lundi 1 avril 2013

RESUME, CHRETIEN DE TROYES, EREC ET ENIDE





Au début de son œuvre, Chrétien de Troyes en explique le dessein : d’un « conte d’aventure », c'est-à-dire d’une série d’évènements imprévus où les personnages sont entraînés sans que leur volonté les y mène + « conjointure » : ensemble cohérent et organisé, une    « action » que créent ou du moins dirigent ou infléchissent des caractères, et qui prend, de ce fait, une signification, une valeur d’exemple.

Prologue

1e PARTIE : vers la recréantise  Le mariage d’Erec et Enide 1796-2761
Dons d’Erec à ses beaux-parents 1797-1864
Les noces 1865-2080
Le tournoi 2081-2214
Retour à Carnant 2215-2428
Recréantise d’Erec et départ 2429-2761

2e PARTIE : l’honneur restauré, L’aventure chevaleresque
1er jour : Les 3 chevaliers brigands 2762-2920
Les 5 chevaliers pillards 2921-3079
2e jour : Galoain 3080-3652
3e jour : Guivret le petit 3653-3908
4e jour : La cour du Roi Arthur 3909-4252  Interlude
5e jour : les 2 géants 4280-4541
Le Comte de Limors 4542-4900
Guivret le petit et convalescence 4900-5318

3e PARTIE : la joie collective. Le SACRE d’Erec et Enide 5319-6378
La Joie de la cour 5319-6358
Les fêtes du couronnement 6359-6378






Prologue :
- A Caradigan, jour de Pâques, le roi Arthur a assemblé une cour magnifique
- Décision du roi et réticences de Gauvain.
- Prologue original : pas de référence aux « auctores », mais caution et sources populaires è une nouvelle matière digne d’être mise en roman
- Nom de l’auteur 2x (seule fois où le nom entier Chrétien de Troyes  figure dans un prologue)

- « Au jor de Pasque, A Quaradigan »
La cour d’Arthur est réunie. Le roi veut faire revivre la coutume de la chasse au cerf blanc, avant que la cour ne se sépare. Son neveu, Gauvain, objecte que ce n’est pas sage : à cette coutume est attachée l’élection par un baiser de la plus belle jeune fille, le choix ne pourra être que source de grands maux, ts les jeunes gens voudront donner la préférence à leur amie. Mais Arthur persiste : « car parole que roi a dite / ne doit puis estre contredite »
La chasse aura lieu le lendemain
- 1e occurrence dans le discours de la « forest avantureuse » liée à la merveille

La Chasse au blanc cerf (I) 27-137
- Le lendemain, départ pour la chasse. Reine Guenièvre accompagnée d’une de ses demoiselles, une fille de roi + Érec par la suite qui lui propose de l’escorter (pas désireux de tuer le Blanc Cerf, pas d’amie dont il veuille soutenir le mérite, sans armure, ni bouclier, ni lance). Érec, fils du roi Lac
- Portrait seulement physique axé sur sa riche parure ! Donc Erec est surtout caractérisé par sa beauté (et son apparence) comme le sera Enide, en contrepoint cependant dans sa tenue pauvre …



1ère Déception : le héros (nommé dans le prologue) ne participe pas à la chasse
2e déception : la chasse est « expédiée » en 8 vers.
Art de la description : ternaire, allitérations imitant la cacophonie.
Conjointure : doublement du point de vue, celui du narrateur omniscient, puis interne (de ceux qui ne peuvent savoir)
NB : Caractère : besoin de se distinguer, il ne choisit pas son amie à la cour, mais au dehors et à l’heureux hasard de la rencontre ; il choisit en fils de roi en dehors des convenances banales ; il a son épée et son cheval, il y tient et s’y tient, comme Roland ou Gauvain ; il a l’orgueil du choix qu’il a fait d’Énide et il veut l’imposer à l’assentiment de tous : voir obligation d’Énide de se présenter en son costume misérable et la façon dont il réclame de Guenièvre, non pas qu’elle approuve son choix, mais qu’elle reconnaisse son devoir de traiter royalement cette royale beauté.

-Le nain félon :
- Rencontre du chevalier en armes + belle amie + nain à l’avant armé d’un fouet. La demoiselle, envoyée par la reine, demande au chevalier de venir se présenter, mais refus du nain et la frappe et la blesse à la main, la reine envoie Érec, le nain le blesse aussi. Le chevalier n’intervient pas. Érec est désarmé, ne peut le provoquer, mais jure à la reine de le suivre pour venger l’offense, dès qu’il aura trouvé des armes. Il part.
- Motif du nain associé à la merveille ; présenté d’emblée comme menaçant (dans folklore celtique = personnage de mauvais augure, guide vers l’Autre monde).
- Infraction par le chevalier inconnu au code de la courtoisie, en antithèse avec le comportement de la reine. Avant goût du comportement anti-courtois de Limors.
- Fin de la chasse, Arthur a pris le Cerf, rivalités de la cour pour le baiser de la plus belle, mais Guenièvre propose d’attendre Érec trois jours.
- Rappel de la sagesse de Gauvain. Détournement du conseil royal, d’habitude consacré à des sujets + sérieux è place au centre du roman les pratiques courtoises
- Rôle important de G : préfigure le rôle d’Énide, et la réflexion sur la place de la femme dans la littérature courtoise

- Le vavasseur courtois
- Érec suit le chevalier : un « château », un bourg fortifié en fête : le lendemain, un combat, prix : un bel épervier. Son hôte, un « vavasseur », chevalier de petit état, ruiné par la guerre, lui dit que le favori est le chevalier. Le vavasseur a une fille d’une beauté merveilleuse et est d’une courtoisie parfaite. Le vavasseur donne armes. Érec dit qui il est et demande la main d’Énide (dont on ne sait toujours pas le nom). Il conquerra l’épervier pour elle.
NB : Le caractère du vavasseur, l’expression émue de son admiration pour sa fille, la certitude pour elle d’une haute destinée, sont des traits attachants qui dénotent chez Chrétien précision psychologique et sens de la composition dramatique.
- Réalisme de la noblesse appauvrie par les guerres
- Beau discours du père : analyse psychologique des personnages même secondaires
- Alternance DD / DI


- La fête de l’épervier, Erec vainqueur d’Yder, Yder à Caradigan
- Le lendemain : combat, victoire d’Érec. Elle partira le jour suivant, avec Érec, dans ses habits. Érec a envoyé le chevalier, Yder, fils de Nut, avec sa pucelle et son nain, à la merci de la reine. Celui-ci y annonce leur venue : une jeune fille d’une beauté extraordinaire, le chevalier devient chevalier d’Arthur.
- Conjointure du récit de combat : les défis progressifs (les puceles, puis eux-mêmes), progression, où chacun est indifférencié.
- Intervention du narrateur : «Por quoi vos feroie lonc conte? » = prétérition, la gloire d’Erec doit devancer son retour. Redites, appesantissement sur les blessures et la tenue d’Ydier = traduit impatience de la cour, suspens mais pas pour le lecteur

- Erec et sa fiancée, soir d’adieux, don du palefroi, départ, arrivée à Caradigan
- Érec part, il promet à son hôte de le faire maître de deux châteaux au pays de son père. Les deux jeunes gens quittent Laluth (château de l’oncle maternel d’Énide). Chevauchent côte à côte, admirables de beauté et s’admirant l’un l’autre : amour merveilleux.
- Arrivée à Cardigan, Guenièvre donne à la jeune fille de magnifiques vêtements à la place de sa simple tunique blanche (sorte d’adoubement), et elle dit aux chevaliers qu’il semblerait qu’elle est la seule digne à recevoir le baiser, Arthur le lui donne (baiser de bonne amitié) : triomphe de la jeune fille après celui d’Érec : « Ici finit les premiers vers » fin du prologue.
- Motif de cerf blanc encadrant, prend alors tout son sens.

La cour, la reine, le mariage
- Erec tient ses promesses à ses beaux- parents : il les établit richement dans le royaume du roi Lac.
- Insistance sur la nature des dons, répétés 3x dans le passage = générosité du chevalier (Voir dons et contre-dons)
- Le temps devient élastique : 7 jours doivent s’être écoulés depuis le baiser.
- Célébration de ses noces. Nom de la dame. Luxe d’invitations et de réjouissances (merveilleux ?)
- Liste qui permet de recenser la géographie arthurienne, réelle et de + en + merveilleuse, et les légendes
- Intervention (malicieuse) du narrateur : « Mes tot le sorplus vos en les, / S'orroiz la joie et le delit / Qui fu an la chanbre et el lit» : du public au privé (ils devront faire ensuite le chemin inverse). Caractère sensuel et charnel non négligé

- Le tournoi de Tenebroc, départ pour Carnant, accueil du roi Lac, offrandes des deux époux
- Un mois après, pour couronner les fêtes nuptiales, un grand tournoi sous Édimbourg, victoire éclatante d’Érec (encore)
- Présentation d’Énide au père d’Érec : admirée et choyée.

- Blâme des hommes d’Erec, chagrin d’Enide, départ
- Mais Érec est si féru d’amour qu’il ne s’intéresse plus à la pratique des armes et du tournoi. Murmures de ses chevaliers. Énide en est atteinte dans le souci de la gloire de son époux et se reproche d’être la cause de cette déchéance. Un matin pleure ses larmes coulent sur Erec et le réveillent, au moment où elle prononce ce mot de regret, cette parole qui crée le drame : Con mar i fus ! (Quel dommage). Elle avoue tout.
- Perte de l’honneur + Péché de démesure + Erec donne tout ce qu’il faut à ses chevaliers pour aller combattre : Idem, en plus générosité mal placée : comme s’il les achetait pour qu’ils se battent à sa place, ravalait la chevalerie au rang de service monnayable …
- Recréant : recroire = croire à nouveau, abandonner son ancienne foi, manquer à sa foi, par extension abandonner, lâcher
- Psychologie d’Enide : monologue puis dialogue
- « Tant grate chievre que mal gist» proverbe qui ouvre la ballade des proverbes de Villon ; serait inspiré d’un conte où une chèvre a tant gratté le sol qu’elle déterre le couteau avec lequel on l’égorge.
- Départ immédiat, vêtue de sa plus belle robe et avec son meilleur palefroi. Enide, inquiète, croit qu’il veut se séparer d’elle. Erec se fait armer et part, sans un mot, même à son père.
- Erec en modalité jussive à partir de ce moment (re-virilisation ?)



2e PARTIE : l’honneur restauré. L’aventure chevaleresque

1er jour : Les 3 chevaliers brigands 2762-2920, puis les 5 autres
- Il la fait chevaucher devant avec interdiction de lui parler.
- Chevalier pillard et deux compagnons qui sortent d’un bois pour les attaquer. Combat intérieur (Monologue délibératif
1e série ordre – transgression – pardon), le prévient, Erec la gourmande et réitère sa défense. Tue les agresseurs, ou les blesse ou les démonte. Donne les trois chevaux à Enide pour qu’elle les mène.
- Erec= restaurateur de l’ordre et la justice, utilise de fait la force guerrière contre les représentants du désordre, ce qui lie cet épisode et le suivant qu’on peut considérer comme une seule partie ; 3 puis 5 = chiffres symboliques, car 8 = chiffre de la Justice.

- Cinq chevaliers pillards : idem. Monologue délibératif, 2e série ordre – transgression – pardon. Ici seulement est précisé qu’elle ne doit pas le regarder.
- 1e pas vers la restauration de l’honneur : le châtiment du désordre, de la convoitise.



2e jour : Galoain 3080-3652
- Toute la nuit dans la forêt, Enide veille sur Erec et les chevaux. Inversion des rôles : indique les 1ers progrès du couple ?
- Au matin, un géant écuyer apaise leur faim et les mène dans le « château » voisin.
- L’écuyer conte au comte la beauté d’Erec. Encore la beauté d’Erec, vertu qui devrait venir en dernier et qui irrite le comte, ce qui montre sa fatuité et annonce son comportement anti courtois

- Leur hôte, un comte avantageux et entreprenant requiert Enide hardiment. Il menace de tuer Erec, Enide promet faussement de lui céder. Elle lui dit tout dans la nuit. Départ en hâte, poursuivis par le comte furieux. Enide avertit encore Erec, qui lui promet un châtiment en récompense. Tue le sénéchal, blesse le comte.
NB : Le comte, personnage épisodique, mais caractère bien dessiné et dramatique, vaniteuse suffisance, exigences brutales, sotte crédulité et violence de sa vanité de vengeance + rapidité et noblesse de son repentir.
- Précision « Erec n’est pas jaloux » : confiance en la fidélité d’Enide. Lyrisme du refus d’Enide. Ruse d’Enide, mais pour la bonne cause, la vertu. Habileté à exciter (et différer) le désir de Galoain : le force à agir en lâche
- Largesse d’Erec (donne les sept destriers restant à son hôte). 3e série ordre – transgression – pardon (mais différé cette fois, menace de la punir v3556)
- Poursuite d’un inconnu = innocent, injustice de la poursuite
- 2e pas vers la restauration de l’honneur : le châtiment de l’orgueil, de la jalousie, de la pulsion incontrôlée qui mène à la folie. Convoitise, félonie, violence et déraison = 4 fautes capitales ; ex à ne pas suivre, pas encore le digne adversaire que sera Guivret.



3e jour : Guivret le petit 3653-3908
- Suite de la chevauchée : une haute tour, dont le maître est un seigneur de petite taille, mais de grand courage. Il engage le combat avec tous les chevaliers passant devant ses lices. Enide hésite énormément à le prévenir, mais s’y résout. Erec la menace de bouche, mais de cœur il sait maintenant qu’elle l’aime plus que tout au monde et lui aussi.
NB : Il ne le lui dit pas : Choix de Chrétien pour rendre plus saisissante la conclusion, effet dramatique des épisodes cruels qui mettent, enfin, la jeune fille de nouveau dans les bras de son époux + laisser à Enide, à sa constance, à son abnégation, à sa bravoure, le droit de prendre place à côté d’Erec dans le triomphe définitif.
- Désarme Guivret le Petit, qui crie merci après une rude bataille, pansent leur plaie et se séparent (deviendront amis plus tard).
- 3e et dernière épreuve du 1er cycle. Chemin de l’initiation tracé
- Intervention du narrateur : « De celui savrai ge bien dire» ; antithèse qui valorise le courage qui ne repose pas sur un physique avantageux ; « grand » et « petit » s’opposent sémantiquement et « cors » et « cuer » phonétiquement.
- Nouvelle transgression d’Enide (étudier les variations)
- désespoir d’Enide pendant le combat : Pathétique en contrepoint de l’épique
- 3e pas vers la restauration de l’honneur : affronte un symbole de la vaillance et de l’honneur guerrier = démenti de la recréantise.
- Géographie fantaisiste : Erec n’a pas quitté la Grande-Bretagne

4e jour : La cour du Roi Arthur 3909-4252, Interlude
- Le hasard les conduit dans une forêt où chasse et campe le roi Arthur Guenièvre et leurs barons. Keu ne le reconnaît pas, le somme de venir se présenter, refus d’Erec qui s’amuse à le tromper. Charge de Keu, Erec le jette à bas du destrier de son talon. Keu va tout dire au roi, qui envoie Gauvain, débat assez plaisant, puis reconnaissance, puis Gauvain les ramène auprès du roi et de la reine : joyeuses retrouvailles.
- Détournement du motif de la forêt hostile, ici ‘civilisée’ par la présence de la cour d’Arthur
- Insistance d’Erec à vouloir repartir montre qu’il ne voulait pas tester la fidélité d’Enide, ms cherche autre chose è annonce la série de 3 aventures et la Joie
- Pause et relance de l’action : Restauration dans l’espace chevaleresque possible, l’aventure pourrait finir ici. Mais l’obstination d’Erec de partir seul avec Enide annonce qu’il a d’autres projets…

5e jour : les 2 géants 4280-4541
- Dès le lendemain, nouveau départ (pourquoi part-il ? puisqu’il sait qu’Enide l’aime : il lui reste encore à prouver sa valeur). Cris d’appel d’une demoiselle dans une forêt. Deux géants se sont emparés de son ami. Erec tue les géants et délivre Cadoc de Cabruel qu’il envoie avec sa demoiselle à Arthur, pour qu’il rapporte son aventure.
- Motif de la jeune fille qui exprime sa détresse par l’autodestruction (écho aux v3787-3794)
- Géants= personnages du monde féerique, mais ici encore, merveille raisonnable : surtout des rustres anti-courtois, anti-chevaleresques, armés de massues !
- 2e cycle de 3 aventures // à celles du 1er, mais en gradation
- Amplification : après les vols des chevaliers brigands, le rapt donc l’atteinte aux personnes.
- 4e pas vers la restauration de l’honneur : la réparation de l’injustice, le châtiment de la force brute. De plus, Erec accroît la mesnie d’Arthur.


Le Comte de Limors 4542-4900
- Erec tombe de fatigue, Enide est désespérée et pense que tout est de sa faute et de son imprudente « parole ». Ses cris attirent le comte de Limors accompagné de ses chevaliers. Le corps est transporté sur une table, dans une grande salle. Le comte se marie avec Enide de force. Elle refuse de manger, il la frappe. Elle veut même se tuer. Blâme des barons, cris, Erec s’éveille et tue le comte. Les autres s’enfuient.
NB : Suite très vive et réaliste de scènes tragi-comiques, que domine l’âpre résistance d’Enide. L’amour enflamme la colère et l’audace d’Erec, qui en sortant de sa syncope, reconnaît dès l’abord la voix d’Enide.

- Erec reprend son écu, sa lance, son cheval (plaisant détail non invraisemblable, roman d’aventure, comique de l’effarement apeuré du garçon qui tenait la bride). Il part avec Enide à qui il avoue qu’il n’a jamais cessé de l’aimer et qu’il a seulement voulu l’éprouver.
NB : Scène charmante de jeunesse et de tendresse + trait psychologique important : Erec pardonne la fâcheuse « parole ». Secret de son attitude étrange et cruelle : désenchantement d’un doute inavoué sur une valeur jusque là certaine.
- Lyrisme V4599 : reprise de « con mar y fus » cf v 2503 qui les lancent dans l’aventure. Mention intéressante car rare de Dieu qui retarde le suicide
- Retard habituel du nom, Limors (= la mort) associé au château v 4681, ne sera nommé qu’au début de la partie suivante (v4911)
- Idéal courtois selon Chrétien possible dans le mariage 
- Comportement d’emblée anti-courtois du Comte de Limors qui ne va cesser de croître : double hyperbolique de Galoain de la 1e partie des aventures
- 5e pas vers la restauration de l’honneur : la répression de la force brute, des instincts charnels et vénaux, de l’égoïsme et du cynisme : châtiment = la mort

Guivret le petit et convalescence 4900-5318
- Guivret le Petit apprend les mésaventures d’Enide, il part la sauver. Il rencontre Erec, mais ne le reconnaît pas. Il fait tomber son ami de cheval, Enide se précipite et demande grâce. Reconnaissances. Il les amène au château de Pointurie, où ses deux sœurs ; habiles guérisseuses, soignent le blessé. Ils partent tous trois à la cour du roi Arthur.
- De la parole à l’action : Enide en véritable héroïne
- Comportement chevaleresque et courtois en contrepoint de celui de Limors, et reprise en plus fort de l’épisode des v3653-3908
- L’honneur personnel est restauré, reste à lui donner une résonance publique



3e PARTIE : la joie collective. Le SACRE d’Erec et Enide 5319-6378
La Joie de la cour 5319-6358
- Ils passent devant un château très beau et fort, Brandigan, domaine du roi Evrain. Guivret lui conseille de passer outre : il y a là une aventure dont on ne sait ce que sont devenus tous ceux qui l’ont tentée : « La joie de la cort ».
NB : Opposition entre la confiance sans réservé d’Erec, soif de lutte et de triomphe et l’inquiétude d’Enide, dont Erec fut tant de fois blessé, mais il sait maintenant que c’est par amour.
- Mais il ne désire rien tant que la « joie », comme la suprême conquête, non pour lui seul, mais pour tous. Le mot est à entendre non comme une joie personnelle, mais comme un sentiment général, comme une délivrance.
- L’aventure est un combat contre un chevalier gigantesque et invincible, dans un verger défendu par une ceinture d’air impénétrable, plein de surprises et de magie : pieux avec têtes des chevaliers vaincus, fruits merveilleux et mûrs en toute saison, qu’il est possible de cueillir mais non d’emporter, cor enchanté dont personne n’a pu encore sonner, et dont le son rompra les enchantements. Celui qui le pourra gagnera une telle réputation de valeur et d’honneur qu’il sera reconnu comme le meilleur chevalier au monde.
- Erec vainc Maboagrain, neveu du roi Evrain, enfermé dans ce verger et obligé à la bataille et aux succès par sa demoiselle, à la suite d’un imprudent serment. Il a promis de faire ce qu’elle lui demanderait, sans savoir quoi au juste. Il est délivré, non de son amour, mais de sa servitude. La demoiselle a du mal à consentir, mais Enide est une de ses cousines, elle est une nièce du père d’Enide.
- Erec sonne du cor magique, tout rentre dans l’ordre, c’est la « joie de la Cour » : triomphe définitif d’Erec et aussi la joie d’Enide et son bonheur.
- Motif du locus amoenus : un éden magique
- Motif du don contraignant
- Sycomore : sens symbolique possible = sec amour, qui pourrait qualifier l’impasse de l’amour courtois poussé à l’extrême tel qu’on va le découvrir
- Restauration totale de l’honneur, car il offre la joie générale



Les fêtes du couronnement 6359-6378
- Guivret, Erec et Enide ont rejoint la cour du roi Arthur. Mort du père d’Erec pendant son absence (roi Lac), il est l’héritier de son père, Arthur décide que son couronnement aura lieu à la cour qu’il tiendra à Nantes, à la Nativité prochaine. Fêtes splendides. Erec y fait venir le père d’Enide, Licoranz, et sa mère, Tarsenesyde.
- Couronnement d’Erec, puis d’Enide, au milieu de tant de rois, de comtes, de ducs et de barons, qu’on n’en vit jamais assemblés un si grand nombre.
- Avec les fées, celtiques, et les arts libéraux, antiques, union entre clergie et chevalerie ; disposition d’Erec aux disciplines de l’esprit ; ces 4 arts sont au MÂ souvent mis en rapport avec les 4 vertus cardinales laïques : tempérance, courage, prudence, justice.

Nathalie LECLERCQ




            

1 commentaire:

  1. interessante, tres interessante une histoire edifiante d'un parcours exempaire. Parcours heroique et humain

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