mardi 16 avril 2013

HUGO, HERNANI, RESUME




Préface

Écrite en 1829

La mort et la publication posthume d’un jeune poète pâle donnèrent l’occasion à Hugo de parler de la nouvelle poésie en faisant appel aux ardeurs de la jeunesse. Référence significative, quoique discrète, au public comme « peuple » et surtout à l’insistance sur l’idée de « liberté » (leitmotiv du texte) qui est au centre de la thèse générale: « La liberté littéraire est  fille de la liberté politique. » Exposée à ce moment là, elle situait fermement Hernani dans le mouvement historique de la fin de la Restauration.

« Le Romantisme n’est que le libéralisme en littérature. »

« Or, après tant de grandes choses que nos pères ont faites et que nous avons vues, nous voilà sortis de la vieille forme sociale; comment ne sortirions-nous pas de la vieille forme poétique? A peuple nouveau, art nouveau. »

« Cette voix haute et puissante du peuple, qui ressemble à celle de Dieu, veut désormais que la poésie ait la même devise que la politique: TOLERANCE ET LIBERTE. »

Acte I

Titre: Le roi

A Sarragosse, une chambre à coucher, la nuit, une lampe sur une table
Décor très succinct, en comparaison à la multitude de détails de RB
Symbolique de la chambre, lieu de l’amour.


Scène 1

Doña Josefa seule, prépare la chambre, entend frapper, croit que c’est Hernani, ouvre, et laisse entrer don Carlos, caché sous son manteau.
Effroi de Josefa, mais don Carlos la fait taire et lui demande s’il est bien chez doña Sol, fiancée au vieux duc de Pastrana, son oncle, un bon seigneur, caduc, vénérable et jaloux. Il sait que la belle reçoit tous les soirs un cavalier sans barbe à la barbe du vieux.

Josefa acquiesce, il lui demande de le cacher et face à son refus, lui dit de choisir entre la bourse ou le poignard, elle prend la bourse.
Elle lui demande s’il est le diable, il dit oui.
Elle le cache dans l’armoire.
Sol arrive, Josefa est inquiète, mais se dit qu’Hernani saura la défendre, qu’il est armé. En pesant la bourse, elle se dit aussi que ce n’est pas un voleur.

Caractère intéressé de la servante, scène d’exposition originale, qui expose certains faits, mais qui ne dit pas tout.
Rôle de la nuit, mystère, mais déjà inquiétude: Carlos ne veut pas que du bien aux deux amants, nous sommes déjà mal disposés à son égard.
Double de Salluste: le diable, la menace, le chantage, le déguisement…

Scène 2

Mais Sol craint quelque malheur, Hernani n’est pas encore arrivé. Mais il arrive, elle demande à Josefa d’aller lui ouvrir promptement.

Hernani est vêtu d’un grand manteau et dessous un costume de montagnard d’Aragon, gris, cuirasse de cuir, une épée, un poignard et un cor à sa ceinture.

Bonheur des retrouvailles.
Hernani: « J’ai tant besoin de vous pour oublier les autres! »
Il l’aime tant, il se plaint de n’avoir qu’une heure:
« Ange! Une heure avec vous! Une heure, en vérité,
A qui voudrait la vie, et puis l’éternité! » (il va l’avoir dans la mort: prémonitoire!)

Josefa tente de le prévenir, sans succès.

Hernani est trop occupé à expliquer à Sol combien il est jaloux du duc, cet amant, ce mari, ce jaloux.
Il s’insurge contre ce vieillard, si près de mourir, qui épouse la jeunesse.
Mais le roi le veut!

Hernani déteste le roi, car son père est mort sur l’échafaud à cause du sien.
Et sa haine est encore toute neuve, et tout enfant il fit le serment de venger mon père sur son fils.

« Carlos, roi des Castilles, c’est donc toi qui veux cet hymen: Tant mieux. Je te cherchais, tu viens dans mon chemin. »
Puis il lui dit que son oncle, à défaut de jeunesse, peut lui apporter la richesse et la gloire du rang. Lui, il est pauvre. Il faut choisir: l’épouser ou le suivre.

Sol: « Je vous suivrai. »

H: Parmi ma bande de bandits, ces rudes montagnards? Il a grandi parmi eux, et il est leur chef à présent, 3000 prêts à venir à son appel du cor (comme Roland et Charlemagne!!). Une vie difficile et rude l’attend, à la belle étoile,
« Etre errante avec moi, proscrite, et s’il le faut
Me suivre où je suivrai mon père, - à l’échafaud. »

Sol: « Je vous suivrai » (deuxième fois, force du serment, futur catégorique: proleptique, pathétique et tragique)

H: Le duc peut tout, il vous offre tout avec sa main… mais Sol l’interrompt: « Nous partirons demain. N’allez pas blâmer mon audace, êtes-vous mon démon ou mon ange? Je ne sais, mais je suis votre esclave. J’ai besoin de vous voir et de vous voir encore et de vous voir toujours. Je meurs quand vous êtes loin, je vis quand vous êtes là. »

Mais Hernani veut lui dire son vrai nom (c’est un banni) avant qu’elle ne se décide définitivement, mais Carlos sort de sa cachette, ouvrant avec fracas la porte de l’armoire:

Comique:
« Quand aurez-vous fini de conter votre histoire?
Croyez-vous donc qu’on soit à l’aise en cette armoire? »

Jeu de rimes original et comique de situation: un roi dans une armoire, scène de vaudeville!

H sort son épée, Sol crie au secours, mais H lui dit qu’en cas de besoin, elle ne doit appeler que lui et elle va réveiller les yeux jaloux (ce qui va d’ailleurs arriver).

Carlos parler franc et railleur: « que faisiez-vous là: A ce qu’il paraît, je ne chevauchais pas dans la forêt!
Mais je suis là depuis plusieurs soirs à guetter cette femme que j’aime et je voulais voir qui la rejoignait à ma place chaque soir. Allons, partageons-la, elle a assez d’amour pour deux. »

Beaucoup d’humour et de jeux de mots dans cette scène.
« J’étouffais dans cette armoire et chiffonnais ma veste à la française. »
« Ma dague aussi n’est pas à l’aise et veut sortir. »

Carlos lui demande son nom, H répond qu’il le garde secret pour un autre « qui doit un jour sentir, sous mon genou vainqueur/ Mon nom à son oreille, et ma dague à son cœur! »
Carlos: Alors, quel est le nom de l’autre?
Mais Hernani refuse de répondre, ils se battent, Sol tombe tremblante sur un fauteuil, mais on frappe à la porte. C’est le duc (vaudevilesque, avec l’armoire et le reste : voir quand sont parus les premiers vaudevilles, consécration du genre avec Labiche, en 1850)

Partie de scène au rythme très rapide, stichomythies et vers saccadés mettent en valeur l’angoisse et la panique à bord. Mais Carlos garde son sang froid et ordonne à Josefa d’ouvrir la porte.
Hernani voulait qu’ils se cachent tous deux dans l’armoire.



Scène troisième
Don Ruy Gomez de Silva, en noir, barbes et cheveux blancs.

Il s’en prend aux deux jeunes hommes et regrette ce temps passé où les jeunes respectaient les vieux. Le Cid (?) méprisaient ces félons qui volaient l’honneur des femmes par derrière leurs maris. « Ne suis-je qu’un vieux dont les jeunes vont rire? »
« Vous avez tout, la jeunesse et la joie, mais l’ennui vous guette, il vous faut un hochet, vous prenez un vieillard. »
« Je dois épouser cette femme et la veut sans tâche. Prenez ma toison d’or, foulez-la au pied! Vous m’avez souillé. »

Hernani et Sol essaient de parler, mais il leur coupe la parole.

Carlos se découvre et dit qu’il sait la mort de Maximilien, empereur d’Allemagne (voir note page 233), chacun marque sa surprise en voyant qu’il est le roi. Il prétend être venu lui demander conseil (son aïeul étant mort, étant fils de son fils, il peut succéder à son grand-père). Il a contre lui un duc de Saxe et François 1er, mais il a deux avantages, l’empereur était son grand-père et il est né à Gand, ville annexée à l’Empire par Maximilien 1er. Les électeurs d’empire vont se rassembler pour élire le nouvel empereur.
Don Ruy Gomez fait l’éloge de cet empereur mort qu‘il a rencontré jadis (dire s’il est vieux!).
Carlos se demande si François 1er a ses chances. C’est un étranger…
Gomez: la dernière campagne a fait monter bien haut François 1er.
Donc il part en Flandre.
Mais Gomez lui rappelle que les bandits sévissent à Aragon.
Carlos a donné ordre au duc d’Arcos de les exterminer.
Gomez: « et leur chef? »
Carlos ne connaît pas son nom mais il sait qu’il se cache en Galice, Gomez dit qu’on le dit près d’ici, mais le roi ne veut pas le croire et dit à Gomez qu’il va le loger. Gomez est honoré…
Le roi épie les deux autres, Sol s’est rapproché d’Hernani, inquiète, et Hernani fixe le roi d’un regard étincelant. Tout bas, Sol lui donne rendez-vous sous sa fenêtre, à minuit. Il devra frapper des mains trois fois. Carlos a tout entendu. Mais il répugne aux trahisons et laisse partir Hernani. En disant qu’il est de sa suite.



Scène quatrième

Hernani, seul: « Je te suis partout, Ma race en moi poursuit en toi ta race! »
« Et puis te voilà mon rival. »
« En l’aimant j’avais tendance à t’oublier, mais maintenant mon amour fait tout pencher vers la haine. Ah oui, je vais te suivre, non pour obtenir quelques faveurs et quelques titres, mais pour te tuer. Jour et nuit, tu ne pourras faire un pas sans me voir. »

Monologue haineux et vindicatif.

Trois mouvements se succèdent dans le monologue d’Hernani : le héros se lance d’abord dans une diatribe en écho au terme « suite » utilisé par le roi (v. 381-393) ; pour réfuter ce rôle potentiel de courtisan, il procède à une vive critique de la cour de don Carlos (v. 394-402) ; enfin, Hernani exprime sa volonté de vengeance (v. 403-414).

Jusqu’à la scène 4 qui conclut l’acte I et l’exposition, Hernani était apparu sous divers aspects : bandit d’honneur, personnage passionné et jaloux, partagé entre son amour pour doña Sol et son destin de proscrit, fier et courageux. Ces traits du personnage-titre s’enrichissent d’une nouvelle dimension, celle d’une vendetta contre le roi d’Espagne qui vient doubler le conflit amoureux. La raison précise de la haine d’Hernani a été énoncée à la scène 2 :
« … Le roi ! Le roi ! Mon père
Est mort sur l’échafaud, condamné par le sien. » (v. 88-89) .

Acte II

Le Bandit

Sarragosse, un patio du palais de Silva, la nuit.

L’acte II s’ouvre sur une nouvelle scène nocturne, mais après l’intimité de la chambre à coucher de doña Sol, le décor indique un espace typiquement espagnol, le « patio » désignant une cour intérieure et appartenant, certes, à un lieu privé, mais déjà ouvert sur l’extérieur : « À droite et au fond, des maisons et des rues. » Deux indications précisent également cette possibilité d’ouverture hors du palais et de ses « grands murs » : « une fenêtre à balcon. Au-dessous de la fenêtre, une petite porte. » Dans le décor nocturne, l’attention se porte sur le jeu des lumières, et tout d’abord, sur « quelques fenêtres encore éclairées ». En fait, cette notation permet d’insister, comme le font les remarques impatientes de don Carlos, sur l’unique fenêtre qui intéresse le roi amoureux, celle, éteinte, de la chambre de doña Sol. Lorsque cette fenêtre s’éclaire enfin, une comparaison avec le lever du jour souligne l’émotion du personnage : « Jamais jour ne me fut plus charmant à voir naître. » et rend métaphoriquement à la jeune fille la signification de son nom : « Doña Sol, viens briller comme un astre dans l’ombre ! » Ainsi, les indications scéniques, outre une évidente fonction descriptive, doublées par les paroles des personnages ont-elles une valeur poétique.

Dans le drame romantique, les didascalies n’ont pas seulement pour fonction de décrire les lieux où se déroule l’action : elles participent également de l’action elle-même qu’elles encadrent ou font progresser. Ainsi les indications sur les fenêtres éclairées ou pas, sur la « petite porte » ponctuent l’action et même la programment : la mention d’ « une petite porte dérobée » à plusieurs reprises dans l’acte précédent suggérait tout d’abord l’entrée attendue d’Hernani et permettait celle inopinée de don Carlos. La même issue représentait une fuite possible pour échapper à l’arrivée de don Ruy. À l’acte 2, de même que la fenêtre de la chambre symbolise l’attente de don Carlos de voir arriver doña Sol, la petite porte représente pour la jeune fille tout à la fois l’accès à Hernani et une protection quand elle découvre son erreur.

Scène première

Carlos et des courtisans, comte, marquis et seigneur.

Carlos est très énervé il est au lieu du rendez-vous.
Don Sancho lui dit que le bandit de la veille était peut-être le chef.
Carlos: Qu’il en soit le major ou bien le capitaine,
Jamais roi couronné n’eut mine plus hautaine.

Interrogé, il parvient à se souvenir de son nom en i, Don Matias dit que c’est Hernani, le chef.

Mais don Sancho lui demande pourquoi il l’a laissé partir, Carlos s’insurge contre cet interrogatoire et ajoute qu’il en veut à sa maîtresse et non à sa tête. Il en est amoureux fou, et comme il a tout entendu, le voilà prêt à lui voler sa colombe.
Ricardo (simple seigneur) dit que cela aurait été mieux de tuer le vautour, Carlos lui rétorque: « Comte! Un digne conseil! Vous avez la main prompte! »
En l’appelant comte, il lui a donné le titre, Ricardo lui demande alors sous quel titre, Sancho dit que ce n’était qu’une méprise, mais Carlos met fin au début de dispute:
« J’ai laissé tomber ce titre. Ramassez. »

Don Sancho demande à don Matias ce que le roi fera de Sol quand il l’aura.
Carlos l’entend et dit qu’il la fera comtesse, dame d’honneur, et s’ils ont un fils, il sera roi.
Un bâtard se réécrient-ils tous…

Mais Carlos se plaint du temps qui passe si lentement:
Don Sancho: « C’est ce que nous disons souvent chez votre altesse. »
Le roi: « Cependant que chez vous mon peuple le redit. »

Beaucoup d’humour dans cette scène.

Le roi demande l’heure, ce qui avait fait beaucoup rire (ces familiarités) les « classiques » à l’époque, mais Hugo y tenait beaucoup: Mélange des genres.

Mais enfin la lumière s’allume à la fenêtre de Sol, exaltation de Carlos. Mais il dit aux autres de se cacher et d’attendre Hernani: A moi la dame, à vous le brigand. Mais il ne veut pas qu’ils le tuent:
« C’est un brave
Après tout, et la mort d’un homme est une chose grave. »

Il frappe dans ses mains et Sol apparaît en blanc.

Scène deuxième

Il la fait descendre en se taisant et en frappant dans ses mains à nouveau. A sa vue, elle veut fuir, il lui dit qu’il est son esclave et lui offre son royaume. Mais elle rétorque que tout ce qu’il fait n’est pas digne d’un roi, et que c’est lui le bandit.
« Si Dieu faisait le rang à la hauteur du cœur,
Certe(s), il serait le roi, prince, et vous le voleur! »

Elle ajoute qu’elle est trop fière pour faire une concubine, il lui propose d’être reine, impératrice. Mais elle préfère Hernani et sa vie d’errance. Carlos dit qu’il est bien plus heureux que lui, puisqu’on l’aime. Et puis tant pis si elle ne l’aime pas, il veut l’enlever de force.
Elle l’implore, il a toutes les femmes qu’il veut, tant de terres et de contrées:
« Et quand vous avez tout vous voudrez, vous, le roi,
Me prendre, pauvre fille, à lui qui n’a que moi? »
Elle se jette à ses genoux, lui, lui donne quatre de ses Espagne. Mais elle se saisit de son poignard, menace de se tuer et hurle le nom d’Hernani, qui surgit…
Quel coup de théâtre, sachant que trois hommes étaient supposés l’assommer!

Scène troisième

Hernani serait allé le chercher bien plus loin, il est content de le trouver là.
Dom Carlos appelle ses hommes, mais Hernani lui dit qu’ils sont entre les mains des siens, et pour trois qui lui viendraient, il lui en viendrait soixante et soixante dont un seul vous vaut tous quatre (le roi et ses trois hommes).

Écoutez: « votre père a fait mourir le mien,
Je vous hais. Vous avez pris mon titre et mon bien,
Je vous hais. Nous aimons tous deux la même femme,
Je vous hais, je vous hais, - oui, je te hais dans l’âme! »

Carlos: « C’est bien. »

« Pourtant ce soir, je vous oubliais, tout à Sol, et je vous trouve en train d’essayer de l’enlever! Te voilà pris dans ton propre piège! »

Carlos, fièrement: Vous me questionnez (comme dans l’autre scène, fierté et orgueil du roi omnipotent)
Et il refuse le duel, ne veut pas s’abaisser à se battre contre un bandit, maintenant qu’il sait qui il est:
Nous, des duels avec vous! Arrière! Assassinez!

NB: Hernani menait jusque là, mais changement de situation, il recule, Carlos fixe des yeux d’aigle sur lui.
Hernani réfléchit puis brise sa lame sur le pavé et dit:
Va-t-en donc!

Carlos le regarde de haut, puis il dit qu’il va le faire mettre au ban du royaume.
Hernani dit qu’il y est déjà, et que la France est auprès de l’Espagne.
Carlos rétorque qu’il va être empereur d’Allemagne et qu’il le mettra au ban de l’empire.
Mais Hernani dit qu’il y a plus d’un asile où sa puissance tombe (ils se tutoient).
« Et quand j’aurai le monde?
Alors j’aurai la tombe. »

Hernani le couvre de son propre manteau pour déjouer ses hommes, car il sait qu’ils seraient bien moins cléments que lui.
Carlos: « Monsieur, vous qui venez de me parler ainsi,
Ne demandez un jour ni grâce ni merci! Et il sort. »



Scène IV

Ils se retrouvent seuls, Sol le prie qu’ils fuient maintenant, mais il pense qu’il est trop près de l’échafaud à présent, il ne veut pas lui faire courir de risque. Il ne peut lui promettre l’échafaud.
Sol: « Pourtant
Vous me l’aviez promis » (humour et pathétique, parle comme une enfant)
Il tombe à ses genoux, l’appelle ange et dans son malheur, se dit un homme heureux, puisqu’elle l’aime: Car « vous avez tout bas béni mon front maudit! 
Loué soit le sort doux et propice
Qui me mit cette fleur au bord du précipice!
Il veut qu’elle épouse le vieillard et qu’elle l’oublie. »
Sol: « Non, je te suis (comme dans l’autre scène)! Je veux ma part de ton linceul!
Je m’attache à tes pas. »
Hernani: « Je suis banni! Je suis proscrit! Je suis funeste! »
Sol: « Ah! Vous êtes ingrat! » (de ne pas tenir votre promesse)
Hernani: « Eh bien! Non! Non! Je reste. »
« Soyons heureux! Buvons, car la coupe est remplie,
Car cette heure est à nous, et le reste est folie! »
Mais le tocsin sonne, Sol lui dit de fuir, mais il veut s’endormir auprès d’elle.
Un montagnard arrive et le prévient que les sbires et les alcades débouchent dans la place.
Hernani prend l’épée du montagnard et dit adieu à Sol.
Sol: « C’est moi qui fais ta perte!
Souviens-toi que, si tu meurs, je meurs. »
Il la baise sur le front en disant que c’est leur premier baiser, et Sol: C’est le dernier peut-être.
Il part et elle tombe sur le banc.

Acte III :  Le vieillard

Le château de Silva, dans les montagnes d’Aragon
La galerie des portraits de la famille de Silva.

Un nouveau décor

Scène première

Sol, blanche et debout près d’une table et Ruy Gomez de Silva, assis dans son grand fauteuil ducal.

Dès l’abord, l’attitude contrastée des personnages souligne le déséquilibre entre don Ruy, sûr de lui, «assis dans son grand fauteuil ducal » et doña Sol, « blanche et debout » : l’adjectif de couleur «blanche » laisse planer une incertitude, s’agit-il de son vêtement ou de la pâleur de son visage, symptomatique de sa tristesse et de son abattement. Don Ruy évoque d’ailleurs dans ses premières paroles la pâleur de la jeune fille, mais en relation avec les accusations portées contre elle : « j’ai fait pâlir ta joue… »

Les vers 738-742 ajoutent des détails supplémentaires à la description du château de Silva : don Ruy évoque avec emphase les « tours crénelées » et le « vieux donjon ducal », l’adjectif possessif marquant l’émotion et la fierté de leur possesseur, l’évocation de l’ensemble des possessions du vieux duc souligne tout à la fois sa richesse et l’ancienneté de sa famille, bien que le contexte de la comparaison avec la pauvreté et la jeunesse d’un pâtre inconnu mette en valeur l’amour désespéré du vieil homme pour sa nièce.

Gomez: c’est enfin le jour de nos noces, j’espère que tu m’as pardonné, je t’avais soupçonné trop vite (à comparer avec l’Arnolphe de L’École des femmes).
Sol lui demande d’arrêter d’en parler et elle ne lui reproche rien.
Mais il insiste, il aurait du savoir qu’on a dans le cœur de bon sang espagnol.
Sol: Certes! Il est bon et pur, et peut-être
On le verra bientôt (phrase à double sens: double énonciation)
Gomez: on n’est pas maître de soi, on est jaloux, parce qu’on est vieux. Il est particulièrement jaloux de la jeunesse et donnerait tout ses titres et ses biens pour  redevenir jeune. Moi si vieux, qui dois te devancer de si loin au tombeau!
Sol: Qui sait?                                                                             
Gomez (sans comprendre ces paroles à double sens: est vraiment l’image du barbon, du vieux qui n’écoute que lui-même, foncièrement égoïste): les jeunes sont des don juan, ils séduisent et ils jettent. Les vieux sont fidèles, nos fronts ridés, au cœur on n’a jamais de rides. Et quand un vieillard aime, il faut l’épargner, car son cœur toujours jeune peut toujours saigner. Mon amour est sincère, profond, paternel, et il lui dit comment il l’aime: comme on aime l’aurore…
Sol: Hélas!
Gomez: et puis le monde trouve beau qu’une femme, ange pur, innocente colombe,
« Veille sur lui, l’abrite et daigne encore souffrir
L’inutile vieillard qui n’est bon qu’à mourir! »
C’est une œuvre sacrée d’un cœur qui se dévoue, qui console un mourant jusqu’à la fin du jour, et sans aimer peut-être, a des semblants d’amour! Tu seras cette femme: Fille par le respect et sœur par la pitié!
Sol dit qu’elle le précèdera.
Gomez: mais je vous gronderai! Allez plutôt vous préparer.

Le page annonce l’arrivée d’un pèlerin ou d’un mendiant.
Gomez: Le bonheur entre avec l’étranger qu’on reçoit.
Le page annonce la mort de Hernani à Gomez qui lui demandait des nouvelles de la rébellion et de son chef.
Joie de Gomez qui dit qu‘aujourd‘hui c‘est double fête, et demande à Sol d’aller se parer, désespoir de Sol: « Oh! Des habits de deuil! » (elle sort)

Gomez demande au page l’écrin, il veut la parer comme une madone (allusion à rechercher, symbolique de la vierge). Il veut qu’elle soit belle à faire tomber un pèlerin (ironique et comique). Mais il se souvient du coup du mendiant, il demande au page de l’installer au plus vite, car c’est mal de faire attendre son hôte.

Scène deuxième

Hernani déguisé en pèlerin et Gomez.

Le procédé du déguisement qui traditionnellement appartient plutôt au genre de la comédie, voire de la farce, peut avoir plusieurs fonctions dans le drame romantique : le déguisement de pèlerin d’Hernani souligne tout d’abord son statut de brigand « mis au ban du royaume », obligé de se dissimuler pour parcourir les routes ; il a également une fonction dramatique puisqu’il permet à Hernani d’entrer au château de Silva sans se faire reconnaître et sous un habit protecteur. L’ironie n’est pas absente de ce choix : en effet, don Ruy établit lui-même inconsciemment le lien entre doña Sol parée comme une madone et l’adoration des pèlerins : « Belle à faire à genoux tomber un pèlerin. »
On peut imaginer qu’Hernani ne puisse pas être immédiatement reconnu par le spectateur, par exemple enveloppé dans un large manteau, et que la reconnaissance ne se fasse qu’à partir de l’aparté au vers 835 : « Qu’on y vienne. »

Échange de politesse d’usage, puis Gomez lui demande s’il connaît Hernani, grosse somme s’il l’attrape, sera pendu à Madrid (comique de situation). A ses interrogations, Hernani dit qu’il se rend en pèlerinage à Sarragosse, voir Notre Dame (en fait il parle de doña Sol). Il lui demande son nom, après avoir dit le sien, mais devant l’hésitation d’Hernani, il lui dit que peu lui importe:
Quant à ton nom, tu te nommes mon hôte;
Qui que tu sois, c’est bien; et, sans être inquiet,
J’accueillerais Satan, si Dieu me l’envoyait.

Mais Sol entre en scène, en robe de mariée, et pages, valets et deux femmes portent un coffret d’argent rempli de bijoux.
Hernani, haletant et effaré considère Sol avec des yeux ardents, sans écouter le duc.

La didascalie de la fin de la scène 2 de l’acte III met en scène l’arrivée en grande pompe de doña Sol en robe de mariée, un cortège nombreux portant derrière les insignes de sa richesse et de son titre futurs : la longue énumération des joyaux en particulier montre la magnificence de ce mariage : « couronne de duchesse, bracelets, colliers, perles, brillants pêle-mêle ».

Scène troisième
Gomez dit que c’est sa Notre-Dame à lui. Hernani révèle aussitôt sa véritable identité et se rend à quiconque veut la récompense!

« Je me nomme Hernani!
C’est un nom de proscrit c’est un nom de banni! »

Gomez le prie de se taire, il n’est pas sûr de tous ses gens. Mais Hernani insiste, Gomez le traite de démon.
Mais Gomez dit qu’il se doit de protéger son hôte, car il lui la été envoyé par Dieu, dusse-t-il en mourir.
Il fait donc sortir tout le monde et part faire armer le château. Cependant Sol reste en arrière.

Scène quatrième

Ironie d’Hernani sur les bijoux et le prochain mariage. Mais elle lui montre le poignard qu’elle avait pris à Carlos. Il tombe à ses pieds.
Longue tirade pour dire qu’il est désolé, qu’elle ferait mieux d’épouser le duc. Cela vaudrait mieux qu’une dot de douleurs. Lui, ne la mérite pas.

Elle le traite d’ingrat: un seul mot pour une autre longue tirade!!

Il s’en veut d’avoir causé la mort de tant de valeureux: « Voilà ce que je fais de tout ce qui m’épouse!
Je suis une force qui va!
Agent aveugle et sourd de mystères funèbres!
Une âme de malheur faite avec des ténèbres!
Oh! Fuis! Détourne-toi de mon chemin fatal. 
Hélas! Sans le vouloir, je te ferais du mal! »

« Sol! Ah! Vous ne m’aimez plus! »
Elle pleure, elle dit qu’elle va mourir.

- « Ne pleure pas, mourons plutôt! »
- « Vous êtes mon lion superbe et généreux! »

Ils sont enlacés, ils s’aiment et… entre Gomez!!



Scène cinquième
« C’est donc là mon salaire, mon hôte? »

Colère et indignation dans cette longue tirade.

Il prend à témoin les portraits de ses aïeux et les interroge:
« Ce n’est pas Hernani, c’est Judas qu’on le nomme! »

Hernani dit qu’il a raison et qu’il doit le tuer.
Sol dit que ce n’est pas lui, mais elle, et que c’est à elle de mourir.
Hernani insiste et dit qu’elle est pure.
Sol se jette à ses genoux et dit qu’elle l’aime: cela rend Gomez terrible et lui fait dire à Hernani: « tremble donc! » Mais un page annonce l’arrivée du roi. Gomez cache Hernani dans une cachette derrière son propre portrait (symbolique). Le roi est accompagné d’une foule de gentilshommes en armes.



Scène sixième

Carlos reproche à Gomez de lui fermer sa porte, il se doute de quelque chose. Gomez ne nie pas avoir caché Hernani. Carlos veut sa tête ou celle de Gomez.

Gomez réfléchit et accepte, il emmène donc le roi au premier portrait qu’il décrit et ainsi de suite. Tous des nobles, des politiques, de grands seigneurs, valeureux et glorieux. Beaucoup ont aidé des rois en certaines circonstances.
Le roi l’écoute avec une impatience et une colère toujours croissantes.
Puis devant le portrait de son grand-père, puis celui de son père, enfin le sien. Sol est épouvantée, silence dans l’assistance.
Vous voulez qu’on dise en le voyant ici:
« Ce dernier, digne fils d’une race si haute 
Fut un traître et vendit la tête de son hôte! »

Il offre donc sa tête à la place de celle d’Hernani, mais ce n’est pas l’affaire de Carlos qui se raille:
« Le bourreau la prendrait par les cheveux en vain.
Tu n’en as pas assez pour lui remplir la main! »

Le roi le menace de détruire son château, mais rien n’y fait, alors il commande qu’on l’arrête. Sol, qui était restée voilée jusqu’ici, se découvre, Carlos est sidéré de la voir céans. Elle lui dit que c’est un mauvais roi. Il s’approche d’elle et lui murmure que tout est de sa faute:
« Un homme devient ange ou monstre en vous touchant. »

Mais il obéira, et l’emmènera en otage. C’est à Gomez de choisir, mais Sol se livre d’elle-même, elle a eu soin de prendre le poignard avant.
Gomez est la proie d’une horrible hésitation, il regarde ses aïeux, va pour livrer Hernani, puis se ravise et pendant que le roi, sa suite et Sol sortent, il dit:
« Roi, pendant que tu sors joyeux de la demeure,
Ma vieille loyauté sort de mon cœur qui pleure! »

Il prend deux épées et court ouvrir à Hernani.

NB: Hernani n’a de cesse de vouloir mourir tout au long de la pièce, mais il n’y parvient pas. Et c’est quand il veut vivre, qu’il doit mourir.
La didascalie qui annonce l’arrivée du roi au château de Silva à la fin de la scène 5 décrit la foule guerrière qui l’entoure : c’est encore une fois un coup de théâtre qui empêche les personnages de s’expliquer et de prendre des décisions. L’intrusion menaçante de don Carlos interrompt l’aveu de doña Sol et les lamentations d’Hernani, ce procédé récurrent dans le drame installe une attente et le suspense sur le sort que don Ruy va réserver à son rival caché derrière un tableau. Le danger pour Hernani apparaît d’autant plus grand que le roi fait immédiatement preuve de « défiance » et de « colère » et que son attitude inspire « attente et terreur alentour. » Les paroles du roi ne sont également qu’une succession d’ordres impérieux.

Scène septième
                      
Il lui propose aussitôt un duel. Hernani le nomme vieillard, il lui dit que sa vie est à lui, qu’il le tue, peu lui importe, mais il l’implore de le laisser voir une dernière fois Sol.
Gomez comprend qu’il ne sait rien et lui dit que Carlos l’a emmenée. Hernani lui dit que c’est un vieillard stupide et que Carlos aime Sol. Gomez décide de courir après lui aussitôt. Hernani lui propose son aide, il pourra le tuer ensuite. Il le jure sur la tête de son père. Gomez lui demande plus d’assurance. Hernani lui donne le cor (voir premier acte):
- « Quand tu voudras, seigneur, quel que soit le lieu, l’heure,
Viens, sonne de ce cor, et ne prends d’autres soins;
Tout sera fait. »
            Le duc: - « Ta main? (ils se serrent la main), aux portraits: vous tous, soyez témoins. »

Acte IV: Le tombeau

A Aix-la Chapelle

Le tombeau de Charlemagne, il fait nuit, on ne voit pas le fond du souterrain.
Historiquement, tout cet acte est loin de la réalité: l’élection de Charles Quint eut lieu à Francfort, et le nouvel empereur n’eut aucun conjuré à y condamner ou pardonner.

Scène première

Carlos accompagné de don Ricardo de Roxas (comte)

Ricardo lui dit que c’est ici que les conjurés ont choisi de s’assembler. Carlos dit ironiquement qu’ils ont bien fait, ils seront tout aussi près de la tombe, ils auront moins de chemin à faire.

Allusion à Rodolphe qui extermina Lothaire.

Carlos lui redemande encore une fois de lui redire les noms et les griefs, où, comment et pourquoi.
A chaque nom, ils discutent ensemble des raisons quoi a poussé chacun à se mettre dans le camp des conjurés: histoire et comédie (répliques pleines d’humour de Carlos)
Ricardo dit qu’il y a deux nouveaux venus: un jeune et un vieux.
Carlos aidera le bourreau à les tuer en utilisant son épée.

« Mais serai-je empereur? »
Il explique qu’il lui manque trois voix, beaucoup d’allusions.
Mais il l’a tutoyé, voilà Ricardo devient donc grand d’Espagne.
Carlos exprime à part sa pitié pour un tel individu et son mépris. (rappelle l’acte II scène I)

Il y aura trois coups de canon s’il est élu.
Carlos demande à Ricardo d’aller chercher Sol s’il est choisi: Peut-être voudra-t-on d’un césar!

Mais il doit attendre une heure. Un devin a prédit à François qu’il serait empereur, un autre a vu dans le ciel que ce serait Carlos:
« J’aurais dû, pour mieux voir ma fortune éclaircie,
Avec quelque armement aider la prophétie! »

Ricardo lui donne la clef du tombeau et part pour organiser tout ce que lui a dit de faire son roi.
Il tombe dans une profonde rêverie et se tourne vers le tombeau.

Scène deuxième

Très très long monologue.
Il demande pardon à Charlemagne de ces bourdonnements autour de sa tombe, s’étonne et s’extasie que l’Europe soit ainsi faite: un édifice, avec deux hommes au sommet (l’empereur et le pape).
Mais le peuple a parfois son pape ou son César,
Tout marche, et le hasard corrige le hasard.
Les électeurs ne sont là qu’en parade et Dieu veut ce qu’il veut.
Le pape et l’empereur sont omnipotents.
L’un est la vérité, l’autre est la force.
Ce sont deux moitiés de Dieu.
L’empereur! L’empereur! Être empereur! O rage
Ne pas l’être.
Qu’il fut heureux celui qui dort dans ce tombeau!
Et pourtant, il a fini là quand même! Si grand et mort!
Quoiqu’on fasse, tout se termine ainsi, à peine un souvenir, une pierre et une épitaphe.
Mais je suis tout près et ça me convient!
Être au plus haut de la spirale immense!

Suit une partie au registre épique sur le pouvoir du peuple (les nations) à faire chanceler les trônes…

Gouverner tout cela! -Monter, si l’on vous nomme,
A ce faîte! - y monter sachant qu’on n’est qu’un homme!
Oh! Si j’allais faillir?
A qui me retenir?
Être empereur! Mon Dieu! J’avais trop d’être roi!
Qui sera ma loi? Qui me conseillera? 
Il tombe à genoux:
« Charlemagne, c’est toi!
Verse-moi dans le cœur, du fond de ce tombeau,
Quelque chose de grand, de sublime et de beau!
Apprends-moi tes secrets de vaincre et de régner,
Et dis-moi qu’il vaut mieux punir que pardonner!
Laisse-moi pénétrer dans ton tombeau et parle-moi!
Mais tu te tais:
Que la cendre, à défaut de l’ombre, me conseille!
Il va pour entrer, mais hésite:
Et s’il allait me parler à l’oreille?
Mais il entend venir, s’indigne d’une telle venue en ce lieu: qui ose à part moi venir sur ce tombeau?
Ah! J’oubliais, ce sont mes assassins! »
Il entre dans le tombeau, les conjurés arrivent.



Scène troisième

Les conjurés se donnent le mot de passe puis décident de la mort de Carlos qui prétend au Saint-Empire alors qu’il est étranger.
Ils doivent le tuer avant qu’il ne soit choisi (car après il est intouchable), ils tirent donc au sort, c’est Hernani qui est choisi, mais Gomez le supplie de lui laisser le faire, il lui donne tout ce qu’il a en échange, même Sol et sa promesse de mourir quand il le voudra!! Mais il refuse!
Gomez: « Eh bien! Maudit sois-tu de m’ôter cette joie! »

Ils jurent tous sur la croix de l’épée de don Ruy Gomez de continuer un par un la besogne si Hernani échoue.

On entend un coup de canon éloigné, Carlos sort peu à peu, au rythme des canons, au troisième coup, il ouvre tout à fait la porte du tombeau, mais sans faire un pas, debout et immobile sur le seuil: dramatique!!

Un chœur de tragédie antique

Scène quatrième

Changement de registre: Carlos devient Charles Quint: registre épique: il les invective, il sait qu’ils n’oseront plus le toucher, ils ont éteint tous leurs flambeaux, Carlos fait du bruit, ses soldats viennent.

Hernani dit qu’il a cru que c’était Charlemagne. Mais les hommes du roi désarment les conjurés.
Ricardo s’agenouille devant sa « majesté », Carlos le fait alcade du palais: mais là, il le fait sciemment. Il lui demande d’amener Sol (il ne l’a toujours pas oubliée, dans un moment pareil!)

Les électeurs viennent le saluer en grandes pompes. Frédéric, duc de Saxe fut d’abord élu, mais il n’a pas voulu du trône, jugeant Carlos plus digne.

Mais Sol arrive, elle a peur à la vue des soldats qui entourent Hernani
Carlos donne ordre à ses soldats de ne prendre que les nobles et de laisser les autres.
Sol se dit qu’Hernani est sauvé.
Mais Hernani:
« Puisqu’il faut être grand pour mourir, je me lève. »
Il est duc de Segorbe et duc de Cardona,
Marquis de Monroy, comte Albatera, vicomte
De Gor, seigneur de lieux dont j’ignore le compte.
« Je suis Jean d’Aragon, grand-maître d’Avis, né
Dans l’exil, fils proscrit d’un père assassiné
Par sentence du tien, roi Carlos de Castille! »

Ils demandent alors à tous de se couvrir, ils sont tous grands d’Espagne!

Sol implore le pardon de Carlos, et lui demande de les tuer tous les deux.
Mais il la donne comme épouse à Hernani au nom, non du roi, mais de l’empereur.
Hernani regarde Sol et dit: « Oh! Ma haine s’en va! »

Gomez est très jaloux, mais il sait qu’on rirait d’un vieillard et décide de se taire.

Carlos dit qu’en tant qu’empereur, il n’a pour maîtresses que l’Allemagne, la Flandre et l’Espagne.
Il fait chevalier Hernani et lui donne la toison d’or. Mais il lui dit qu’il a le plus doux et le plus beau collier: les deux bras d’une femme aimée.
« Ah: tu vas être heureux; -moi, je suis empereur. »
Et il pardonne à tous:
« C’est la leçon qu’au monde il convient que je donne. »

Gomez, à don Carlos: « Moi seul, je reste condamné. »

Hernani: « Je ne hais plus. Carlos a pardonné.
Qui donc nous change tous ainsi? »
Mais Carlos veut être seul avec Charlemagne

La fin du drame politique - Relever les nombreux coups de théâtre qui ponctuent les scènes 3 et 4.
Toujours dans la logique du drame romantique, les coups de théâtre et les émotions se succèdent à un rythme rapide sans grand souci de vraisemblance ; ce qui est en fait privilégié par Hugo, c’est précisément la dynamique et le rythme de l’action : présence d’Hernani et de don Ruy parmi les conjurés ; choix du héros pour l’assassinat politique ; élection de don Carlos et arrestation des conspirateurs ; présence de doña Sol ; potentielle condamnation à mort des nobles ; dévoilement de l’identité véritable d’Hernani ; clémence de don Carlos devenu Charles Quint.

Scène cinquième

« Es-tu content de moi? Suis-je bien un autre homme?
Ai-je compris la voix qui parle en ton tombeau? »
Beaucoup d’allusions historiques.
« Assailli de toutes parts,
Je t’ai crié: - Par où faut-il que je commence?
Et tu m’as répondu: - Mon fils, par la clémence! »



Acte V: La noce

Sarragosse, une terrasse du palais d’Aragon la nuit, des masques, des dominos passent et repassent.

Le décor - Relever les détails dans la didascalie initiale et les paroles des personnages qui décrivent le lieu merveilleux où se déroulent les noces d’Hernani et de doña Sol. (V, 1 et 2).
Après le décor sombre et grandiose du tombeau de Charlemagne qui donnait à l’acte IV une inquiétante atmosphère, le contraste est grand avec le lieu nocturne, mais lumineux et d’une élégance raffinée, où va se dérouler l’acte final. D’emblée, la didascalie initiale offre au lecteur une image de beauté et de paix : « au fond du théâtre une balustrade surmontée de deux rangs d'arcades moresques, au-dessus et au travers desquelles on voit les jardins du palais, les jets d'eau dans l'ombre, les bosquets avec des lumières qui s’y promènent, et au fond les faîtes gothiques et arabes du palais illuminé. »
La couleur locale reste présente avec l’évocation d’éléments d’architecture moresque dans la description de la terrasse et du palais d’Aragon : arcades, jets d’eau, faîtes gothiques et arabes. La gaieté de la fête de mariage qui se prépare apparaît également dans les paroles des personnages, les jeunes courtisans invités de la noce :
« Et fait bien ! On ne vit jamais noce aux flambeaux Plus gaie, et nuit plus douce, et mariés plus beaux!»

Cela rappelle « Clair de lune » de Verlaine, dans Fêtes galantes.

Scène première

Des comtes et un marquis (Sanchez, Ricardo…)

Sont heureux, quelles noces!
Ricardo résume à merveille l’histoire: Trois galants, un bandit, un duc, un roi, d’un même cœur de femme font le siège à la fois. – « L’assaut donné, qui l’a?
C’est le bandit. »

Puis il se flatte de ses diverses promotions, amis Gomez est une âme fière… Et l’empereur? Luther lui donne bien du souci.
Scène pittoresque: jalousie entre les courtisans, cancans, avides de plaisirs et de bon temps: c’est la fête, temps de carnaval et de mascarade, mais un spectre attire l’attention parmi toutes ces couleurs, un domino noir. Ils tentent tour à tour de deviner son identité, mais sans succès. Mais il s’approche.
Don Sancho: « Si les morts marchent voici leur pas. »
Don Garcia dit même qu’il a vu dans ses yeux luire une flamme.
Don Sancho demande au spectre s’il vient de l’enfer.
Le masque: « Je n’en viens pas, j’y vais. » (et il prend les escaliers)

Après quelques autres commentaires sur sa voix spectrale, ils se disent que c’est quelque plaisanterie et décident de profiter de la fête en dansant…

Mais Hernani et Sol arrivent. Sol en mariée magnifique, Hernani en velours noir, la toison d’or au cou suivis d’une suite de masques, de dames et de seigneurs qui leur font cortège. Fanfares.

Scène deuxième

Hernani les salue, don Francisco dit: « C’est Vénus qu’il conduit! »
Ils saluent tous le couple et sortent, la nuit et le silence reviennent peu à peu.

Scène troisième

Hernani veut la prendre dans ses bras, mais Sol résiste:
« N’est-ce pas que toute cette joie étourdit le bonheur? »

Scène d’amour, Sol l’appelle Hernani, mais il veut oublier ce nom de proscrit sur qui le mot « vengeance » était partout écrit. « Je suis Jean d’Aragon, mari de doña Sol! Je suis heureux! »
Sol: « Je suis heureuse! »
Hernani: il a retrouvé tous ses biens, ses fonctions.
« J’efface tout, j’oublie! Ou sagesse ou démence,
Je vous ai, je vous aime, et vous êtes mon bien! »

Il veut l’entraîner dans la chambre, elle résiste encore.
« Sol! Il fait nuit, silence…
Sur nous, tout en dormant
La nature à demi veille amoureusement.
Tout à l’heure, j’ai vu la lune et sa lumière qui tremble.
Je me sentais joyeuse et calme, ô mon amant!
Et j’aurais bien voulu mourir en ce moment. »

H: « Ta parole est un chant où rien d’humain ne reste. »
S: « Ce silence est trop noir. Ce calme est trop profond.
J’aimerais entendre un chant. »

On entend alors  le bruit lointain d’un cor dans l’ombre.

Sol: - « Dieu! Je suis exaucée! »
H, tressaillant, à part: « Ah! Malheureuse! »
Sol: « Un ange a compris ma pensée, -
Ton bon ange, sans doute?
Don Juan, je reconnais le son de votre cor! »

Voir le poème de Vigny « Le Cor »

H: « Ah! Le tigre est en bas qui hurle et veut sa proie! »

Elle l’appelle encore Don Juan, il lui dit de l’appeler Hernani:
« Nommez-moi Hernani! Nommez-moi Hernani!
Avec ce nom fatal, je n’en n’ai point fini! »

Sol est de plus en plus inquiète, il va pour lui dire, se ravise, prétend qu’il se sent mal à cause d’une vieille blessure et lui fait aller chercher une fiole censée contenir un élixir qui lui fera du bien, histoire de l’éloigner.



Scène quatrième

Il sent comment le destin s’acharne:
Oh! Que la destinée amèrement me raille!

Mais il n’entend plus rien et au moment où il reprend espoir, le masque en domino paraît, Hernani est pétrifié.

Scène cinquième

Le masque lui rappelle son pacte qui eut les morts pour témoins, il lui donne à choisir entre le fer et le poison, H choisit le poison. Le masque lui tend une fiole.

Mais H recule, il le supplie de lui accorder un jour (pour profiter de sa femme), mais le masque dit qu’il en mourrait!
Alors H dit qu’il se délivre de son serment, le masque dit qu’il s’en doutait, après tout, il n’a juré que sur la tête de son père! H change donc d’avis.

Mais Sol arrive sans voir le masque.



Scène sixième

Elle n’a pu trouver le coffret, mais elle se doute de quelque chose et le questionne, le masque se découvre, elle reconnaît don Ruy. Hernani lui explique qu’il lui a promis de mourir, mais elle répond que peu lui importe tous les serments, il est à elle et elle le défendra envers et contre tous.
Elle menace don Ruy de son poignard, puis se jette à ses pieds et le supplie, elle lui promet même son amitié, mais lui n’a que faire de ces restes, il s’emporte et ordonne à H de boire, il va pour le faire, mais Sol gagne du temps et s’empare de la fiole. Mais H lui demande si elle veut vraiment faire de lui un parjure.
Sol: « Tu veux? » Et elle boit la moitié de la fiole et rend le reste à Hernani. Il lui demande pourquoi elle a fait ça.
Sol: « Devions-nous pas dormir ensemble cette nuit? 
Qu’importe dans quel lit? »
H: « Mon père, tu te venges
Sur moi qui t’oubliais! »
Il boit.
Mais Sol se jette sur lui, elle sent des douleurs étranges, elle dit qu’elle souffre énormément, mais il boit quand même:
Sol: « Que fais-tu? »
H: « Qu’as-tu fait? »

Ils s’enlacent, c’est leur nuit de noces (Sol)
Sol: « Nous allons tout à l’heure ensemble ouvrir nos ailes. »

Ruy: « La fatalité s’accomplit. »
Mais il souffre de les voir si heureux

Hernani meurt en premier, mais Sol dit qu’il dort:
« C’est mon époux, vois-tu, nous nous aimons,
Nous sommes couchés là. C’est notre nuit de noce. »
Elle retourne la figure d’Hernani:
« Mon amour, tiens-toi vers moi tourné.
Plus près…plus près encor… »
Elle retombe

Don Ruy Gomez: « Morte!….Oh! Je suis damné! »
Il se tue.

Nathalie LECLERCQ


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