lundi 8 avril 2013

RIMBAUD, AU CABARET VERT et LA MALINE, COMMENTAIRE







Au Cabaret-Vert
cinq heures du soir

Depuis huit jours, j’avais déchiré mes bottines
Aux cailloux des chemins. J’entrais à Charleroi.
— Au Cabaret-Vert : je demandai des tartines
De beurre et du jambon qui fût à moitié froid.

Bienheureux, j’allongeai les jambes sous la table
Verte : je contemplai les sujets très naïfs
De la tapisserie. — Et ce fut adorable,
Quand la fille aux tétons énormes, aux yeux vifs,

— Celle-là, ce n’est pas un baiser qui l’épeure ! —
Rieuse, m’apporta des tartines de beurre,
Du jambon tiède, dans un plat colorié,

Du jambon rose et blanc parfumé d’une gousse
D’ail, — et m’emplit la chope immense, avec sa mousse
Que dorait un rayon de soleil arriéré.
                                    Octobre 70.

La Maline

Dans la salle à manger brune, que parfumait
Une odeur de vernis et de fruits, à mon aise
Je ramassais un plat de je ne sais quel met
Belge, et je m’épatais dans mon immense chaise.

En mangeant, j’écoutais l’horloge, — heureux et coi.
La cuisine s’ouvrit avec une bouffée,
— Et la servante vint, je ne sais pas pourquoi,
Fichu moitié défait, malinement coiffée

Et, tout en promenant son petit doigt tremblant
Sur sa joue, un velours de pêche rose et blanc,
En faisant, de sa lèvre enfantine, une moue,

Elle arrangeait les plats, près de moi, pour m’aiser ;
— Puis, comme ça, — bien sûr, pour avoir un baiser, —
Tout bas : « Sens donc, j’ai pris une froid sur la joue... »


                                    Charleroi, octobre 70.

Commentaire comparé de « Au Cabaret vert » et de «La Maline » A COMPLETER




    « Au Cabaret vert » et «La Maline » font partie des poésies écrites par Rimbaud lors d’une de ses échappées loin de la ville. L’auteur a de nouveau fugué, et il découvre alors les joies de la liberté, de la disponibilité et de la sensualité. Ce sont des poèmes sur « l’ailleurs », thème qui sera récurrent dans l’œuvre du poète. Le cadre est celui d’une auberge qu’il aurait fréquenté durant son échappée en Belgique et qui constitue autant le lieu du refuge que du plaisir.
   Par quels procédés stylistiques Rimbaud redonne vie à deux souvenirs empreints de sensualité et d’ironie ?
   Pour répondre à cette question, nous allons voir que le poète rend compte d’une expérience vécue sous le signe du plaisir, puis nous montrerons que cette expérience lui permet de mettre en scène un véritable jeu amoureux.

I) Une expérience vécue sous le signe du plaisir
A) Deux récits
- Le chronotope :
- Les temps :
- La chronologie :
- Les actants :
- Les différentes séquentialités :

 B) Deux souvenirs vécus
- La date :
- La première personne :
- Focalisation interne :
 - Les commentaires du narrateur :

 C) Sous le signe du plaisir
- Vocabulaire mélioratif, prosaïsme et rejets :
 - Le bien-être dû à un bon repas (Vocabulaire affectif) :
 - La synesthésie et le « vert » paradis de l’enfance :
 - La métaphore « Je m’épatais » et l’enjambement (« La Maline »)
 - Mimétisme et allitérations :
 - Deux scènes pittoresques, colorées, comme des images d’Épinal.

 II) Mise en scène du jeu amoureux
A) Une mise en scène, ou deux saynètes
- Théâtralité des décors :
 - Les actants, le rôle de la servante, comme élément perturbateur (Volta) et rebondissement :
 - Les paroles rapportées :

 B) Des jeux amoureux
- « Au cabaret vert » annonce et prépare « La Maline » : Le rôle métonymique du jambon
 - Saynètes ludiques et gaies :
 - Ambiance érotique et danse érotique :

 C) Mais ironie et dépréciation
- « Celle-là » + « Tétons énormes » + « arriéré » (« Au Cabaret vert ») :
 - 2e tercet de « La Maline » :

Nathalie LECLERCQ

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