorrecte. En plus de ce non-sens grammatical, il n'y a pas de rimes, ni vraiment d'histoire, ou de sens poètique, rendant ce "poème" insensé. Ce poème fait partie du mouvement "Dada", ce qui rend claire les intentions de l'auteur. Il veut créer une forme d'art insensé et original, qui ne n'est pas propre aux traditions d'écriture "anciennes" et qui réinvente le genre. Hannah Höch, qui est aussi une partisane du dadaïsme, a aussi créé une oeuvre iconoclaste. En effet, ce "collage" d'images dénonciateurs et cette répartition des idées dans son oeuvre, la rend ambigue et énigmatique. L'image n'est pas claire, et paraît complètement originale et inédite. Donc, par conséquent ces oeuvres, qui ne suivent pas les règles d'art traditionnels, sont subversives.


            Pour finir, ces documents nous présentent une nouvelle façon de penser, qui peut être parfois perturbante et subversive. Par exemple, Jérôme Delangue nous le montre dans son récit pamphlétaire : Trois temps pour en finir avec le nihilisme. En effet, cet auteur est contre cette philososphie qui nie tout sens et les valeurs du monde et de l'Homme. Il dit : "Le discours nihiliste [...] n’est, en définitive, qu’une pleurnicherie désabusée de dogmatique amer et déçu.". Il proclame que la façon de penser nihiliste est "perverse", et "hystérique". "Pervers, s’il cherche à se nourrir de la déception qu’il provoquera chez celui que son affirmation minera.", "Hystérique, si son verbiage vise, au-delà du semblable, le Grand Autre entre les mains duquel nous remettons la garantie d’un sens ultime ; il est alors comme le blasphémateur qui espère secrètement la punition du dieu bafoué, comme l’adolescent déçu qui voyant son père déchu du pinacle où sa tendre naïveté l’avait logé, ramasse le « h » tombé et consume ainsi le lien que nul joint ne viendra plus jamais réparer, comme si son défi pouvait restaurer le paradis à jamais perdu. Mais s’il a perdu son innocence, il n’a pas pourtant pas perdu sa naïveté." Delangue veut nous faire comprendre que cette idée du néant, du non-sens, de l'inutilité de la vien, n'est qu'un poison pour l'esprit. Une malédiction qui détériore notre façon de penser. Pour l'auteur, le nihilisme n'est qu'un cri de désespoir d'un être qui a perdu tout sens dans sa vie, et qui cherche à amener les autres dans son monde vide et insensé. Tristan Tzara, lui, nous présente un poème déjanté, et incohérent qui est complètement hors-normes. En effet, les vers de ce poème insensé nous donnent l'impression de lire les paroles d'un fou, les délires d'un psychopathe. Ce qui nous donne l'idée d'une nouvelle façon de penser, qu'elle soit sensée ou non, ce n'est pas ce qui compte. Ce qui compte c'et l'idée d'une nouvelle forme d'art, un nouvel esprit, une nouvelle philosophie qui perturbe toutes les autres et qui est complètement subversive.
            Pour conclure, nous pouvons dire que ces documents nous montrent que le nihilisme contredit les traditions, sous des angles religieux, artisitiques, et philosophiques.


            Dans un dernier temps, nous verrons que ces documents nous font nous remettre en question nous-même, et la place de l'Homme dans le monde. "Le nihiliste n'est pas celui qui ne croit à rien, mais celui celui qui ne croit pas à ce qui est", Camus.
            Tout d'abord, Ces documents nous montrent un philosophie qui nous fait réfléchir sur l'éthique de l'Homme. En effet, No Country for Old Men, nous fait remettre en question la morale, et les notions du "Bien", et du "Mal". Dans le film, nous retrouvons Tom Bell, le shérif qui porte un regard effrayé sur la violence des meurtres qui se déroulent dans sa région. La voix posée de l’excellent Tommy Lee Jones (qui introduit aussi en off le début du film) s’associe de fort belle manière avec son visage fatigué, témoin de l’usure du temps et de la barbarie des hommes. Sans être moralisateur, il est l’un des rares personnages de No Counrty for Old Men à avoir encore une morale, de vrais valeurs, ou au moins il essaye d'en avoir, il essaye de rester "éthiquement correct", mais au final, il est tout aussi désespéré que le monde qui l'entoure. Ce film nous montre que les temps ont changé, et le monde aussi. Que le "Mal" prend le dessus, et que nous ne pouvons rien y faire. Ce personnage nous donne l'impression que le "mal" qui l'entoure s'est transformé, a évolué, et qu'il ne peut plus faire semblant d'essayer de l'arrêter, que ces actes ne servent à rien. Mais alors, à quoi sert la Police ? A quoi sert la justice ? A quoi servent les termes de "Bien", et de "Mal, si au final, tout se mélange, et on peut rien changer ? Voilà les questions que posent ce film. En effet ce long-métrage rémet en question les valeurs, les morales, l'éthique de l'Homme, et du monde. Jérôme Delangue, lui, nous montre l'idée, que selon lui, le nihilisme n'est bénéfique. Il dénonce l'idée que personne ne peut vraiment donner une valeur au "bien", et au "mal". Il n'est pas d'accord avec cette philosophie qui dit que les valeurs manichéennes du bien et du mal, sont toutes relatives, et que c'est une idée subjective, et non pas des valeurs sûres, qu'on ne peut définir nous-même.


            De plus, nous pouvons voir que ces documents nihilistes nous montrent une philosophie qui remet en question l'Homme en lui-même, en apportant un certain côté existentialiste. Józef Lubomirski, dans son essai sur le nihilisme en Russie, explique les nihilistes nient tout, même certains attributs de l'Homme : "Société, religion, loi, rien n’existait pour eux, et développant jusqu’à l’infini leur monstrueuse doctrine, ils niaient l’existence réelle des sentiments et des attributs humains : parole, conscience, souffrance, etc.". En effet, plus rien ne compte pour les nihilistes, pas les émotions : "ils niaient l’existence réelle des sentiments', ni la conscience : "La conscience est une affaire d’éducation.", plus rien. Rien n'est sûr, rien n'a de vrai valeur. Lubomirski nous fait comprendre à travers son écrit, que le nihilisme n'est pas forcément une bonne chose pour l'Homme. Que le nihilisme peut nous faire douter de nous, peut nous faire douter de l'utilité de nos vies, de notre personnalité, de nos actes, de tout. "Le nihilisme est une plaie, il s’agit d’empêcher la gangrène ; il faut la panser, l’isoler, et, à la rigueur, tailler dans le vif pour sauver l’avenir du corps tout entier." Cet auteur veut nous montrer que si le nihilisme continue de se développer dans le monde, alors l'Homme finira dans le désespoir, dans le néant. Friedrich Nietzsche, en écrivant "Dieu est mort", nous implique tous dans le nihilisme. En effet, si Dieu est mort, alors pourquoi être religieux ? Pourquoi redouter le jugement après la mort ? Il n'y a plus de raison de redouter Dieu, il ne peut rien faire, nous n'allons pas payer pours nos pêchés. Il n'y a plus de lois divines. Mais Nietzsche ne voulait pas juste dire que Dieu est mort, il voulait nous dire que c'est nous qui l'avons tué. En effet, la première fois que cette phrase apparaît, c'est dans Le Gai savoir, et ces paroles sont prononcées par un fou. En l'absence de Dieu, il sent "le souffle du vide". Il fait pour lui "de plus en plus froid" et "de plus en plus nuit". La mort de Dieu le rend fou. "Les gens ne peuvent pas encore voir qu'ils ont tué Dieu". Il continue pour dire : "Cet événement prodigieux n'a pas encore fait son chemin jusqu'aux oreilles des hommes. La foudre et le tonnerre ont besoin de temps, la lumière a besoin de temps, la lumière des étoiles a besoin de temps, les actions, même une fois posées, ont aussi besoin de temps avant d'être vues et entendues". Certaines traductions de cet aphorisme donnent au personnage la qualification de "forcené", et non plus d'"insensé". En effet, si c'est nous qu'avons tué Dieu, alors qui sommes nous ? Qu'avons nous fait ? Nous devons nous remettre en question.


            Enfin, ces documents nous forcent à réfléchir sur la place de l'Homme dans le monde, et l'univers. C'est en 1882 qu'on trouve pour la première fois sous la plume de Nietzsche l'expression "la mort de Dieu". D'autres auteurs après lui ont abordé cette thématique. Ainsi dans son livre majeur Les formes élémentaires de la vie religieuse, Émile Durkheim (1858-1917), sociologue francais, parle, trente ans après Nietzsche, de la mort des dieux . Dans la conclusion de cette œuvre, il écrit  : "Les anciens dieux vieillissent ou meurent, et d’autres ne sont pas nés". A travers cette phrase, Durkheim fait référence à la crise morale que traverse la culture occidentale, la même crise à laquelle Nietzsche fait allusion. Il s'agit en effet de la chute du christianisme comme religion de l'occident et de la chute de la morale, la métaphysique, et les normes chrétiennes. Cette situation expose la société à un sentiment plus aigu d'anomie, ou de nihilisme, dans lequel "les règles traditionnelles ont perdu leur autorité". En effet, sans Dieu, notre place dans le monde a changé, et nos règles aussi. Si nous continuons ainsi, bientôt nous n'aurons plus de normes, plus de règles, et l'Humanité entrera dans le chaos. Et au final, voici ce qu’est le nihilisme, c'est le "chaos". L'auteur russe Józef Lubomirski, nous montre aussi en quoi le nihilisme nous donne un nouveau point de vue différent sur notre place dans le monde. En effet, d'après les idées nihilistes, l'Homme n'a pas de sens, pas de but final. Et les "Grande Questions" de l'Homme, restent, et resteront toujours, sans réponses. Est-ce que Dieu existe ? Quel est le sens de la vie ? Toutes ces questions n'ont pas d'importance, il n'y a pas de réponses sûres, pas de valeurs certaines. Rien n'est sûr. Rien n'est absolu.
            Pour conclure, nous pouvons voir que ces documents nous montrent que le nihilisme est une philosophie qui change notre façon de voir l'éthique de l'Homme, et qui nous fait réfléchir sur nous-même, et notre place dans le monde.



            En conclusion, nous pouvons dire que ces documents nous font réfléchir sur le nihilisme. En effet, ils nous montrent que le cette philosophie touche la société, de façon très subversive, et nous fait réfléchir sur notre façon de voir l'Homme et le monde. Cette philosophie nous fait aussi réfléchir sur d'autres sujets importants, comme la religion, la société, les sciences, la nature de l'Homme, et toutes philosophies différentes.

FENSON BAILEY
           


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire