mardi 9 avril 2013

ZOLA, LA FORTUNE DES ROUGON, RESUMÉ.




Préface: Je veux expliquer comment une famille, un petit groupe d’êtres, se comporte dans une société, en s’épanouissant pour donner naissance à dix, à vingt individus qui paraissent, au premier coup d’œil, profondément dissemblables, mais que l’analyse montre intimement liés les uns aux autres. L’hérédité a ses lois, comme la pesanteur. Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire. Titre scientifique: Les Origines. (1871)





I: Le livre s’ouvre sur la description de Plassans et de son cimetière lentement transformé en terrain vague. Silvère, avec un fusil, attend Miette. Il part le soir même pour rejoindre les républicains. Ils ont du mal à se séparer, ils se promènent longuement, dans la grande pelisse de la jeune fille de treize ans. Puis ils rencontrent la troupe de républicains qui chantent la Marseillaise, Miette s’empare du drapeau et tous deux rejoignent la troupe.

II: Une nouvelle description de Plassans et de ses trois quartiers: celui des nobles, celui de la bourgeoisie et celui du peuple. « Ce fut dans ce milieu particulier que végéta jusqu’en 1848 une famille obscure et peu estimée, dont le chef, Pierre Rougon, joua plus tard un rôle important, grâce à certaines circonstances. »
            Adélaïde Fouque, née en 1768, orpheline à 18 ans, dont le père mourut fou, était une grande créature mince, dont le bruit courait qu’elle avait le cerveau fêlé, comme son père. Elle épousera un paysan mal dégrossi, Rougon, dont elle aura un fils: Pierre.
            Mais Rougon meurt subitement quinze mois après leur mariage, Adélaïde prend un amant, « ce gueux de Macquart » qu’elle rejoint aussi souvent que possible dans sa masure qui est voisine à sa propriété. Pour mieux se rejoindre, ils percent même une porte dans le mur mitoyen. Elle aura deux enfants de cette union, Antoine Macquart, une brute où la franchise sanguine du père tournait en sournoiserie pleine d’hypocrisie et Ursule, créature chétive et maladive. Adélaïde ne s’en occupe guère, ils sont complètement libres.
            Pierre, juste milieu entre le paysan Rougon et la fille nerveuse Adélaïde, un paysan moins rude, à l’intelligence plus large et plus souple, comprend sa situation et s’arrange pour se rendre maître de sa mère, par des regards pleins de sous-entendus. Il la martyrise psychologiquement. Puis, une fois sa mère réduite en esclavage, il prend en mains le domaine de la Fouque, laisse partir Antoine au service militaire, accepte sans problème que Mouret, un ouvrier chapelier, épouse Ursule et parte à Marseille. Mouret est très amoureux de sa femme et refuse même l’argent de Pierre, à la grande surprise de celui-ci.



            Le hasard sert encore ses desseins. Désireux de se débarrasser de sa mère, il l’envoie dans la masure de l’impasse Saint-Mittre du contrebandier Macquart qui vient de se faire tuer par les gendarmes. « Elle pendit la carabine au-dessus de la cheminée, et vécut là, étrangère au monde, solitaire, muette. »
            Pierre vend La Fouque, fait signer un reçu à Adélaïde qui était censé avoir reçu 50 000 francs, et épouse la fille d’un marchand d’huile, Félicité Puech, qui avait une ruse de chatte au fond de ses yeux noirs. Toute sa physionomie de naine futée était comme le masque vivant de l’intrigue, de l’ambition active et envieuse. Les premières années se passent assez bien, mais par la suite, le guignon revint implacable. Pendant plus de trente ans, la bataille dura. A la mort de son père, Félicité apprend qu’il est ruiné… En plus, de 1811 à 1815, elle eut trois garçons et deux filles. Elle reconstruisit sur la tête de ses fils l’édifice de sa fortune et fait tout pour qu’ils fassent des études. Deux firent leur droit, le troisième fit médecine. La race des Rougon devait s’épurer par les femmes, ses fils furent d’une intelligence plus haute, capables de grands vices et de grandes vertus. Eugène, l’aîné, semblait apporté la preuve que Félicité avait du sang noble dans les veines. Il part très vite faire carrière à Paris, une fois devenu avocat. Aristide est tout son opposé. Il avait le visage de sa mère, et des avidités, un caractère sournois, apte aux intrigues vulgaires où les instincts de son père dominaient. Il aimait l’argent comme son frère aîné aimait le pouvoir. Il se marie à la fille du commandant Sicardot, et donne la dot de 10 000 francs à son père pour qu’il la place. Ainsi, ils vivent aux crochets des Rougon, Pierre ne pouvant lui rendre l’argent qu’il perdit très vite. Mais dès que Pierre fut en mesure de les lui rendre, il les met dehors. Aristide et sa femme s’installent dans le vieux quartier et très rapidement Aristide doit travailler à la préfecture, à son grand désespoir. Pascal, le dernier fils, ne paraissait pas appartenir à la famille. C’était un de ces cas fréquents qui font mentir les lois de l’hérédité. Droit, modeste, sobre, son métier de médecin lui procurait juste de quoi vivre et il se vouait corps et âme à la science. Il était si différent des siens que tout le monde l’appelait M. Pascal. Les deux sœurs, Marthe et Sidonie, sont vite mariées, l’une va à Marseille et l’autre à Paris.
            Félicité et Pierre vendent le magasin et s’installent dans la rue qui sépare le vieux quartier du neuf, en face des fenêtres du receveur particulier de la sous-préfecture. Félicité arrange le salon jaune de son mieux, dans la faible mesure de ses moyens et rêve devant les rideaux du receveur. Ils attendent. La révolution de 1848 trouva donc tous les Rougon sur le qui-vive, exaspérés par leur mauvaise chance et disposée à violer la fortune, s’ils la rencontraient jamais au détour d’un sentier.

III: Plassans est avant tout catholique et royaliste. Mais pour combattre les républicains, elle deviendra bonapartiste. Ce qui fera la fortune des Rougon.
            Félicité, dès février 48, comprend qu’il se passe quelque chose et que c’est le moment d’agir. Le noble marquis de Carnavant se prend d’amitié pour elle et vient lui rendre visite dans son salon jaune. Il sera de précieux conseil. Puis il se forme un noyau de conservateurs chez eux, faits de bourgeois frileux et de militaires qui préfèrent parler de politique en dehors de chez eux pour ne pas se compromettre : M. Isidore Granoux, ancien marchand d’amandes et membre du conseil municipal, un riche propriétaire, M. Roudier, et la plus forte tête, le commandant Sicardot. Il y avait aussi le sournois Vuillet, libraire et vendeur d’illustrations pornographiques. Il dirigeait la gazette hebdomadaire de Plassans.
            En avril 1848, Eugène revient subitement de Paris et prépare son père aux futurs évènements, l’assurant que sa fortune était proche. Félicité est tenue à l’écart, mais elle réussira à lire ses lettres, pendant la nuit. Aristide publie des articles dans le journal L’Indépendant et se range du côté des vainqueurs, selon lui, les républicains. Mais il reste sans cesse à l’affût, tentant même d’avoir des infos par son frère qui, se méfiant de lui, se déroba. Le 1er décembre 1851, c’est le coup d’état qu’Eugène annonce à son père dans une de ses quarante lettres. Les villages voisins se soulèvent. La peur grandit. 3000 républicains arrivent, Pierre se réfugie chez sa mère.



IV: Antoine Macquart revient du service, toujours décidé à faire fortune sans rien faire. Il hurle de rage en apprenant que Pierre a vendu la Fouque sans rien lui laisser. Pierre et Félicité finissent par lui donner deux cents francs et par lui louer un logement, pour avoir la paix. Il apprend à tresser des paniers, puis épouse Joséphine Gavaudan, dite fine, lessiveuse, qui passera sa vie à l’entretenir, en buvant de l’anisette. Elle lui donnera trois enfants, Lisa, que la directrice des postes prit en affection et qui l’amena avec elle à Paris, à la mort de son mari, Gervaise, que Macquart sucera jusqu’à la moelle, petite fille fluette, buvant de l’anisette avec sa mère, et Jean, peu intelligent, mais décidé à se faire une situation et à partir de chez lui au plus vite.
            Gervaise, blanchisseuse, tombe enceinte dès l’âge de quatorze ans, d’un ouvrier tanneur, Lantier. Mais Antoine, trop désireux de garder les revenus de sa fille, la garde avec lui, l’enfant est donné à la mère de Lantier. Quatre ans plus tard, elle aura un second garçon que la mère Lantier réclamera de nouveau. Antoine connut des jours délicieux à vivre aux crochets de sa petite famille, mais il nourrissait toujours une haine féroce contre son frère. Il essaya de trouver des alliés auprès d’Aristide, son neveu, de son beau-frère Mouret et de sa sœur Ursule, sans résultat.
            Ursule meurt précocement en 1839. Elle laissait trois enfants, Hélène, mariée à un employé, François et Silvère. A la mort de leur père qui se pendit, un an après leur mère, François fut pris au service de son oncle Pierre et épousa même Marthe à qui il ressemblait étrangement, de 1840 à 1844, ils eurent trois enfants. Silvère alla vivre avec sa grand-mère Adélaïde, à qui il redonna la joie de vivre. Antoine s’empare de cet esprit idéaliste sans toutefois atteindre son innocence, même s’il prend un malin plaisir à lui faire du mal en lui racontant comment Pierre s’est moqué de sa grand-mère. Il se fait sa propre culture, assez dangereuse pour un esprit aussi fragile que le sien, et rêve d’une société idéale d’hommes libres et égaux. Fine meurt, Antoine est sans le sou, Gervaise et Jean sont partis, il est plus haineux que jamais. Il devient un fervent républicain, et le jour du coup d’état, il prend la tête de plusieurs ivrognes partisans et court chez son frère pour l’arrêter, mais celui-ci est parti. Félicité garde son sang froid. Antoine laisse un vigile en bas de chez lui, et attend son heure. Les républicains entrent dans Plassans, s’emparent de la gendarmerie, Silvère crève un œil de Rengade, croit l’avoir tué et se précipite chez sa grand-mère, en promettant à Miette qu’il reviendrait. Les insurgés font prisonniers M. Garçonnet, le commandant Sicardot et M. Peirotte, le receveur, ainsi que plusieurs autres fonctionnaires. Puis ils quittent la ville, Antoine se propose de la garder avec vingt hommes; Miette porte toujours le drapeau, accompagné de Silvère.

V: C’est la nuit noire et froide, l’enthousiasme des insurgés retombe, Miette est fatiguée, Silvère l’accompagne au haut d’une colline pour se reposer, comptant rejoindre la troupe au matin. Ils vivent une étrange nuit, un baiser fiévreux éveillent leurs sens, mais ils ne vont pas plus loin.
            Miette perdit son père à neuf ans. Il fut envoyé au bagne pour avoir tué un gendarme, le nom de Chantegreil sonnera toujours comme une insulte; Elle est recueillie par son oncle, à la mort de son grand-père. Son oncle, Rébufat, un avare invétéré en fait son esclave. Son cousin Justin la hait. Seule Eulalie, sa tante, la défend un peu. La vie au Jas-Meiffrein est rude, mais elle s’y fait. Malheureusement, sa tante meurt, son oncle et son cousin deviennent odieux.
            Au fond du jardin, il y a un puits, c’est là qu’elle rencontre Silvère. Ils deviennent très vite amis et trouvent même un moyen de se parler et de se voir grâce au puits. Mais très vite, cela ne leur suffit plus, alors Silvère réussit à trouver la clef de la porte qui avait servi tant d’années à sa grand-mère. Mais dès leur première entrevue, la grand-mère les surprend et jette la clef dans le puits. Ils se retrouveront alors chaque soir à l’ancien cimetière, où tant de fois les morts semblaient les appeler à s’aimer. Ils trouvent même une tombe où gît une certaine Marie, du même nom que Miette. Celle-ci y voit l’annonce de sa mort prochaine. L’été, ils parcourent les champs et les forêts, Silvère apprend à Miette à nager, ils s’aiment, mais leur innocence et leur pureté les préservent, ainsi, malgré l’appel de leurs sens qui se fait de plus en plus fort, ils demeurent chastes.
            Au matin, ils rejoignent les insurgés à Orchères. Les soldats les attaquent, c’est un bain de sang, Silvère et Miette ne comprennent pas grand chose et continuent à marcher sous la mitraille. Une balle atteint la jeune fille à sa poitrine, elle tombe morte, Silvère est désespéré et comprend le regard fixe de la jeune fille qui lui reproche de mourir vierge. Il se laisse arrêter sans aucune résistance, abattu. Le docteur Pascal est parmi eux, il soigne les blessés, mais ne peut rien pour Miette. M. Peirotte meurt d’une balle perdue des soldats qui tirent n’importe où sans discontinuer, alors même qu’il n’y a plus d’insurgés.



VI: Pierre se résout à quitter sa cachette et aidé de Roudier et de trente-neuf autres, il va chercher les fusils qu’il avait caché dans un hangar, reprend la gendarmerie aux insurgés qui dormaient et dont le chef était Antoine et va jusqu’à la mairie où il arrête son propre frère. La fameuse glace est brisée pendant la courte lutte, un coup de fusil ayant été tiré par hasard. Cette histoire sera racontée et racontée le lendemain, déformée et travestie en combat épique.
            Rougon est un héros, on lui donne la mairie en attendant le retour des prisonniers. Il organise la commission provisoire, réarme les gardes nationaux et fait fermer les portes de la ville. Mais des bruits courent, les soldats n’arrivent pas, les insurgés pillent les villages voisins. Rougon et les autres croient même les voir incendier les communes voisines du haut de chez le marquis, et ils restent toute la nuit à scruter la noirceur de la plaine, transis de peur et de froid.
            La ville s’en prend à Rougon, les notables font courir le bruit que la lutte de la mairie n’était pas si glorieuse, jusqu’à Vuillet qui sort un article bien trop ronflant sur la barbarie des insurgés et sur le triomphe prochain de Bonaparte. Cela met la puce à l’oreille de Félicité, elle va le voir et comprend qu’il a intercepté une lettre d’Eugène qui leur apprend que le coup d’état a parfaitement réussi et qu’ils doivent se tenir prêts. Après avoir jouer un petit tour à son mari pour se venger de l’avoir tenue à l’écart, en lui faisant croire que la partie était perdue, elle finit par lui découvrir un plan judicieux. Elle va dès le lendemain matin voir Antoine, et lui propose de le libérer à condition qu’il accepte de reprendre la mairie, en échange de 1000 francs. Antoine, que la douceur du cabinet de toilette du maire qui lui tenait lieu de prison lui a fait comprendre la nécessité de s’entendre avec son frère, accepte. Le lendemain, Rougon, seul, dit à tout le monde qui se cloître chez soi qu’il préfère mourir plutôt que d’abandonner la ville aux insurgés. Sachant que son frère va attaquer, il place des gardes aux portes, Granoux, seul vient l’aider, il doit sonner du tocsin, des hommes sont cachés et attendent.
            Antoine trouve facilement une cinquantaine d’hommes. Ils attaquent la mairie avec des fusils chargés au plomb. C’est un massacre, quatre hommes seront tués, Rougon les laisse où ils sont pour que tout le monde les voit. Il marche même sur la main d’un cadavre avec son talon, étrange et horrible sensation qui ne le quittera plus. Granoux sonne du tocsin de toutes ses forces avec un marteau, c’est Rougon qui l’arrêtera. Le lendemain, la ville se réveille toute étonnée de voir qu’une sanglante bataille a eu lieu pendant qu’elle dormait, Rougon devient un véritable héros, Félicité est aux anges.



VII: Pierre va retrouver Antoine chez sa mère, pour le payer. Il lui demande de partir. Pascal soigne Adélaïde, dite la tante Dide, elle est revenue complètement ahurie et folle, elle a vu quelque chose… Rougon en a froid dans le dos, mais ne veut rien faire pour elle. Il retourne chez lui où une fête à son honneur l’attend, car il va être décoré de la légion d’honneur. Tous sont là, envieux, mais l’alcool aidant, la fête bat son plein.
            Aristide est revenu et s’est déclaré bonapartiste dans son journal. Il apprend à Félicité que Silvère est mort. Il état là et n’a rien fait. Chacun a donc son cadavre sur la conscience, y compris Félicité qui a l’impression d’être pour quelque chose dans la mort de M. Peirotte, qu’elle avait tant désirée.


            Le gendarme Rengade n’a de cesse de retrouver celui qui l’a éborgné. Il retrouve Silvère, l’emmène jusque sur la tombe de Marie, et lui loge une balle dans la tête, sous les regards d’Antoine, que cette mort arrange bien, sous celui de Justin, aux anges et sous ceux de tante Dide…De l’autre côté de la ville, la fête est à son paroxysme quand Sicardot prend un ruban et le met au veston de Pierre. Mais au loin, les trois meurtres sont omniprésents, recouvrant la scène de sang caillé.

11 commentaires:

  1. Résumé très bien construit et complet, certain détailles ne sont pas dans la Fortune des Rougon me semble-il (comme la tante de Miette)

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    1. Si, Miette a bien une tante, avec qui elle s'entend bien et qui la défendait de Justin et de son oncle, mais malheureusement elle décède de maladie. Et une fois morte, son oncle et Justin ont commencé à la maltraité. Ça respire le bonheur n'est-ce pas ? Ahah

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  2. commentaire bien construit

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  3. Super sa ma vraiment aidé pour mon devoir il y a tout.

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  4. Très bon commentaire
    Merci beaucoup

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  5. psartek felicitation le resume

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  6. Vraiment super détaillé! merci beaucoup

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  7. quand on a peur du nombre de page ca aide merci

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