samedi 6 avril 2013

HARDY, TESS D'UBERVILLE, RESUME





Tess d'Urberville, Publié en 1891 est l’avant-dernier roman de Hardy, suivi de Jude l'Obscur. Bien qu'on le considère à présent comme un grand classique de la littérature anglaise, le livre reçut des avis mitigés quand il parut pour la première fois, en partie parce qu'il remettait en question les mœurs sexuelles de l'époque de Hardy.




La première phase : Jeune fille (1 - 17)
1) Tess est l'aînée des filles de John et de Joan Durbeyfield, des paysans sans éducation (et plutôt paresseux). Un jour, John, un pauvre charretier, est sur le chemin du retour au village de Marlott (A 4 heures de Londres), quand il rencontre Parson Tringham qui s'adresse à lui en l'appelant « Monsieur John ». Lorsqu'il demande une explication, Tringham, un généalogiste amateur, l'informe qu'il est de sang noble; « Durbeyfield » est une distorsion de « d'Urberville », le nom d'une famille noble Normande, à présent éteinte. Bien que l'héritier potentiel ne veuille aucun mal, la nouvelle lui monte immédiatement à la tête. Il envoie un « petit » qu’il connaît bien à la Bonne Rasade, « Il faut fêter ça !».



2) Description du val de Blackmoor + légende du cerf blanc + Fête du 1er mai, le club des femmes, le seul ayant persisté, toutes en blanc. « L’idéal et le réel se heurtaient un peu. »
Entre-temps, Tess est sur le chemin des « fêtes de mai » au village quand elle voit son père lui rouler sur les pieds, en charrette, chantant quelque chose sur des ancêtres faits chevaliers dans des cercueils de plomb. Embarrassée, elle s'excuse pour lui et continue son chemin. A la fête, elle croise brièvement le plus jeune des fils du Révérend, Angel Clare, qui se promène avec ses deux frères. Il remarque l'adorable Tess, mais tout à son chagrin, il danse avec une autre fille.
« A cette époque de sa vie, Tess Durbeyfield n’était qu’émotion pure, dépourvue de toute expérience. »
3) Plus tard, à la maison, Tess entend sa mère vociférer sa chanson. Tristesse à la vue de son intérieur et culpabilise d’être allée danser dans sa robe blanche (lavée par sa mère) au lieu de l’aider. Mais sa mère ne lui fait aucun reproche, sa méthode, ajourner toujours la besogne. Tess apprend la raison du comportement étrange de son père quand on l'informe de la lignée noble de la famille. Son père est au bar, sa mère va le chercher, puis son frère, puis elle-même.
4) A l’auberge Rolliver, une chambre transformée en bar de nuit clandestin. Espérant trouver à Tess un riche époux, Joan décide de l'envoyer clamer sa parenté avec une famille riche, les Stoke d'Urbervilles, dans le village de Trantridge à côté. Son mari dit que sa fille est « bizarre », sa femme : « Elle est maniable, laissez-la moi. ». Cette nuit-là, Tess tombe endormie pendant qu'elle se rend au marché avec son frère Abraham, (elle lui raconte, entre autre, que les étoiles sont des mondes, l’univers comme un arbre avec des pommes, chaque pomme est une étoile et beaucoup sont tâchées, dont la leur.), son père étant trop saoul pour entreprendre le voyage lui-même, et le seul cheval de la famille, Prince, se retrouve sur le chemin d'un autre véhicule et en est tué. Ils l’enterrent tous en famille. « Son visage était sec et pâle, comme si elle se croyait une meurtrière ».
5) Quand Joan, plus tard, lui fait part de ses projets, Tess se sent si coupable qu'elle accepte de colporter le message insensé.
En réalité, l'aveugle Madame d'Urberville, n'est pas apparentée aux Durbeyfields, ou aux d'Urbervilles; son mari, Simon Stoke a simplement acheté le titre de baron et les actes notariés. Elle voit Alec sortir d’une tente, il n’est pas tel qu’elle s’y attendait.



Elle mange des fraises : « Elle possédait un don qui, en ce moment, lui était funeste. L’épanouissement même de sa beauté […] la faisait paraître plus femme qu’elle ne l’était et attirait les yeux d’Alec. » Héritage de sa mère.
« Si Tess avait deviné la portée de cette rencontre elle eût pu demander pourquoi la fatalité voulait qu’elle fût aperçue et convoitée ce jour-là par l’homme qui n’était pas fait pour elle… » « Dans l’exécution malhabile du plan habile et sage des choses, celui qui doit venir vient rarement à l’appel… »
6) Cependant, son libertin de fils, Alec d'Urberville, s'éprend de Tess et lui promet la charge de la basse-cour sur le domaine d'Urberville, par une lettre qui l’attend à son arrivée. Elle y va malgré elle, sans savoir pourquoi.
7) Ses frères et sa mère l’accompagnent jusqu’au bout de la route. Sa mère l’a faite belle. Une carriole l’attend, mais une belle voiture vient la chercher. Joan est très contente, elle voit tout de loin. Tess se méfie, elle aurait préféré la carriole. Dès qu’elle est invisible, ses frères et sœurs pleurent. Joan fait part de ses doutes à son mari, mais elle se console vite en se disant que sa fille se fera épouser grâce à sa figure, avant ou après, peu importe.
8) Alec conduit vite et commence immédiatement à lui faire des avances; bien qu'elle soit d'une certaine manière, flattée de ses attentions, elle lui résiste. Derrière elle, la pays de son enfance, verte vallée, devant, un pays grisâtre dont elle ne connaissait rien. Elle a peur en voiture depuis l’accident. Course effrénée, Tess s’accroche à son bras, montée, puis redescente. Alec réclame un baiser en échange d’un ralentissement. Elle l’esquive inconsciemment, Alec insiste, elle pleure. Il finit par lui donner le baiser du maître. Elle s’essuie inconsciemment. Alec est vexé et va pour descendre à toute vitesse la pente. Mais le chapeau de Tess s’envole, elle l’a fait exprès. Elle descend, ne remonte pas, mais Alec la suit au pas. Elle hésite à repartir, mais non !
9) Le lendemain, elle s’occupe des volatiles, dans une vieille chaumière. Elle montre certaines poules à Mme D’Urberville, aveugle. Elle a l’impression d’assister à une cérémonie de confirmation. Comme elle sait siffler, elle devra le faire pour faire chanter les bouvreuils, pour que Mme D’Urberville les entende. Elle s’y essaie l’après-midi même avec beaucoup de difficultés, Alec lui donne une leçon.
Les jours passent ainsi. Alec parvient à la « domestiquer ». Elle s’habitue à lui, moins timide, il est très habile. Mais jamais d’amour. Alec se cache quand elle siffle, mais il se ravise car Tess s’en rend compte.
10) A Tantridge, beaucoup de femmes légères, on y boit sec. Tess va de plus en plus  souvent au cabaret. Un mois ou deux après, en septembre, un samedi, une foire et un marché. Tess arrive plus tard que tout le monde. Ils sont partis à une fête dans la ferme d’un lieur de foin. Elle rencontre Alec, il lui dit qu’il la reverra. Elle trouve la remise, ils dansent tous dans la tourbe et la poussière, apparence de satyres enlaçant des nymphes (Pan et Syrinx). Elle les attend, elle a peur de l’inconnu, il est + de 9 h. D’Urberville lui propose son aide (2e tentation) mais elle refuse : « Petite sotte ».
Ses amis décident enfin de rentrer, sont saouls mais en osmose avec la nature. La reine de pique a de la mélasse dans le dos, rires de tous puis de Tess : « Ce fut un malheur sous plus d’un rapport ». Car Darch est jalouse, comme la reine de carreau. Les femmes s’opposent à Tess, les hommes tentent de calmer le jeu, mais c’est encore pire ! Quand Alec arrive et lui offre de la sauver de la situation, elle accepte, un peu aussi par vanité. « de la poêle à frire dans le feu » dit le père de Care. Et harmonie finale de la nature = osmose.



11) Elle lui avoue qu’elle ne l’aime pas. Un faible brouillard lumineux les enveloppe, la nature s’en mêle. Il ne la reconduit pas chez elle cependant, mais roule au hasard à travers le brouillard jusqu'à atteindre un ancien bois appelé "The Chase". Elle ne se rend compte de rien et s’endort. Alec manque de tomber en tentant de l’empêcher de tomber, parce qu’elle le repousse. Sous prétexte d’aller chercher leur chemin (il dit qu’il s’est perdu), il l’installe dans des feuilles, près du cheval. Avant il lui dit qu’il a fait envoyer des jouets à ses frères et un nouveau bidet à son père. Quand il revient, obscurité profonde. Il tente d'abuser d'elle et la viole. Voix du narrateur : peut-être est-ce pour punir ses ancêtres à travers elle qui ont fait subir le même sort à de pauvres paysannes… rien ne sera plus comme avant ! »



Deuxième phase : Femme
12) 4 mois après, (elle est arrivée en juin), après quelques semaines de badinage confus avec Alec, Tess commence à le mépriser. Contre ses volontés à lui, elle revient un dimanche matin de la fin octobre. 9 semaines après la virée nocturne. A l’aube, ou juste avant l’aube. Elle part, Alec la poursuit (il passe son temps à la poursuivre !). Elle rencontre l’espèce de fou : « Ta damnation ne sommeille pas » + « Tu ne commettras pas … »
13) Au cottage paternel, elle garde presque continuellement la chambre. Médisances de tous. Elle va se promener seule la nuit dans les bois et s’y sent bien. Août, beauté du soleil, personnification qui explique ses cultes ancestraux ; Il illumine la moissonneuse qui forme une croix de Malte, isotopie du feu.
Moisson : de moins en moins de blé, les animaux sont pris au piège, seront exterminés.
Un groupe de femmes, Tess et son bébé. Le narrateur explique comment elle en était venue à la décision de travailler. Elle aurait été seule sur une île déserte, elle aurait très bien accepté la situation.
Mais son bébé tombe malade, et il n’est pas baptisé. Son père est ivre et ressent plus que de coutume la honte de la conduite de Tess. Il ferme la porte à clef, elle ne pourra pas aller chercher le pasteur, car le père ne veut pas qu’il se mêle de leurs affaires.
A une heure du matin, elle imagine que son bébé va aller en enfer, et subir les pires tortures. Elle le baptise elle-même et le nomme Chagrin. Il meurt le lendemain. Le pasteur refuse son enterrement chrétien. Le bébé aura vécu une semaine.
15) Elle songe beaucoup, aux dates anniversaires, aux sombres évènements de sa vie et à celle de sa mort. Mais elle sait qu’elle peut espérer être heureuse. Elle s’en va donc au printemps, début mai, décidée par la lettre d’une ancienne amie de sa mère. On cherche quelqu’un d’expérimenté à la laiterie de Talbothays, et en plus c’est près du tombeau des D’Urberville.



Troisième phase : Le Réveil de la vie
Plus de deux années ont passé depuis la débâcle de Trantridge et Tess, à présent âgée de 20 ans, est prête à un nouveau départ. Elle cherche de l'emploi en dehors du village, où personne ne sait rien de son passé, et assure un travail de laitière à la laiterie de Talbothays, dans une vallée fertile, à quelques miles de là. Là, elle devient amie avec trois de ses collègues laitières, Izz, Retty et Marian, et elle retrouve Angel Clare, qui est maintenant en apprentissage à la ferme et qui est venu à Talbothays pour y apprendre la gestion laitière. Bien que les trois autres laitières soient folles amoureuses de lui, Angel ne voit bientôt plus que Tess parmi elles et, peu à peu, ils tombent amoureux l'un de l'autre.
16) Deux ou trois ans après son retour de Tantridge, en mai, direction opposée, regard de regret sur Marlott, en arrière. Un jour de voyage, va à Kingbere (os de ses ancêtres) puis comparaison de cette région (élevage pour lait en masse) et son pays moins riant et moins prospère.
Elle se sent gaie et chante. Elle arrive sur les pentes d’Egdon, c’est l’heure de la traite des vaches, positionnées en cercle.
17) Arrivée dans laiterie, plus de 100 vaches. M. Crick la prend de suite. Elle commence la traite aussitôt. Ils chantent pour que les vaches donnent plus. Le fermier raconte l’anecdote de l’homme, du taureau et du violon. Il la raconte à un homme qu’il appelle monsieur, que Tess entend mais ne peut pas voir (Dramatisation du récit). Elle reconnaît l’étranger de Marlott.
Elle dort au-dessus de la laiterie avec Retty, Marianne et Izz. L’une d’elle lui apprend qu’il s’appelle Angel Clare, il apprend à traire et joue de la harpe. Fils d’un pasteur, il apprend toutes les branches de fermier. M. Clare, son père, est le plus fervent pasteur du Wessex.
18) Description d’Angel, puis avec son père, 3 ans avant : il ne peut plus entrer dans les ordres. Études décousues, aventure à Londres avec femme plus âgée.
Il décide donc d’apprendre la culture, moyen de subvenir à ses besoins et de conserver sa liberté intellectuelle.
Va donc à Talbothays. A l’écart au début, car plain de préjugés. Puis de plus en plus avec eux, se rend compte que ce sont des hommes différents, ils ne sont pas tous pareils.
Au début il ne remarque pas Tess. Mais un jour qu’il lit et entend dans sa tête la musique d’une partition, il entend sa voix cristalline. Elle parle de la possibilité de détacher son âme de son corps, en fixant une étoile. Il la choisit pour étudier la gente féminine qui l’entourait.
19) Il choisit les vaches pour qu’elle puisse traire celles qu’elle préfère, ni vu ni connu.
Un soir d’été de juin, Angel joue de la harpe. Dialogue, ils ont tous deux des craintes même s’ils ne se comprennent pas vraiment. Elle se trouve stupide et niaise après coup et pour se rattraper, pense lui avouer ses nobles origines. Mais le fermier lui apprend « qu’il ne peut digérer les vieilles familles. »
20) Printemps. Ils s’étudient inconsciemment. Elle est heureuse. Ils sont irrémédiablement attirés l’un envers l’autre.
C’est Tess qui réveille tout le monde chaque jour à 3 h du matin. Sont souvent seuls un petit moment. A l’aube, transfiguration de Tess dans les champs, quand vont chercher les vaches : description en décalage : Tes = déesse.
21) Le beurre ne se fait pas : grand émoi ! C’est déjà arrivé, parce que Jack Dollop s’était caché dans la baratte pour échapper à la mère de celle qu’il a séduite et engrossée. Tess se trouve mal et sort. Elle erre seule le soir et voit de la laideur dans le soleil.
Elle va se coucher plus tôt et entend la conversation de ses trois compagnes de chambre. Clare n’épousera jamais une paysanne. Tristesse générale et monologue narrativisé de Tess avant de s’endormir.
22) Le lendemain matin, le beurre a un arrière-goût, ce sont des microscopiques gousses d’ail dans un champ, ligne formée par tous + recherche minutieuse. On en découvre à peine une douzaine !
Mais le fermier dit à Tess de se reposer (suite de son malaise). Clare la suit. Elle tente de louer Izz et Retty et décide de l’éviter dorénavant le plus possible.
23) Chaleurs de juillet. Un dimanche matin. Elle est là depuis deux mois. Première excursion, à l’église avec Izz, Marianne et Retty, à 5 ou 6 kms. Clare les aide à passer un chemin inondé après un déluge.
Réflexions des filles, elles sont résignées, Clare va se marier. Tess se dit alors qu’il ne l’épousera jamais et qu’elle le mérite encore moins que les autres.



24) Importance du cadre : « Dans cette grasse vallée de la Froom […] il était impossible que le plus simple caprice d’amour ne devînt passion. » Thermidor (Du 18 juillet au 18 août), ardeurs éthiopiennes. Il fait tellement chaud que l’on trait les vaches dans les champs pour qu’elles soient à l’ombre. Tess est en train d’en traire une, admiration de Clare, la compare à un camée, la bouche surtout. Il court vers elle et la serre dans ses bras. Elle se blottit. Il lui dit qu’il est tout à elle. Elle pleure. Il s’excuse de son empressement.
Un voile dissipé, le chemin de leur avenir allait avoir un nouvel horizon.



Quatrième phase : La Conséquence (25-29)
25) Le même jour, réflexions de Care : Lui qui pensait « observer » cet autre monde ! Il décide de passer quelques jours loin de la laiterie pour visiter sa famille à Emminster. Il y trouve ses parents en train de déjeuner avec ses frères, le Révérend Felix, un curé de campagne, et le Révérend Cuthbert, le doyen d'un collège à Cambridge. Felix et Cuthbert notent tristement les manières plus grossières d'Angel, tandis qu'Angel se met en tête que leurs situations confortables les ont rendus sérieux et étroits d'esprit. Il se sent un étranger chez lui. Ses parents ont donné le boudin et l’hydromel. Angel se dit qu’il avait vu la vie, non faussée ou viciée par les croyances.
26) En suivant les Vêpres, Angel discute avec son père de ses projets de mariage. Les Clares ont longtemps espéré qu'Angel épouserait Mercy Chant, une pieuse institutrice de leur village, mais Angel avance pour argument (Qu’il considère si spécieux après coup) qu'une femme qui comprend la vie de la ferme serait un choix plus pratique. Il parle de Tess à ses parents, dit qu’elle est chaste et pieuse comme une vestale, qu’elle déborde de poésie réalisée, et ils acceptent de la rencontrer. Son père ajoute qu'il donnera à Angel l'argent économisé pour son éducation au collège afin d'acheter des terres. Avant qu'Angel ne parte, le Révérend Clare lui parle de ses efforts pour convertir la population locale, et mentionne son échec à dompter un jeune mécréant nommé Alec d'Urberville. Angel admire l’abnégation de son père et son indifférence de l’argent, et pour cette raison se sent proche de lui.
27) Angel retourne à la laiterie de Talbothays où il fait très chaud, et très humide, cela endort tout. Il arrive d’ailleurs pendant la sieste et surprend Tess juste à son lever et il lui demande de l'épouser pendant l’écrémage. Cela plonge Tess dans un dilemme douloureux, d’autant qu’il lui parle d’Alec et de son père, sans savoir. Elle refuse donc.
28) Il est clair qu'Angel croit qu'elle est vierge et elle ne veut pas le décevoir, elle rechigne à se confesser de peur de perdre son amour et son admiration.
29) M. Crick raconte l’histoire de jack Dollop qui a fini par épouser une riche rentière, qui a perdu ses rentes en se mariant. Il a été bien attrapé ! Elle se demande donc si elle fait bien de se taire. Angel lui fait une cour obstinée jusque fin septembre. Il se propose d’amener le lait à la gare et insiste pour que Tess vienne avec lui.
30) Nuit et pluie, se blottissent l’un contre l’autre sous une toile. Il lui demande encore, elle lui promet une réponse au retour. Ils passent devant un ancien château des D’Urberville, Angel dit que c’est triste une famille qui s’éteint.
Le train est très important, il favorise les échanges et le commerce.
Angel décharge, instant magique où il voit Tess sous la pluie, plus le contact du progrès qui émeut Tess. Elle veut avouer, se ravise et finit par dévoiler ses nobles origines. Et elle finit par dire oui, prouvant qu’elle l’aime en l’embrassant.
Angel reconnaît enfin qu’il l’a déjà vue, elle lui dit qu’elle est de Marlott et c’est grâce à cela qu’il se souvient.
31) Comme le mariage approche, Tess se trouble de plus en plus. Elle écrit à sa mère en lui demandant conseil; Joan lui dit de garder le silence sur son passé (Plein de majuscules et une « écriture indécise et antique »). Comme elle avait demandé à la seule personne qui était en droit de la diriger, sa mère, elle se sent légère. Donc extase, elle déifie Angel et essaye d’oublier le passé.
On est en octobre, ils vont souvent se promener dans les bois, c’est un amour « naturel », normal à la campagne, qui ne choque pas les convenances. Description bucolique, bonheur simple, pastoral. Mais les angoisses la reprennent souvent.
Clare annonce leur mariage à M. Crick, tout le monde est là. La réaction des trois filles : il va épouser une fille de ferme ! Mais elles n’en veulent pas à Tess. Mais elle, elle s’en veut et décide de tout lui avouer.
32) Angel veut décider d’une date, elle, elle voudrait que ces fiançailles durent éternellement.
Début novembre, ironie des descriptions « merveilleuses », les moucherons scintillent !
Crick n’a plus besoin d’elle à la ferme. Angel insiste donc pour la date. Mais elle a si peur. Mme Crick dit qu’elle s’était toujours dit que Tess était d’une bonne famille. La date étant décidée, elle se laisse complètement aller.
Elle réécrit à sa mère, qui ne répond même pas.
Jugement négatif du narrateur sur la précipitation d’Angel = mimétisme de Tess qui prend ses manières et son langage.
Angel décide de séjourner à Wellbridge (Ironique)  pour apprendre techniques du moulin + dormir dans ancienne demeure des D’Urberville sa nuit de noces (Vanité !)
La date est le 31 décembre ! Mais Angel ne fait pas publier de bans, prend seulement une licence. Mauvais présage. Tess a peur d’être punie pour tant de bonheur. La robe qu’Angel lui a achetée arrive, mauvais pressentiment.
33) Veille de Noël, Angel veut une journée rien que pour eux avant le mariage, ils vont donc en ville en cabriolet. L’anxiété de Tess s'accroît quand un homme de Trantridge la reconnaît pendant qu'elle fait des achats avec Angel, et fait une remarque sur son histoire sexuelle. Angel comprend et entre dans une rage inaccoutumée. L’autre dit qu’il s’est trompé en étant sûr de son fait malgré tout. Angel lui donne une pièce. La nuit, Tess l’entend rêver de l’altercation. Tess se résout à ne plus le décevoir, et la nuit avant le mariage, elle écrit une lettre décrivant ce qui s'était passé avec d'Urberville et la glisse sous sa porte. Il la salue avec son affection habituelle le lendemain.
M. Crick a décoré la cheminée avec du damas jaune, air de fêtes. Mais aucun membre de leur famille n’est là. Pourtant Angel sait que Tess étant noble, il ne lui reste qu’à faire son éducation, pour la rendre présentable à ses parents. Cependant, le matin des noces, Tess découvre la lettre sous sa carpette et réalise qu'il ne l'a pas vue. Elle détruit alors la lettre. Veut « confesser toutes ses fautes », mais il lui réponde qu’en ce jour, il la veut parfaite ! Lui aussi a des fautes, ce qui la rassure.
Elle est aux anges, littéralement, elle lui voue un amour sans borne, Angel ignore à quel point.
Une douzaine de personnes à l’église, seulement trois sons de cloche à la sortie. Elle croit reconnaître le carrosse loué par Angel, ce serait celui des d’Urberville qui le voit quand ils ont été des meurtriers, lui explique Angel !!
Dans sa chambre, elle se demande si, même mariée à Angel, elle n’appartient pas davantage à Alec. Elle prie, mais ses prières s’adressent à Angel. Elle l’aime trop, d’une passion effrénée.
Font leurs adieux à M. et Mme Crick + Izz, Marianne et Retty. Tess demande à Angel de leur donné un baiser, mais ça leur fait plus de mal que de bien.
Chant du coq en plein après-midi : mauvais présage.
34) A Wellbridge, deux portraits de femme D’Urberville, Tess leur ressemble, ça lui fait peur. Angel regrette son choix.
Repas commun, pour la première fois seuls tous les deux. Angel l’observe et se rend compte qu’elle dépend entièrement de lui, se disant qu’il serait incapable de lui faire du mal.
Mais leurs bagages n’arrivent pas. Angel lui demande étourdiment si elle l’aime ! Elle pleure.
Un paquet : les bijoux et les diamants, héritage de la marraine d’Angel. Éclat ironique, mais elle les met, et Angel voit à quel point elle est belle. Ils dînent.
Enfin, Jonathan apporte leurs bagages. Retty a voulu se noyer, s’est saoulée avec Marianne, qu’on a retrouvée ivre-morte, elle qui ne buvait jamais ! Izz est abattue.
Décisif sur Tess, elle doit payer. Mais c’est lui qui commence ! Cela semble à Tess une intervention de la Providence. Il n’avait rien dit par peur de la perdre ! Il a eu les mêmes hésitations au même moment ! Il a eu une liaison deux jours avec une autre femme. Alors, elle lui avoue tout !



Cinquième phase : La femme paie
35) Ellipse de son récit. Pendant ce temps, changement du décor ! La révélation = l’Apocalypse (Comme l’Apocalypse pendant la cérémonie du mariage, page 242)
Pas de pardon possible + rire diabolique. Angel étouffe son amour, mais on peut déjà percevoir qu’il l’aimera à nouveau. Mais Tess ne s’en rend pas compte. Il sort dans la nuit, elle le suit, ils marchent très longtemps. Elle propose de se tuer. Il lui dit que c’est ridicule et l’envoie se coucher. Il avait mis du gui au-dessus de son lit ! Il dort sur le canapé. Il voit dans le portrait comme si la femme s’était vengée des hommes à travers Tess. Mais il a tort et « raisonnait à faux ».
36) Le lendemain, à l’aube, atmosphère glauque. Il est froid. Elle lui propose le divorce, mais impossible. Elle lui avoue qu’elle a pensé se pendre avec la corde de sa malle sous le gui, mais elle a craint le scandale pour lui.
Mais il ne peut vivre avec elle, Ales est son vrai mari. Il ajoute que s’il était mort, ce serait différent. Et a –t- elle pensé aux enfants ? Tous les espoirs de Tess s’écroulent. Elle lui propose donc de retourner chez ses parents. Il accepte aussitôt.
37) Minuit, le soir même, somnambulisme d’Angel. Il la croit morte, la porte dans ses bras (Idem que quand il l’aide à franchir le chemin inondé). Il l’embrasse, va à la rivière, pour la noyer ? Non, il va près du chœur en ruine d’une église et la dépose dans le sarcophage vide d’un abbé. Elle le persuade doucement de retourner se coucher.
Le lendemain matin, il ne se souvient de rien. Tess comprend qu’il l’aime encore, mais inconsciemment et ne lui dit rien.
Ils repassent chez M. et Mme Crick. Ils revoient tous les symboles de leur amour, mais est gris et morose. Matianne et Retty sont parties. Mme Crick se doute de quelque chose et trouve Tess étrange.
Ils repartent et se séparent au croisement. La résignation de Tess ne l’aide pas. Si elle avait réagi, il aurait cédé.
Il la regarde s’éloigner, espérant qu’elle se retourne. Il l’aime encore sans le savoir (C’est très triste !)
38) A Marlott, le garde-barrière lui donne des nouvelles d’elle-même et de sa famille.
Elle dit tout à sa mère, en sanglotant. « Petite bête ! » dit sa mère, qui, pourtant, accepte tout, comme d’habitude.
Joanne dit tout à son mari qui va jusqu’à se demander si sa fille est réellement mariée ou si ce n’est pas comme avec l’autre. Tess entend tout, elle ne reste donc que quelques jours. Elle reçoit une lettre de Clare, il est allé dans le nord de l’Angleterre. Elle prend le prétexte d’aller le rejoindre. Elle donne la moitié de l’argent qu’Angel lui a donné à ses parents.
39) Trois semaines après son mariage, Angel va voir ses parents. Il a beaucoup changé, et a décidé de partir pour le Brésil. Les questions de sa mère à propos de Tess sont emplies d’ironie, car elles s’appuient sur tout ce qu’Angel a dit de sa femme de gentil. Ils lisent, avant de commencer à manger, le proverbe à la louange de la femme vertueuse.
Sa mère devine, mais il lui ment. Le narrateur le juge sans vergogne, il est esclave de ses préjugés.
40) Il va en ville, le lendemain et rencontre Mercy Chant, très mystique. Il est diabolique avec elle. Il dépose les bijoux à la banque et de l’argent pour Tess si elle le réclame. (Qu’il est bête !) Avant de partir, il doit retourner à Wellbridge. Il se souvient des moments heureux de ces trois jours. Il doute. Il rencontre Izz dans la maison.  Elle lui apprend que Marianne boit et que Retty est comme un fantôme. Elle, elle ne chante plus. Elle lui avoue son amour. Il lui propose de venir avec lui, en « concubinage ». Elle lui avoue qu’elle ne l’aime pas autant que Tess, qui aurait donné sa vie pour lui. Alors il se ravise, comprend à quel point Tess l’aime, mais ne change pas d’avis, car les faits n’ont pas changé, eux ! (Quel idiot !) Il part donc pour le Brésil, laissant une Marianne désespérée.
41) 8 mois après, octobre. Tess travaille dans une laiterie, à l’ouest du val de Blackmoor. Aux moissons, elle n’a plus d’argent, elle en a donné une grande partie à ses parents. Elle ne peut se résoudre à s’adresser au père d’Angel. Au Brésil, Angel contracte la fièvre et subit bien des privations. Tess rejoint Marianne dans une ferme aux terres faméliques et nommée « Lintcombe-Ash ». Le chemin est long et monotone. A la nuit tombante, elle rencontre le paysan aisé qu’Angel avait jeté à terre, nommé Groby. Il lui demande d’avouer qu’il avait dit vrai. Elle s’enfuit comme une perdrix apeurée telle un gibier, et se cache sous les feuilles, dans une plantation. « Tout est vanité », voire pire et elle veut mourir. Elle entend un bruit de chute, mais ne voit rien. A l’aube, des faisans morts ou agonisants, tués par des chasseurs sanguinaires, folie du carnage. Elle met fin à leur torture. Chapitre construit comme un apologue : A côté de telles souffrances, elle avait honte d’elle-même. Elle ne souffrait pas, n’était pas blessée ni mutilée. Elle avait deux mains pour se nourrir et se vêtir. « Consciente de sa condamnation par une loi sociale arbitraire, qui n’avait son fondement dans aucune loi naturelle. »
42) Elle aurait pu tout surmonter, l’opinion des gens… Mais son malheur, c’est de savoir que Clare le pense aussi. Sa beauté attire, même les jeunes gens. Elle a donc l’espoir qu’Angel lui revienne un jour. Mais elle ne veut plus prendre aucun risque, elle sort ses vielles fringues. « Quel masque ! », elle se couvre le visage et se coupe même les sourcils ! Mais sous le masque se cache un être palpitant qui a trop bien appris l’inanité des choses, la cruauté du désir brutal et la fragilité de l’amour. Le lendemain, elle cherche du travail sans succès. Le deuxième jour, elle arrive à Flintcomb-Ash et rettrouve Marianne. Sol ingrat, durs travaux. Elle lui demande de l’appeler Tess et ne répond qu’allusivement à ses questions. « C’est un endroit de meurt-de-faim. » (Marianne)



43) C’est un village dont le châtelain est absent donc misère. Marianne et Tess ramassent des navets = 2 Maries, même sous la pluie. Mais elles se souviennent de Talbothays et elles aperçoivent même la Froom d’où elles sont. « Ainsi, comme partout ces deux forces étaient à l’œuvre : la volonté de jouissance qui est en nous et la volonté contraire qui est dans les circonstances. » Marianne, c’est l’eau-de-vie. Puis elles nettoient les navets, mains gelées, malgré les gants. Mais Tess se dit que sa magnanimité fera revenir Angel. Un hiver particulièrement glacial, puis la neige. Elle va « tirer la paille ». Elles retrouvent Izz, à qui Marianne avait écrit de venir + reine de pique et de carreau, qui ne la reconnaissent pas. Symbole de l’enfer, d’autant que son patron = Groby ! Puis les deux reines s’en vont mais Tess reste pour en faire plus, Izz et Marianne restent donc avec elle. Izz critique Angel, Tess le défend. Mais elle titube, le fermier est sans pitié. Du coup, Izz et Marianne peuvent discuter, Izz lui raconte la proposition d’Angel ce qu’elle répète à Tess. Elle décide alors de lui écrire, mais elle doute et souffre.
44) Tess essaie de visiter la famille d'Angel au presbytère à Emminster. « Son pouvoir de renoncement était à bout. » 20 kms à pied (pas encore de train), donc elle part tôt un dimanche matin, 15 jours après. Izz et Marianne l’aident à se faire belle. Tess est ainsi faite qu’aucune femme ayant des sentiments ne parvient vraiment à être jalouse d’elle. C’est un an moins un jour, depuis le mariage. Elle veut le reconquérir en conquérant sa belle-mère. Elle admire le paysage, « sa beauté ne résidait pas dans la chose elle-même, mais dans ce que cette chose symbolisait. » Mais elle est de moins en moins sûre d’elle. Elle arrive à midi, enlève ses grosses chaussures et met ses bottines. Tout le monde est à l’église. Comme elle approche de sa destination, elle rencontre ses frères ainés et bégueules, ainsi que la femme que ses parents avaient espéré qu'il épouse, Mercy Chant. Ils ne la reconnaissent pas mais elle les entend discuter du mariage mal avisé d'Angel; honteuse, elle s'en retourne. Et c’est bien là son malheur. Car M. et Mme Clare auraient eu pitié d’elle, telle une brebis égarée. Mais il n’y a personne sur le chemin, une femme lui dit qu’ils sont tous dans une grange, un harangueur, excellent chrétien, qui raconte sa vie de débauche et son rachat. Elle reconnaît alors la voix d'Alec d'Urberville, qui a été converti au Christianisme par l'influence du révérend Clare.



Sixième phase : Le converti
45) Elle est terrassée et ne parvient pas à bouger. Il a changé physiquement « hideuse bizarrerie » (En français) et absurdité de ses propos puisqu’elle sait qui il est. Ironie du contraste et pourtant, il est sincère ! Il est transfiguré par la passion religieuse. Description naturaliste, physionomie et physiognomonie. Elle va pour partir, mais dès qu’elle bouge, il la reconnaît. Effet électrique ! Il est paralysé, plus qu’elle. Inversion de leur rapport. Tess est consciente de sa faute, et est la proie d’un désespoir sans espoir, le passé ne pourrait-il pas être du passé ? Mais il la rejoint ! Il veut réparer sa cruelle injure. Il lui raconte comment il est venu à sa conversion, et sa rencontre du pasteur Clare il y a deux ou trois ans. Mais Tess dit sa haine des gens comme luik qui font le mal et se croient le droit de s’assurer leur plaisir en se convertissant. Elle n’y croit pas, parce qu’un homme meilleur que lui n’y croit pas. Elle lui dit que sa conversion ne durera pas et le regarde en face. « Ne me regardez pas ainsi ! » N’est-ce pas ce qu’elle lui a déjà dit ?? Retournement. Sentiment qu’elle commettait le mal en se servant de son pouvoir de séduction. Alec lui dit combien sa beauté est dangereuse et lui demande de se voiler. Elle apprend que c’est lui et d’autres qui font écrire les lettres en peinture rouge. A côté d'un monument de pierre de mauvaise augure et appelé « the cross in hand », « si dépourvu de charme […] qu’il en atteignait une nouvelle sorte de beauté, négative et tragique. » Il la quitte, elle le bouleverse. Il s’étonne de son bon anglais. Elle l’a appris dans son malheur. Lequel ? L’enfant. Il la craint et lui fait jurer sur les reliques qu’elle ne le tentera jamais. Il s’éloigne en relisant la lettre de M. Clare qui lui dit son bonheur de sa conversion et son pardon. Elle demande à un passant ce que sont ces reliques et cette vielle pierre, mais ce n’est pas une ancienne croix, mais les os d’un malfaiteur torturé, tué et qui aurait vendu son âme au diable. Elle voit Izz avec un amoureux.
46) Plusieurs jours après, elle travaille à nettoyer les navets. Alec vient, il s’en veut, mais en veut aussi aux parents de Tess qui l’ont envoyée dans ses filets. Sa mère est morte et il lui propose de l’épouser. « Ne me regardez pas ainsi, je ne puis résister à vos regards. Certes, il n’y a jamais eu d’yeux pareils avant ou depuis le christianisme ! ». Elle lui dit qu’elle est mariée, il n’a donc aucun droit. Le fermier arrive, et elle se dit que si elle avait été libre, elle aurait pu l’épouser et envoyer paître cet imbécile ! Mais non : « Il me déplaît trop. » La nuit même, elle écrit à Angel, implicitement, elle le supplie et montre une crainte terrible. Mais elle ne l’envoie pas et ne dit pas tout, se souvenant d’Izz. C’est bientôt la fin de son engagement à la ferme. A la chandeleur, le 2 février, Alec revient : « Cet habile homme (Angel) ne se doutait guère, en lui disant ces choses, qu’il me préparait peut-être la route pour revenir à elle. »
47) Elle travaille sur la meule puis sur « le rouge » tyran », la batteuse et son mécanicien, esclave de son maître Pluton. Tess est sur la plate-forme, elle délie les bottes pour que le mécanicien alimente la machine, donc aucune trêve, pas comme les autres. Alec l’observe, Tess ne le voit pas. Mais quand elle l’apprend, elle prend se pause sur la plate-forme, malgré le vent. Mais il monte ! En fait, ils se tourmentent l’un l’autre. Il lui reproche de lui avoir fait perdre la foi, elle s’est donc bien vengée, un chrétien dont elle a provoqué la perdition. Il ne peut avoir, comme Angel, une éthique sans aucun dogme. Il ne va pas se sentir responsable de ses actes s’il n’y a personne à qui il doive en répondre. (Voltaire). Vous avez chassé la foi de mon âme, que le mal retombe sur votre charmante tête. Il lui propose de venir avec lui, elle lui jette son gant au visage et le blesse à la bouche. Puis elle lui dit : « maintenant, tuez-moi.  Une fois victime, toujours victime … c’est la loi ! » Mais il se maîtrise et lui jure qu’il sera à nouveau son maître, car elle est sa femme. Il s’en va et elle reprend son travail.
48) Mars, travaille jusque tard dans la nuit. Alec est revenu et la regarde, il lui envoie même un baiser. Beaucoup attendent le final, la chasse aux rats ! Mais Tess ne veut pas arrêter, car elle devrait alors quitter la ferme et elle est terrorisée par Alec. Il la raccompagne pourtant jusqu’où elle vit, puis la laisse tranquille. Elle écrit à Angel, « Revenez avant que quelque chose de terrible n’arrive. » « Le passé a toujours été pour moi une chose morte. Je me sens tellement sans défense, à cause de ma première faute. » Comme un monologue intérieur, tragique et déchirant, on pénètre au plus profond de son âme et de son désespoir. « Sauvez-moi de ce qui me menace. »



49) Elle envoie sa lettre au presbytère. Les parents d’Angel doutent d’eux-mêmes et de leurs choix. Ils envoient la lettre au Brésil. Angel vit un complet bouleversement dans sa façon de penser. Il ne croit plus en ses anciennes valeurs morales. La beauté ou la laideur d’un caractère n’est pas seulement dans les actions accomplies, mais dans les aspirations et les désirs. Il faut voir non ce qu’on fait, mais ce qu’on a voulu faire. Donc renouveau de tendresse envers Tess. Pendant son voyage, il se confie à un anglais qui lui montre ses torts. D’un esprit libéral, l’homme meurt à la fin de la même semaine. Ses paroles deviennent solennelles et Angel se rend compte de son erreur. Le paganisme n’a cure de la virginité perdue. Il fut accusateur de Tess, il devint son avocat.
Mais la mère de Tess est malade, elle rompt son contrat et retourne à Marlott.
50) Long chemin, elle repasse même devant le champ de l’incipit. Elle travaille au champ pour ses parents, Alec l’a suivie jusque là ! « Vous êtes Eve et je suis l’Autre ! » Mais elle refuse encore son aide. (Parallèle : quand Angel lui fait sa cour) Mais c’est son père qui meurt, donc sont chassés, comme les pauvres gens d’autrefois chassés par les d’Urberville.
51) La bonne Dame d’avril, beaucoup de gens changent de ferme, et beaucoup ont été obligés d’aller en ville. Tess s’en veut, si elle n’était pas revenue, sa famille n’aurait pas été chassée, à cause de sa mauvaise réputation. Alec arrive et lui raconte la légende du carrosse des d’Urberville (380). Puis il l’invite à venir à Tantridge. Elle le rejette brutalement et en veut à Angel. Elle lui écrit une courte lettre, vous avez été injuste, je ne vous pardonnerai jamais. Dernière nuit avant le départ, les enfants chantent, la mort seule nous délivrera, et encore, Tess n’en est pas sûre !
52) Première semaine d’avril, tout le monde part, le 6 avril, Joan veut aller sur la terre de ses ancêtres, à Kingsbere. Mais les chambres qu’elle avait réservées sont louées. Ils en cherchent d’autres, sans succès. Le conducteur décharge tous les meubles près du cimetière, près du tombeau des d’Urbervielle. Alec cherche Tess. Elle est allée voir les tombes, se rend compte du saccage, mais ça bouge ! C’est Alec qui lui assure qu’il peut faire bien plus pour elle que ses ancêtres. Parallèlement, Izz et Marianne écrivent à Angel : Tess est en danger.



Septième phase : l'Accomplissement
53) Clare revient à Emminster. Métamorphosé, amaigri, malade. Il a reçu la première lettre de Tess très en retard, et la seconde l’attend chez ses parents. Mais il n’ose pas se présenter à elle quand il l’a lue, il écrit donc à Marlott. Joan lui répond la même semaine qu’elle ne veut pas lui dire où est Tess pour l’instant. Il relit la lettre de Tess et décide enfin de la retrouver. Juste avant de partir il reçoit le mot d’Izz et Marianne.
54) Il va à Flintcomb-Ash, puis à Marlott. Découvre tous les sacrifices de Tess, la mort de son père, le pasteur lui dit que John aurait préféré être enterré sur la terre de ses ancêtres, il y va donc. Joan, maintenant bien habillée et vivant dans un cottage agréable, finit par lui dire que Tess est à Sandbourne, une station balnéaire à la mode.
55) Ville féérique. Les quartiers extérieurs rappellent la préhistoire, lieux séculaires, ancien monde en opposition avec le nouveau monde. Là, il se lance à la poursuite de Tess jusqu'à une pension de famille appelée « Les hérons », où elle vit sous le nom de « Mme d'Urberville ». Il la demande, elle descend les escaliers, le foudroyant sur place par son élégante tenue, et demeure à distance. Il lui demande tendrement pardon. Tess, au supplice, lui dit qu'il arrive trop tard, que pensant qu'il ne reviendrait jamais, elle avait finalement cédé à la persuasion d'Alec d'Urberville et était devenue sa maîtresse. Elle demande gentiment à Angel de partir et de ne jamais revenir.
56) Il part, et Tess s'en retourne à ses appartements où elle tombe à genoux et commence à pleurer. Quand Alec lui demande ce qu'il y a qui ne va pas, elle lui parle de la visite d'Angel et se plaint que maintenant elle l'a perdu pour toujours parce qu'elle a cru ses mensonges - que son mari ne lui reviendrait jamais. « Je l’ai perdu encore à cause de vous ! »La femme de chambre, Mrs Brooks, entend Tess à travers la serrure mais se retire à la hâte quand Alec se met à parler avec colère et que Tess lui répond en bondissant sur ses pieds. Plus tard, elle voit Tess quitter la maison et remarque alors une tache rouge qui se répand sur le plancher, ressemblant à une tache de sang. Elle demande de l'aide et on retrouve bientôt Alec poignardé à mort en plein cœur sur son lit.
57) Angel est retourné à son hôtel, où l’attend une lettre de sa mère. Son frère se marie avec Mercy. Il va à la gare il veut partir de cette ville où il a tant souffert. Son train est dans une heure, alors il va à pied à la gare suivante. Mais sur la route, il se retourne, étrangement attiré. Tess le suit et court après lui. Elle lui dit qu'elle vient de tuer Alec, elle savait qu’elle en serait capable lorsqu’elle l’a frappé de son gant. Elle avait compris que c’était la seule façon de le regagner. Quelle aberration, se dit-il, était-ce le sang des d’Urberville, et sa folle passion ? Mais il la protègera. D'abord, Angel ne la croit pas, mais lui accorde son pardon - comme il est dans un tel état de fièvre - et lui dit qu'il l'aime. Ils marchent, ne fuient pas, ils sont ensemble, c’est tout. Plutôt que de se diriger vers la côte, ils s'enfoncent à l'intérieur des terres, projetant vaguement de se cacher quelque part jusqu'à ce que les recherches aient cessé et qu'ils puissent s'échapper à l'étranger par la mer. Ils trouvent un hôtel vide, le manoir de Bramshurst.
58) Ils y restent pendant cinq jours, bienheureux. Tess ne veut pas partir, ce qui doit arriver, arrivera. Tout est tourment dehors, ici, tout est bonheur. Ils restent encore un jour, jusqu'à ce que leur présence soit découverte par la femme de chambre. Elle ne dit rien, ils sont si beaux ! A l’aube, Angel sent sa venue. Ils partent sur le champ et arrivent ce soir-là à Stonehenge. Tess s'allonge sur un ancien autel, encore chaud du soleil de la journée. Avant qu'elle ne tombe endormie, elle demande à Angel de s'occuper de sa plus jeune sœur, Liza Lu, disant qu'elle espère qu'Angel l'épousera après sa mort, ce qui ne saurait tarder. Angel ne peut lui affirmer qu’ils se retrouveront dans la mort. A l'aube, Angel voit qu'ils sont entourés, les policiers s'avancent de tous les côtés. Il se rend compte finalement que Tess a réellement commis un meurtre, et demande aux hommes dans un murmure de la laisser s'éveiller naturellement avant de l'arrêter. Quand elle ouvre les yeux, éveillée par un rayon de soleil et voit la police, elle dit à Angel qu'elle est heureuse parce que « je ne vivrai pas assez pour que vous me méprisiez ». « Je suis prête » dit-elle tranquillement aux hommes.



59) A Wintoncester, capitale du Wessex, en juillet. Deux personnes montent une pente. Il est 8 heures. Angel et Liza-Lu regardent d'une colline toute proche le drapeau noir signalant l'exécution de Tess se hisser sur la prison. Justice était faite. Ils joignent alors les mains et s'en vont.



FIN

Nathalie LECLERCQ

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