vendredi 14 juin 2013

COURS, MOUVEMENTS LITTERAIRES, XVIe et XVIIe SIECLES


XVIe siècle

LA RENAISSANCE 

Mouvement de rénovation littéraire, artistique et scientifique qui apparaît dès le XVème  en Italie et s'épanouit en France au XVIème, sous l'influence de la culture antique. La Renaissance connaît donc un prodigieux foisonnement littéraire, véritable hymne à la vie (Marot, Rabelais, La Pléiade).





L'HUMANISME 

C’est une doctrine qui a pour objet le développement des qualités de l’homme par les livres (travail intellectuel) et par  le sport (développement physique). Les Humanistes croient au progrès de l’homme. Le modèle culturel est l’Antiquité (avec Horace, Platon, Aristote…) : on traduit  et on imite les textes anciens.
Le retour de la paix favorise un important mouvement culturel : l'humanisme. Il s’agit d’un grand élan qui porte les hommes de la Renaissance vers l'étude des lettres anciennes.
            Des professeurs et des intellectuels veulent réagir contre l'enseignement des Universités qui s'est sclérosé; aussi prônent-ils la lecture des chefs-d’œuvre de la littérature latine. Le mot humanitas désignant la culture, ils appellent leur enseignement  lettres d'humanité et bientôt on les nomme eux-mêmes humanistes.
            Ce retour au trésor antique se fait sous l'impulsion d'érudits dont les plus célèbres sont Budé (1467 - 1540) et Érasme (1467 - 1536).
            L'Humanisme tend à instaurer par les humanités une culture laïque centrée sur l'homme dans un esprit de relativité et de sens critique. En quête d'un équilibre, il recherche une certaine sagesse (La Pléiade, Montaigne, La Boétie).
            On définit également l'Humanisme comme toute doctrine qui prend l'homme pour objet d'intérêt principal. L'Humanisme a de larges champs d'investigation et considère l'homme en tous temps, en tous lieux et dans toutes ses dimensions : dans ses rapports au monde, en tant qu'être social, moral, tourné vers certaines valeurs et perfectible.
            La finalité de l'Humanisme est d'étudier l'homme afin d'améliorer ses conditions d'existence terrestre. L’homme devient la mesure de toutes choses, rien n’est désormais plus admirable que l'homme comme modèle de perfection physique, intellectuelle et morale.
Écrivains représentatifs :
Le roman: Gargantua, Pantagruel de François Rabelais, L'Heptaméron de Marguerite de Navarre.
Le théâtre: Eugène, Cléopâtre captive d’Etienne Jodelle, Les Juives de Robert Garnier
La poésie: Défense et illustration de la langue française, Regrets de Joachim du Bellay, Amours de Cassandre de Pierre de Ronsard
Les réflexions et les essais : Essais de Michel de Montaigne
La peinture : La Joconde de Léonard de Vinci
Contexte historique : Naissance de l’imprimerie avec Gutenberg ; les pouvoirs de l’Église et de l’État sont complémentaires ; la plupart des érudits sont clercs pour pouvoir toucher des revenus réguliers ; après 1550, les publications en français dépassent celles en latin.

LE BAROQUE 

(Situé à la frontière entre le XVIème et le XVIIème : 1570-1650) Le mot baroque vient du portugais barroco qui signifie : perle irrégulière. Il s’applique d’abord aux arts plastiques à la fin du XVIème siècle, pour traduire un jugement péjoratif porté sur une esthétique de l’irrégularité, du mouvement et de l’ostentation.
Au XVIIème, en littérature, il est centré autour de quelques principes communs : goût de la sensualité, des extrêmes, de l’ornementation, du langage à effets, des thèmes de l’illusion, des métamorphoses du monde et de la mort. Les genres littéraires dominants sont la poésie et le théâtre.
Écrivains représentatifs : Sponde Stances sur la mort (poésie lyrique), D’Aubigné Les Tragiques (poésie épique et engagée, texte qui parle des massacres de la St Barthélémy, des guerres civiles, en dénonçant les responsables de ces actes, en autre Catherine de Médicis et le cardinal de Lorraine…), Corneille au début de sa carrière L’Illusion comique et Le Cid.
Dans la seconde moitié du 16ème  siècle, le conflit entre catholiques et protestants, la faiblesse du pouvoir royal, la découverte d'un univers dont l'homme n’est plus le centre favorisent une nouvelle sensibilité : le baroque. Face aux difficultés et incertitudes du temps, les auteurs et les artistes semblent trouver un nouveau sens dans la fantaisie et l'exubérance des formes. Le mot « baroque » vient en effet de l'espagnol « barroco » qui désigne une pierre irrégulière. Aussi le baroque se traduit-il par l'absence de mesure, la multiplication des effets, la liberté et la virtuosité de l'invention.
Le roman: L'astrée d'Honoré d'Urfé / Cassandre de Gautier de Costes de La Calprenède
Le théâtre: L'Illusion comique de Pierre Corneille
La poésie: Les Tragiques d'Agrippa d'Aubigné / Œuvres poétiques de Théophile de Viau

LA PLEIADE

L’École de la Pléiade : vient du grec « pleias », « constellation de 7 étoiles ». En 1556, elle est le nom donné au groupe de 7 grands poètes français de la Renaissance (Baïf, Ronsard, Du Bellay, Peletier, Belleau, Jodelle, Pontus de Tyard). Le genre dominant est la poésie. La doctrine de la Pléiade est résumée dans le livre Défense et illustration de la langue française, écrit par Du Bellay.
Ce mouvement s'inscrit dans le cadre de la Renaissance et de l'Humanisme.
Sous l'impulsion de Ronsard, ce mouvement a pour berceau le collège de Coqueret, sur la montagne Sainte-Geneviève. A Paris, dès 1547, les proches de Ronsard, au premier chef Du Bellay, réfléchissent à un manifeste : La Défense et illustration de la langue française, rédigé par Du Bellay lui-même (1549).
La doctrine des hommes de La Pléiade est que la langue française peut égaler en dignité le latin et le grec, il convient de l'illustrer, c'est-à-dire de l'enrichir.
Pour ce faire :
-        on créera des mots nouveaux par dérivation ou composition.
-        on fera des emprunts : au latin, au grec, aux dialectes, au vocabulaire des métiers et des techniques.
-        on imitera les Anciens de toutes les manières possibles dans leurs idées, leurs sentiments, dans leurs genres littéraires, puis on assimilera leur production au point de la convertir " en sang et en eau ".
Laborieux, les hommes de La Pléiade soutiennent que l'inspiration doit faire la part belle au travail et à l'étude.
Écrivains représentatifs : Ronsard Les Amours, Du Bellay Les Regrets
Contexte historique : le mécénat amène de nombreux écrivains à faire l’éloge de la politique en place : nationalisme, catholicisme, monarchie. L’idéologie de l’état est confirmée par la poésie de louange (hymnes, odes de Ronsard) qui appliquent aux rois superlatifs et comparaisons héroïques.

XVIIème siècle
           
LA PRECIOSITE

Ce phénomène européen peut s'analyser, en France, comme une réaction contre une vie de cour devenue grossière sous Henri II et comme une mode née en 1654, qui régna quelques années dans les salons parisiens.
            Le mouvement qui se développe dans les salons parisiens ( chez Mlle de Scudéry, chez Mlle de Sablé et à l'hôtel  de  Rambouillet, dès 1608 ) est  le fait  d'une  société  noble  et  oisive  qui  cherche à se « donner du prix » en se différenciant du «  commun », du « banal », du « vulgaire ».
            Cependant, il faut se garder de deux erreurs fréquemment commises.
            1) La Préciosité n'est pas une tendance ridicule même si c'est un courant dont les excès portent à sourire (Voir Les Précieuses Ridicules de Molière). Ce fut une saine réaction qui a œuvré pour la propriété des termes, la rigueur, la précision du discours. Les précieux enseignent que l'on dit : « j'adore Dieu, j'aime mes parents, je goûte le melon »
            2) La Préciosité a continué à influencer même les auteurs classiques du XVIIème et c'est une tendance naturelle de l'esprit humain dont on retrouve des traces à toutes les époques (Gide ou Giraudoux ont pu être taxés de préciosité).
Il faut retenir qu'au niveau stylistique :
            - les précieux refusent les termes concrets. On ne dit pas « un balai » mais on a recours à la périphrase, qui paraît plus élégante : on parle « d'instrument de propreté ».
            - les précieux affectionnent l'exagération, l'hyperbole et parsèment leurs discours d'adverbes comme «furieusement». Les précieux ont un goût prononcé pour la métaphore. Ils ne parlent pas des  « fauteuils » mais des «commodités de la conversation ».

La préciosité est essentiellement constituée par des revendications féministes et modernistes et son extension dans la littérature française est liée à cette influence des Salons et des femmes. Il existe quatre formes de la Préciosité:
-        la Préciosité morale ; droit pour la femme de disposer librement d'elle-même.
-        la Préciosité des manières ; distinction inimitable, haine du pédant et du provincial.
-        La Préciosité du langage ; correction et pureté, pensée d'un tour original, métaphores, périphrases...
-        La Préciosité du goût ; mépris des Anciens, des bourgeois et des pédants, goût des questions psychologiques et morales.
Quelques œuvres ou auteurs précieux :
-        en poésie : Voiture et Benserade.
-        dans le genre romanesque : L'Astrée d'Honoré d'Urfé, Le Grand Cyrus et Clélie de Mlle de Scudéry. Madame de Lafayette fut influencée par la Préciosité, on relève certains éléments précieux dans La Princesse de Clèves.


LE CLASSICISME (1610-1660) 

Il est caractérisé par l’exercice de la raison dans les règles établies, il recherche la pureté  et la clarté de la langue, la simplicité, la juste mesure, l’équilibre et l’harmonie. Il prône l’imitation des chefs-d’œuvre anciens. Le Classicisme atteint son apogée dans la 1ère partie du règne de Louis XIV. Le genre dominant est le théâtre.
Écrivains représentatifs : Corneille (pièces de théâtre, 2ème partie de son œuvre), Racine, Molière, La Fontaine, La Bruyère, Boileau, Pascal.
Contexte historique : prépondérance de la monarchie absolue avec Louis XIV, conformisme religieux, l’effet d’ordre et de rationalisation de la pensée va de pair avec la diffusion de la pensée de Descartes qui est un philosophe qui a écrit notamment Discours de la méthode.
Le classicisme désigne l'art et la littérature de la France à partir des années 1660, alors que Louis XIV est le monarque absolu du royaume. S'adressant d'abord à l'intelligence, figurant l'ordre, la raison et l'équilibre, le classicisme illustre parfaitement l'autorité du roi qui en fait la base d'un art officiel.
 Mouvement de la mesure et de l'harmonie, le Classicisme cherche l'accord de l'écrivain avec son milieu, de la pensée avec l'expression. Il prône donc l'ordre, la discipline et la régularité. Le respect des règles héritées des Grecs et des Romains, l'économie des moyens, le caractère mesuré opposent les œuvres classiques aux œuvres baroques basées sur l'abondance et l'émotion.
Ce terme n'a pas été employé par le XVIIème à la recherche d'une auto-définition. C'est Voltaire qui l'a inauguré dans son sens étymologique (« de première classe ») pour évoquer le siècle de Corneille, Racine, Molière.      La bible du Classicisme est L'Art poétique de Boileau, mais il n'y eut pas d'union sacrée autour de l'auteur des Épîtres et la vie littéraire de l'époque dite classique connut cabales et conflits.
Le domaine du Classicisme est la raison qui permet de comprendre et d'ordonner tout ce qui se présente au sujet pensant.
            Trois idées-forces résument le Classicisme :
            1 - L'homme et l'univers sont éternels et immuables en dépit de quelques changements peu profonds.
            2 - Les productions humaines - au premier chef l'art - sont régies par des lois universelles et éternelles. La beauté est une et absolue.
            3 - Naturellement inscrit dans l'éternel et l'universel, l'Art ne doit jamais s'en écarter. Pour cela, il doit :
-        se cantonner dans le domaine du vraisemblable, forme probable du vrai, bannir le merveilleux.
-        respecter la règle des bienséances, soit ne pas aller à l'encontre des idées communément admises ou choquer le public.
-        respecter dans le genre dramatique la règle des « Trois Unités » : unité de lieu, unité de temps, unité d'action, selon la recommandation de Boileau dans son Art poétique :" Qu'en un lieu, en un jour, un seul fait accompli / Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli "

Le roman: La Princesse de Clèves de Mme de La Fayette / Lettres de la religieuse portugaise de Guilleragues
Le théâtre: Horace, Cinna, Polyeucte… de Pierre Corneille / Andromaque, Britannicus, Phèdre…de Jean Racine / Dom Juan , Tartuffe , Le Misanthrope, Le Malade imaginaire de Molière
La poésie : Fables de La Fontaine
Les genres brefs : Maximes et sentences morales de François de La Rochefoucauld / Les Caractères de Jean de La Bruyère / (posthume): Lettres de Mme de Sévigné
La philosophie : Discours de la méthode de René Descartes / Pensées de Blaise Pascal


LE JANSENISME

Doctrine en opposition avec le catholicisme d'après laquelle Jésus-Christ ne serait venu sauver qu'un petit nombre d'élus. Ce courant d'austérité rigoriste  a fortement marqué quelques écrivains classiques pour qui l'homme est esclave de ses passions sans que la raison ne puisse les maîtriser. (La Rochefoucauld, Pascal, Racine)

XVIIIème siècle

LE RATIONALISME PHILOSOPHIQUE

            Il se caractérise par le rejet des traditions au profit d'une entière confiance dans la raison humaine et d'une foi optimiste dans le progrès et la science. Cosmopolites, les philosophes se sentent citoyens du monde et aspirent à un idéal de paix et de civilisation. (Montesquieu, Voltaire, Rousseau, Diderot)


LE PREROMANTISME
            Dans les deux derniers tiers du XVIIIème, on assiste à une remise à l'honneur du goût des émotions (passion fatale, mélancolie), de la subjectivité du moi, en un mot de l'affirmation du sentiment personnel. Cette tendance annonce le romantisme.


LES LUMIERES (1720-1770)

Ce courant de pensée se manifeste par une attitude d’esprit inspirée de la méthode scientifique, cherchant à découvrir la vérité derrière les préjugés, à l’aide de la raison illuminatrice. La pensée s’établit dans l’utile et le concret. Son idéal se résume  dans l’ouvrage collectif de L’Encyclopédie. Les genres dominants sont l’essai et le conte philosophique. Ce mouvement s’appuie sur une idéologie du progrès, de la tolérance et du bonheur matériel, contre toutes les contraintes de la monarchie. Le déisme (qui admet l’existence d’un dieu mais récuse les religions) est une attitude de plus en plus fréquente.
Écrivains représentatifs : Montesquieu Les Lettres persanes, Voltaire, Diderot d’Alembert et d’autres L’encyclopédie, Rousseau Discours sur l’origine de l’inégalité, Marivaux, Beaumarchais.
Contexte historique : Époque où l’on commence à remettre en cause les privilèges, l’inégalité des classes sociales, les philosophes trouvent une large audience auprès de la bourgeoisie. On s’interroge également sur l’anthropologie, les notions de « sauvage » et de « civilisé », le bien-fondé de l’esclavage. Ces différentes remises en question de l’ordre établi vont conduire à la révolution française en 1789, conduite essentiellement par les Bourgeois contre les aristocrates, qualifiés de « privilégiés ». (Abbé Prévost, Rousseau, Diderot, Bernardin de St-Pierre)

Nathalie LECLERCQ

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