lundi 13 mai 2013

MOLIERE, LE MISANTHROPE, RESUME




Un misanthrope:
A. 1. Subst. masc. Personne qui hait le genre humain, qui a une opinion défavorable, pessimiste de l'humanité ou de la vie.
B. P. ext. 1. Subst. masc. Personne de caractère renfermé, d'humeur sombre, qui fuit les rapports humains, qui se complaît dans la solitude.

MISANTHROPIE, subst. fém.

A. Haine à l'égard du genre humain.
B. P. ext. Caractère sombre, humeur chagrine qui pousse à fuir les rapports humains.





SYNOPSIS, 1666, Misanthrope (Le)
Comédie en cinq actes et en vers, représentée le 4 juin 1666 au théâtre du Palais-Royal. Alceste entre irrité dans le salon de Célimène, une jeune coquette dont il est amoureux, en compagnie de son ami Philinte, auquel il reproche d'avoir prodigué des marques d'amitié excessives à un inconnu. Celui-ci invoque les usages mondains, mais Alceste, loin de se montrer indulgent, s'emporte contre l'hypocrisie de l'humanité en général. Oronte, un faiseur de sonnet, arrive alors, adresse à Alceste des protestations d'amitié et insiste pour lui lire quelques vers de sa main. Alors que Philinte se répand en éloges, Alceste finit par reconnaître que le sonnet est bon «à mettre au cabinet». Oronte réagit, le ton monte et la querelle éclate. Alceste fait grief à Célimène de la complaisance qu'elle témoigne à ses soupirants et s'apprête à la mettre au pied du mur, quand arrivent les marquis, Acaste et Clitandre, ainsi que Philinte et Éliante, une cousine de l'héroïne. Célimène brosse avec esprit, mais non sans médisance, selon l'usage mondain, quelques portraits d'amis absents, ce qui met Alceste, jusque là silencieux, en fureur. Célimène réagit cruellement, mais, heureusement, l'échange est interrompu par l'arrivée d'un garde : Alceste est convoqué devant le tribunal des maréchaux pour l'affaire du sonnet.
Les deux marquis, restés seuls, font assaut de suffisance et de fatuité, puis se retirent à l'arrivée d'Arsinoé, une fausse prude, qui rapporte perfidement à Célimène quelques rumeurs relatives à sa conduite. Celle-ci répond sur le même ton de politesse hypocrite. Décidée à se venger, Arsinoé tente en vain de séduire Alceste, puis promet de lui fournir des preuves de l'inconstance de sa bien aimée. Philinte s'entretient avec Éliante de la passion malheureuse d'Alceste pour Célimène. Le héros entre, furieux, tenant à la main une lettre qui prouve la duplicité de la coquette. Dès que celle-ci arrive, il la presse maladroitement de se justifier, mais elle retourne magistralement la situation au point qu'il finit par implorer son pardon. Enfin, ayant perdu son procès, le misanthrope veut quitter la société des hommes. Il presse, tout comme Oronte, Célimène de déclarer publiquement ses sentiments, mais elle tergiverse alors que les marquis, autres amants bafoués, entrent pour l'accabler à leur tour. Quand tous se sont retirés, Alceste déclare à sa maîtresse qu'il est néanmoins prêt à l'épouser si elle consent à renoncer au monde, ce à quoi elle ne peut se résoudre. Il décide de quitter Paris et de se retirer dans la solitude.

Le ton grave de cette œuvre surprend le public et Le Misanthrope n'obtient qu'un succès moyen, ne restant à l'affiche que pour trente-quatre représentations. Bien que ce thème ait été traité avant le XVIIe siècle — le poète latin Lucien écrit un Timon ou le misanthrope, et Shakespeare son fameux Timon d'Athènes —, c'est Molière qui lui donne un retentissement extraordinaire. Dès la fin du XVIIIe siècle, époque durant laquelle on se passionne pour le débat moral ouvert par Jean-Jacques Rousseau, cette comédie suscite en Europe toute une série d'œuvres, parmi lesquelles on peut citer : Le Philinte de Molière ou la suite du Misanthrope (1790), drame larmoyant de Fabre d'Églantine, Le Misanthrope corrigé, dans les Contes moraux de Marmontel (1786), et, à l'étranger, L'Homme franc de William Wycherley (1676), L'École de la médisance de Sheridan (1777), et Le Misanthrope réconcilié, pièce inachevée de Schiller (1790). Le XIXe siècle se détourne de ces épanchements lyriques et le rire reprend ses droits avec Labiche, Le Misanthrope et l'Auvergnat (1852), puis avec Courteline, auquel on doit une très fine Conversion d'Alceste (1905). Il y a quelques années enfin, on a pu voir un Célimène et le cardinal de Jacques Rampal (1992).



Acte I
Scène 1: Alceste reproche à Philinte, son ami, d’avoir été aimable avec un homme qu'il connaît à peine. Or, celui-ci explique : « je veux qu’on soit sincère, et qu’en homme d’honneur / On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur. » Mais Philinte rétorque qu’il faut bien recevoir correctement quelqu’un qui vous embrasse de joie et le payer de la même monnaie. Alceste rétorque que c’est de l’estime prostituée et c’est n’estimer rien que d’estimer tout le monde. Il ne veut plus être son ami, car il veut qu’on le distingue et ne veut pas de l’ami du genre humain comme ami. (Mais cette réplique vise aussi Célimène, Alceste est un jaloux, comme Dom Garcie de Navarre). Mais l’usage et les bonnes manières le réclame, selon Philinte, ce à quoi Alceste répond qu’il faudrait châtier ce commerce honteux de semblants d’amitié. Philinte réplique que la franchise en tout lieu pourrait être ridicule, et qu’il est bon parfois de cacher ce qu’on a sur le cœur, c’est de la bienséance. Alceste dit qu’il n’en peut plus de vivre dans ce monde de trahisons et d’hypocrites et qu’il veut rompre avec tout le genre humain (Annonce la fin). Philinte rétorque, pour être franc, que sa maladie le ridiculise aux yeux du monde, mais Alceste réplique qu’il ne demande pas mieux, car tous les hommes lui sont à tel point odieux, qu’il serait fâché d’être sage à leurs yeux.
« Vous voulez un grand mal à la nature humaine!
Oui, j’ai conçu pour elle une effroyable haine.
Je hais tous les hommes, les uns pour être méchants et les autres pour leur être complaisants. »
Philinte le prie d’être moins sévère, et « c’est une folie à nulle autre seconde, de vouloir se mêler de corriger le monde. » « Il prend tout doucement les hommes comme ils sont et il accoutume son âme à souffrir ce qu’ils font. »
Alceste est prêt à perdre son procès pour voir jusqu’où ira l’injustice.
Philinte alors s’étonne qu’il soit amoureux de la coquette et si médisante Célimène.
Alceste dit qu’il l’aime malgré lui, c’est sa faiblesse, bien qu’il ne soit pas aveugle, mais la grâce de la jeune veuve de vingt ans est la plus forte.
Philinte préfère la douce et sincère Eliante, sa cousine, et doute du fait qu’Alceste soit vraiment aimé de Célimène, étant donné tous les courtisans qui l’entourent. C’est justement pour lui parler de ce problème qu’Alceste vient la voir. Le choix de Philinte semble bien raisonnable à Alceste, mais la raison n’est pas ce qui règle l’amour.
La scène est interrompue par Oronte, Philinte ne termine pas sa phrase:
« Je crains fort pour vos feux; et l’espoir où vous êtes
Pourrait… »

Scène 2 : Oronte dit à Alceste qu’il a conçu pour lui une estime incroyable. Et il lui propose d’être son ami. Puis il ne lui laisse pas le temps de parler, ne cessant de lui donner des témoignages de son admiration, et lui demandant s’il peut l’embrasser. Mais Alceste refuse et lui dit qu’en de telles affaires il faut du temps et de la réflexion. Ils doivent apprendre à se connaître. Oronte dit qu’il l’en estime davantage à le voir si sage et lui propose ses services auprès du Roi. Puis il lui demande de lui donner son avis sur un sonnet qu’il vient de composer, Alceste le prévient qu’il est plus franc qu’il ne faudrait, mais l’autre rétorque que c’est tout ce qu’il attend. Le poème parle d’un amant qui reproche à la femme aimée de le faire espérer sans rien lui donner, elle eu de la complaisance, mais à force, comme rien n’arrive, l’espoir désespère : mise en abyme des rapports entre Célimène et Alceste, mais aussi ce sonnet peut être adressé à Célimène ! et si Alceste l’avait deviné ?). Philinte dit qu’il est très galant et que la chute en est admirable. Alceste ne peut souffrir qu’il loue quelque chose d’aussi bas, mais ne dit rien. Mais pressé par Oronte, il dit qu’il disait justement à un ami d’éviter d’écrire, si c’était pour mal faire, et que ce n’était qu’un ridicule et misérable auteur. Et comme Oronte veut quand même savoir ce que pense Alceste de son sonnet, celui-ci lui répond qu’il est bon à mettre au cabinet (secrétaire). Il s’est réglé sur de méchants modèles et ses expressions ne sont point naturelles. Il lui cite les vers d’une chanson qu’il trouve bien plus réussie. Oronte s’offusque, ils vont se disputer, mais Philinte s’interpose, et Oronte part en disant qu’il est son valet, et Alceste de répondre qu’il est son humble serviteur.

Scène 3 : Philinte va pour lui faire reproche de s’être fait un ennemi de plus, mais Alceste ne le laisse pas parler (Point de langage) et veut qu’il s’en aille, échange de stichomythies, mais Philinte dit qu’il ne le quittera pas d’une semelle.



ACTE II

Scène 1 : Alceste dit à Célimène qu’elle a bien trop d’amants, mais Célimène explique qu’elle ne peut empêcher les gens de la trouver aimable. Alceste lui reproche d’être trop complaisante avec eux et de leur laisser donc de l’espoir. Puis il lui demande de façon ironique si c’est le bel accoutrement et les manières apprêtées qui lui plaisent tant en Clitandre, dont il fait une description typique de dandy (déjà présente dans L'École des maris, dans les propos de Sganarelle. Ce passage rappelle la galerie des portraits, or c’est Alceste, ici, qui se prête au jeu !). Mais elle lui dit qu’il peut l’aider dans son procès. De plus elle lui assure son amour, mais celui-ci rétorque que rien ne lui prouve qu’elle n’en n’ait pas dit autant à chacun de ses prétendants. Célimène se dédie donc de tout ce qu’elle a pu lui dire auparavant, et Alceste lui assure qu’elle ne sera jamais aimée comme il l’aime, tellement cet amour va à l’encontre de sa propre nature. Mais il vaut cesser cette querelle et parler à cœur ouvert, et voyons d’arrêter… (Interrompue)

Scène 2 : Son domestique Basque lui annonce l’arrivée d’Acaste. Célimène lui dit de le faire entrer, et comme Alceste se plaint de ne jamais pouvoir lui parler en tête à tête, elle lui dit qu’il ne faut pas se faire un ennemi d’un homme si influent. Alceste va pour répondre, mais il est encore interrompu.

Scène 3 : Alceste va pour sortir, tellement ce genre d’entretien l’ennuie, mais Célimène le retient : « Je le veux... »

Scène 4 : Les mêmes + Eliante, Philinte, Acaste, et Clitandre.
Célimène fait remarquer à Alceste qu’il est resté, mais celui-ci lui promet qu’elle se déclarera ici et maintenant aux yeux de tous. Vous choisirez, c’est trop de patience. Acaste arrive, il vient du levé du Roi, et se plaint du ridicule de Cléonte. S’ensuit un dialogue entre lui, Clitandre et Célimène où celle-ci n’a de cesse de dire du mal de Damonte, de Timante, de Géralde, de Bélise…enfin de tous ceux sur lesquels ses deux amis lui demandent son avis. A noter : Voir Les Caractères de La Bruyère, le portrait de Timante que fait Célimène, rappelle le début de celui de Théodote (dans De la cour) et se rappeler que la mode des portraits, inaugurée par les romans de Mlle de Scudéry, faisait alors fureur dans les salons). Alceste ne peut s’empêcher de s’en prendre à eux, parce qu’en la flattant, ils la poussent dans son vice. La Rochefoucauld disait d’ailleurs qu’on est d’ordinaire davantage médisant par vanité que par vice. Alceste les nomme des « bons amis de cour » c’est-à-dire sans sincérité. Philinte s’étonne de voir son ami fâché d’entendre des critiques sur des gens dont il blâme si souvent les défauts. Célimène fait alors son portrait : C’est un contradicteur, un esprit contrariant qu’il a reçu des cieux. Philinte est d’accord. Mais Alceste rétorque qu’il faut blâmer aussi les censeurs, et que les hommes sont des loueurs impertinents ou des censeurs téméraires. Il ajoute qu’il aime tant Célimène qu’il ne souffrirait pas de lui mentir et de lui cacher ses défauts. Clitandre et Acaste disent qu’elle n’en a pas et qu’elle est parfaite. Alceste répond qu’à la place de Célimène il chasserait ces flatteurs pour leur préférer un homme sincère. Célimène ironise en disant qu’il faut donc préférer ceux qui nous injurient. Eliante prend alors la parole pour expliquer comment l’amour rend aveugle et de quelle façon les défauts de l’être aimé se change toujours en qualité, comme la maigreur qui devient de la taille et de la liberté, par exemple. L’amant aime les défauts de sa belle. Cette tirade s’avère être une antithèse des portraits satiriques précédents. Tirade imitée du de Natura rerum de Lucrèce. Mais Célimène empêche Alceste de répondre et propose d’aller se promener dans les galeries ; alors qu’elle s’inquiète du départ de Clitandre et d’Acaste, Alceste lui reproche cette inquiétude et dit aux jeunes hommes que rien ne les retient plus ici, mais eux ne prendront congé que si Célimène le désire, et Alceste dit qu’il ne partira pas non plus et que Célimène verra bien celui qu’elle voudra qu’il sorte.



Scène 5 : Basque vient dire à Alceste qu’un monsieur, dont l’uniforme est celui des exempts des maréchaux (ils procèdent aux arrestations et aux significations) le demande, celui-ci va pour le renvoyer, mais Célimène l’enjoint de le recevoir.

Scène 6 : Le garde lui fait savoir devant tous que les maréchaux l’enjoignent de venir pour régler l’affaire avec Oronte. Alceste dit que même si l’on devait le pendre, il ne trouverait jamais ses vers bons. Clitandre et Acaste rient, Philinte l’enjoint à plus de douceur et Célimène lui dit d’y aller. Alceste dit qu’il va revenir pour vider leurs débats.



ACTE III

Scène 1 : Clitandre demande à Acaste pourquoi il est toujours si joyeux. Celui-ci répond qu’il n’a guère de raison d’être malheureux puisqu’il est riche, noble, beau, aimé… (Encore un contrepoint des portraits précédents : on voit se dessiner la philosophie de Molière : on est élogieux quand on aime, donc par égocentrisme, ou parce que l’on est aveugle, ou envers soi-même). Pourtant Clitandre lui demande si Célimène s’est déclarée à lui, Acaste prétend que non et qu’au contraire il a été refoulé. Clitandre lui demande alors de promettre que celui qui sera éconduit, s’inclinera de lui-même, ce qu’Acaste promet.

Scène 2 : Célimène arrive et leur dit qu’elle a entendu un carrosse.

Scène 3 : Basque lui dit qu’il s’agit d’Arsinoé. Elle s’entretient avec Eliante. Acaste dit qu’elle tient en tout lieu pour une prude consommée. Célimène prétend que c’est parce qu’elle ne parvient pas à séduire quiconque, et qu’elle tâche à couvrir d’un faux voile de prude, ce que chez elle on voit d’affreuse solitude. Ce portrait rappelle celui que fait Dorine de l’austère Orante, dans Tartuffe. En réalité, elle aime Alceste et est très jalouse de Célimène. Elle est impertinente au suprême degré et… (est interrompue)

Scène 4 : Célimène lui dit qu’elle était justement en peine d’elle et qu’elle est très contente de la voir. Arsinoé refuse de s’asseoir et lui dit que les gens jasent et qu’elle est d’accord en partie, tant la conduite de son amie peut prêter à calomnies. Elle lui demande donc de cesser ses galanteries. Mais Célimène, toujours en tant qu’amie, lui dit à son tour que bien des gens lui reprochent son excès de zèle et sa pruderie. Elle ferait mieux de prendre moins soin des actions des autres et de se mettre plus en peine des siennes. Son hypocrisie est découverte et elle devrait laisser le soin au ciel de punir les coupables. Enfin, c’est juste pour la prévenir, en amie. Puis elle lui dit qu’elle est trop jeune pour être prude, sous entendant que Arsinoé, étant trop vieille pour plaire, est devenue prude. Arsinoé lui reproche sa vanité et son orgueil, et lui dit que ces avances elle devra les payer de son corps (à mots couverts) et que c’est parce qu’elle a refusé d’en arriver là qu’elle est seule. Mais elle cesse ici le dialogue, et Célimène la laisse seule avec Alceste.

Scène 5 : Arsinoé lui dit que ses mérites, vantés partout, pourraient lui offrir une place à la cour. Mais Alceste lui dit qu’il s’en moque et qu’il est bien trop franc pour être courtisan. Il ne sait pas jouer de la parole pour duper les gens. Puis Arsinoé lui reproche d’aimer Célimène, elle est indigne de lui. Alceste lui dit qu’elles sont pourtant amies. Elle lui apprend que Célimène lui est infidèle et comme Alceste demande des preuves, elle lui propose de venir chez elle, et elle le consolera quand il en aura.



ACTE IV

Scène 1 : Philinte raconte à Eliante comment Alceste a expliqué aux maréchaux, que, même s’il trouvait toutes les qualités d’honnête homme à Oronte, il s’excusait de ne pouvoir trouver ses vers bons, et qu’il ne pouvait rien y faire. L’affaire s’est terminée en embrassades. Eliante lui dit qu’elle voit en la sincérité d’Alceste quelque chose de noble et d’héroïque. C’est une vertu rare au jour d’aujourd’hui et elle la voudrait voir partout comme chez lui. Mais Philinte s’étonne encore de son amour pour Célimène. Elle l’explique en disant que l’amour n’est pas toujours produit par un rapport d’humeur. Philinte dit qu’il va souffrir et qu’il ferait mieux de se tourner vers elle, qui l’aime plus sincèrement. Eliante répond qu’effectivement elle n’y opposerait aucune résistance. Et Philinte lui dit que si ces vœux n’étaient pas exaucés, lui-même voudrait prendre sa place.

Scène 2 : Alceste supplie Eliante de le sauver d’une mort prochaine et de le venger (faites moi raison). « je suis, je suis trahi, je suis assassiné », vers de Dom Garcie de Navarre. Il vient d’avoir une lettre de Célimène à Oronte, celui dont il se méfiait le moins. Il demande à Eliante de le venger en acceptant son cœur. Celle-ci l’enjoint d’attendre et d’avoir confirmation de ses doutes, et lui dit que de toute façon le courroux d’un amant fond dès qu’il se retrouve devant sa belle. Et justement, Célimène arrive. Alceste dit qu’il va la confondre et libérer son cœur de sa passion, pour être tout à elle.

Scène 3 : Il lui reproche surtout de lui avoir menti et de l’avoir bercé d’un faux espoir. Vers repris de Dom Garcie : Le Ciel n’a jamais rien produit d’aussi méchant qu’elle. Il lui montre la lettre. Elle lui dit qu’il était pour une femme. Puis elle lui dit qu’il était pour Oronte. Puis elle lui reproche de la croire si facilement capable d’une telle trahison. Bref, la colère d’Alceste tombe, il sait qu’elle ment, mais il ne peut s’empêcher de l’aimer. Et il souhaite qu’elle soit laide, vieille et pauvre, pour l’aimer encore et lui prouver la force de son amour. Mais M. Dubois arrive…

Scène 4 : Son serviteur lui apprend qu’il doit partir tout de suite, qu’apparemment il s’agit de son procès et qu’un de ses amis (dont il ne se souvient pas le nom) lui a remis un billet, qu’il cherche, mais qu’il a oublié… Bref, Alceste est obligé d’aller voir ce qui se passe. Il fait remarquer à Célimène que le sort fait tout pour l’empêcher de s’entretenir avec elle. Il lui donne rendez-vous pour le soir-même.



ACTE V

Scène 1 : Alceste dit à Philinte qu’il y a trop de perversité en ce monde et qu’il veut se retirer du commerce des hommes. Il a perdu son procès, alors que l’équité et la probité étaient de son côté. Un traître dont on sait la fausseté a gagné contre lui. En plus, un livre honteux court le monde, on dit qu’il en est l’auteur et Oronte est devenu son plus cruel détracteur. Philinte dit que cela pourra se retourner contre Oronte et qu’il peut faire appel de son procès. Mais Alceste veut que cet arrêt serve de témoignage et qu’il montre combien le monde est inique. Philinte lui dit que c’est un bon moyen d’exercer sa vertu et qu’un monde sans vice ne serait pas propre à être philosophe. Mais Alceste ne veut plus rien entendre et il ne désire plus que voir Célimène pour éprouver son amour. Philinte va chercher Eliante.

Scène 2 : Oronte demande à Célimène de choisir entre lui et Alceste. Celui-ci sort de sa cachette et demande la même chose. Ils se promettent mutuellement en une série de stichomythies de s’en remettre à sa décision. Mais Célimène hésite. Elle dit qu’elle ne veut blesser personne par une trop grande franchise. Alceste n’est pas dupe, et lui fait remarquer que c’est surtout pour se ménager l’amusement d’être courtisée. Célimène en appelle à Eliante.

Scène 3 : Mais Eliante lui dit qu’elle est pour la franchise, les deux amants la pressent de dire celui qu’elle a choisi.



Scène dernière : Les mêmes + Acaste, Clitandre, Arsinoé et Philinte.
Acaste et Clitandre, avec Arsinoé venue leur prêter main forte (on comprend qu’elle est l’instigatrice de tout cela) se plaignent à Célimène de lettres qu’ils ont trouvées et écrites de sa main à chacun…où elle les critique vertement et sans détour. Il y en a même pour Oronte, où elle se moque de ses vers. Clitandre et Acaste lui disent qu’ils ne veulent plus d’elle et qu’ils vont montrer ces lettres à tout le monde, pour montrer sa façon d’aimer. Oronte ne veut plus d’elle non plus et dit que ces messieurs vont assez bien le venger, il la laisse donc à Alceste, l’homme aux rubans verts. Arsinoé lui dit qu’il va pouvoir se venger, mais celui-ci la remet à sa place. Arsinoé s’offusque de le voir encore pendu au cou d'une si laide marchandise, elle se retire. Seuls restent donc Célimène, Eliante et Philinte. Célimène dit à Alceste qu’il a toutes les raisons de la haïr, mais celui-ci prend Eliante et Philinte à témoins, il n’y parvient pas. Il lui demande donc de le suivre dans son désert et de renoncer au monde. Mais Célimène refuse de renoncer au monde avant de vieillir et de s’ensevelir, elle veut bien néanmoins l’épouser. Mais Alceste lui dit qu’il la déteste, puisqu’elle ne peut se contenter de lui seul. Célimène se retire. Alceste dit alors à Eliante qu’il n’est pas digne d’elle, ni de quiconque, et Eliante lui dit qu’elle a Philinte qui est prêt à la prendre pour femme, ce dont celui-ci se réjouit fort. Alceste dit alors:

« Trahi de toutes parts, accablé d’injustices,
Je vais sortir d’un gouffre où triomphent les vices
Et chercher sur la terre un endroit écarté
Où d’être homme d’honneur on ait la liberté. »

Philinte à Eliante:
« Allons, Madame, allons employer toute chose,
Pour rompre le dessein que son cœur se propose. »

Nathalie LECLERCQ





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