mardi 30 avril 2013

ROBERT DE BORON, LA SUITE DU ROMAN DE MERLIN, GAUVAIN, GIFFLET, RESUME PERSONNAGES





Gauvain

            Fils du roi Loth d’Orcanie, frère d’Agravain, Gaheriet, et Guerrehet, demi-frère de Mordret et neveu du roi.

dimanche 28 avril 2013

ROBERT DE BORON, LA SUITE DU ROMAN DE MERLIN, ARTHUR, ACCALON, AGRAVAIN, GAHERIET, RESUME PERSONNAGES





ARTHUR

            Un mois après son couronnement, Arthur tient sa cour à Carduel. Il s’éprend de sa sœur, la femme du roi Loth d’Orcanie, la mère de Gauvain, Gaheriet, Agravain et Guerrehès. Naîtra de cette union Mordret, qui conduira le royaume à sa perte. Arthur rêve du dragon-sepent, qui détruit le royaume de Logres. Blessé à mort par Arthur qui succombera de ses blessures. Puis, il va à la chasse, voit le cerf qui a des chiens qui aboient dans ses entrailles. Rencontre Merlin, sous l’apparence d’un enfant puis d’un vieillard, qui lui révèle qu’il est le fils d’Uterpandragon et d’Ygerne et qu’il a engendré Mordret. C’est la signification de son songe. Quant à la signification de la bête étrange, elle relève des mystères du Graal. La vérité sur la naissance d’Arthur est révélée grâce à Merlin.

samedi 27 avril 2013

MENANDRE, LE BOURRU, RESUME





Acte premier

Point du jour, décor campagnard, des fermes et une grotte.

Prologue: Pan explique que c’est en Attique qu’il faut situer l’action de ce drame, un domaine habité par Cnémon qui déteste la compagnie des hommes, bourru avec tout le monde, n’aimant pas la foule. Il est le voisin de Pan. Il a épousé une veuve, guerre conjugale de jour comme de nuit, elle avait un fils et ils eurent une fille. Vie de malheur, la femme va donc vivre avec son fils, dans un petit champ à côté et Cnémon reste avec une vieille servante et sa fille, qui garde entière son ignorance du mal. Elle rend souvent hommages aux compagnes de Pan, les nymphes, qui décidèrent de l’aider à trouver un bon mari, riche et prospère, c’est pourquoi ils s’arrangent pour faire venir Sostrate, qui aidé de Pan, en tombe aussitôt amoureux. Mais le voici, avec son compagnon de chasse.

jeudi 25 avril 2013

BECKETT, EN ATTENDANT GODOT, Fin de la pièce, COMMENTAIRE







Acte II, p 132 « Silence. Vladimir fait un soudain bond en avant » à fin de la pièce

Le soleil se couche, la lune se lève. Vladimir reste immobile. Estragon se réveille, se déchausse, se lève, les chaussures à la main, les dépose devant la rampe, va vers Vladimir, le regarde.
ESTRAGON : Qu’est-ce que tu as ?
VLADIMIR : Je n’ai rien.
ESTRAGON : Moi je m’en vais.
VLADIMIR : Moi aussi.
Silence.
ESTRAGON : Il y avait longtemps que je dormais ?
VLADIMIR : Je ne sais pas.
Silence.
ESTRAGON : Où irons-nous ?
VLADIMIR : Pas loin.
ESTRAGON : Si si, allons-nous-en loin d’ici !
VLADIMIR : On ne peut pas.
ESTRAGON : Pourquoi ?
VLADIMIR : Il faut revenir demain.
ESTRAGON : Pour quoi faire ?
VLADIMIR : Attendre Godot.
ESTRAGON : C’est vrai. (Un temps.) Il n’est pas venu ?
VLADIMIR : Non.
ESTRAGON : Et maintenant il est trop tard.
VLADIMIR : Oui, c’est la nuit.
ESTRAGON : Et si on le laissait tomber ? (Un temps.) Si on le laissait tomber?
VLADIMIR : Il nous punirait. (Silence. Il regarde l’arbre.) Seul l’arbre vit.
ESTRAGON  (regardant l’arbre.) : Qu’est-ce que c’est ?
VLADIMIR : C’est l’arbre.
ESTRAGON : Non mais quel genre ?
VLADIMIR : Je ne sais pas. Un saule.
ESTRAGON : Viens voir. (Il entraîne Vladimir vers l’arbre. Ils s’immobilisent devant. Silence.) Et si on se pendait ?
VLADIMIR : Avec quoi ?
ESTRAGON : Tu n’as pas un bout de corde ?
VLADIMIR : Non.
ESTRAGON : Alors on ne peut pas.
VLADIMIR : Allons-nous-en.
ESTRAGON : Attends, il y a ma ceinture.
VLADIMIR : C’est trop court.
ESTRAGON : Tu tireras sur mes jambes.
VLADIMIR : Et qui tirera sur les miennes ?
ESTRAGON : C’est vrai.
VLADIMIR : Fais voir quand même. (Estragon dénoue la corde qui maintient son pantalon. Celui-ci, beaucoup trop large, lui tombe autour des chevilles. Ils regardent la corde.) A la rigueur ça pourrait aller. Mais est-elle solide ?
ESTRAGON : On va voir. Tiens.
Ils prennent chacun un bout de la corde, et tirent. La corde se casse. Ils manquent de tomber.
VLADIMIR : Elle ne vaut rien.
Silence.
ESTRAGON : Tu dis qu’il faut revenir demain ?
VLADIMIR : Oui.
ESTRAGON : Alors on apportera une bonne corde.
VLADIMIR : C’est ça.
Silence.
ESTRAGON : Didi.
VLADIMIR. : Oui.
ESTRAGON : Je ne peux plus continuer comme ça.
VLADIMIR : On dit ça.
ESTRAGON : Si on se quittait ? Ça irait peut-être mieux.
VLADIMIR : On se pendra demain. (Un temps.) A moins que Godot ne vienne.
ESTRAGON : Et s’il vient ?
VLADIMIR : Nous serons sauvés.
Vladimir enlève son chapeau - celui de Lucky - regarde dedans, y passe la main, le secoue, le remet.
ESTRAGON : Alors, on y va ?
VLADIMIR : Relève ton pantalon.
ESTRAGON : Comment ?
VLADIMIR : Relève ton pantalon.
ESTRAGON : Que j’enlève mon pantalon ?
VLADIMIR : RE-lève ton pantalon.
ESTRAGON : C’est vrai.
Il relève son pantalon. Silence.
VLADIMIR : Alors, on y va ?
ESTRAGON : Allons-y.
Ils ne bougent pas.
Rideau

BECKETT, EN ATTENDANT GODOT, Acte I, de "Pozzo (désolé): vous vous ennuyez?" à "Lucky s'immobilise", COMMENTAIRE




Pozzo (désolé) : Vous vous ennuyez ? 
Estragon : Plutôt. Pozzo (à Vladimir) : Et vous, monsieur ? 
Vladimir : Ce n’est pas folichon. 
Silence. 
Pozzo se livre à une bataille intérieure. 
Pozzo : Messieurs, vous avez été…(il cherche)…convenables avec moi. 
Estragon : Mais non ! 
Vladimir : Quelle idée ! 
Pozzo : Mais si, mais si, vous avez été corrects. De sorte que je me demande… Que puis-je faire à mon tour pour ces braves gens qui sont en train de s’ennuyer ? 
Estragon : Même un louis serait le bienvenu. 
Vladimir : Nous ne sommes pas des mendiants. 
Pozzo : Que puis-je faire, voilà ce que je me dis pour que le temps leur semble moins long ? Je leur ai donné des os, je leur ai parlé de choses et d’autres, je leur ai expliqué le crépuscule, c’est une affaire entendue. Et j’en passe. Mais est-ce suffisant, voilà ce qui me torture, est-ce suffisant ? 
Estragon : Même cent sous. 
Vladimir : Tais-toi ! Estragon : J’en prends le chemin. 
Pozzo : Est-ce suffisant ? Sans doute. Mais je suis large. C’est ma nature. Aujourd’hui. Tant pis pour moi. ( Il tire sur la corde. Lucky le regarde.) Car je vais souffrir. Cela est certain. (Sans se lever, il se penche et reprend son fouet). Que préférez-vous ? Qu’il danse, qu’il chante, qu’il récite, qu’il pense, qu’il… 
Estragon : Qui ? 
Pozzo : Qui ! Vous savez penser, vous autre ? 
Vladimir : Il pense ? 
Pozzo : Parfaitement. A haute voix. Il pensait même très joliment autrefois, je pouvais l’écouter pendant des heures. Maintenant… (il frissonne). Enfin, tant pis. Alors, vous voulez qu’il nous pense quelque chose ? 
Estragon : J’aimerais mieux qu’il danse. Ce serait plus gai ? 
Pozzo : Pas forcément. 
Estragon : N’est-ce pas, Didi, que ce serait plus gai ? 
Vladimir : J’aimerais bien l’entendre penser. 
Estragon : Il pourrait peut-être penser d’abord et danser ensuite ? si ce n’est pas trop lui demander. 
Vladimir (à Pozzo) : Est-ce possible ? 
Pozzo : Mais certainement, rien de plus facile. C’est d’ailleurs l’ordre naturel.(Rire bref) 
Vladimir : Alors, qu’il danse. 
Silence 
Pozzo ( à Lucky) : Tu entends ? 
Estragon : Il ne refuse jamais ? 
Pozzo : Je vous expliquerai ça tout à l’heure. (A Lucky) Danse, pouacre ! 
Lucky dépose valise et panier, avance un peu vers la rampe, se tourne vers Pozzo. Estragon se lève pour mieux voir. Lucky danse. Il s’arrête. 
Estragon : C’est tout ? 
Pozzo : Encore ! Lucky répète les mêmes mouvements, s’arrête. 
Estragon : Eh ben, mon cochon ! ( Il imite les mouvements de Lucky. ) J’en ferais autant. ( Il imite, manque de tomber, se rassied ). Avec un peu d’entraînement. 
Vladimir : Il est fatigué. 
Pozzo : Autrefois, il dansait la farandole, l’almée, la gigue, le fandango et même le hornpipe. Il bondissait. Maintenant il ne fait plus que ça. Savez-vous comment il l’appelle ? 
Estragon : La mort du lampiste. 
Vladimir : Le cancer des vieillards. 
Pozzo : La danse du filet. Il croit être empêtré dans un filet. 
Vladimir (avec des tortillements d’esthète). Il y a quelque chose… 
Lucky s’apprête à retourner vers ses fardeaux. 
Pozzo (Comme un cheval ). Wooa ! 
Lucky s’immobilise.


RABELAIS, PANTAGRUEL, CHAPITRE 3, LA NAISSANCE DE PANTAGRUEL, COMMENTAIRE


TEXTE: François RABELAIS, Pantagruel (1532), chapitre 3.





Quand Pantagruel fut né, qui fut bien ébahi et perplexe? Ce fut Gargantua son père. Car, voyant d'un côté sa femme Badebec morte, et de l'autre son fils Pantagruel né, tant beau et tant grand, ne savait que dire ni que faire, et le doute qui troublait son entendement était à savoir s'il devait pleurer pour le deuil de sa femme, ou rire pour la joie de son fils. 
D'un côté et d'autre, il avait arguments sophistiques qui le suffoquaient car il les faisait très bien in modo et figura, mais il ne les pouvait souldre, et par ce moyen, demeurait empêtré comme la souris en un piège, ou un milan pris au lacet.
  
« Pleurerai-je ? disait-il. Oui, car pourquoi ? Ma tant bonne femme est morte, qui était la plus ceci, la plus cela qui fût au monde. Jamais je ne la verrai, jamais je n'en recouvrerai une telle : ce m'est une perte inestimable. O mon Dieu que t'avais-je fait pour ainsi me punir ? Que n'envoyas-tu la mort à moi premier qu'à elle ? car vivre sans elle ne m'est que languir. Ha ! Badebec, ma mignonne, m'amie — mon petit con (toutefois elle en avait bien trois arpents et deux sexterées), ma tendrette, ma braguette, ma savate, ma pantoufle, jamais je ne te verrai. Ha ! pauvre Pantagruel, tu as perdu ta bonne mère, ta douce nourrice, ta dame très aimée ! Ha, fausse mort, tant tu m'es malivole, tant tu m'es outrageuse, de me tollir celle à laquelle immortalité appartenait de droit ! »
  

Et, ce disant, pleurait comme une vache; mais tout soudain riait comme un veau, quand Pantagruel lui venait en mémoire.
  
« Ho, mon petit fils, disait-il, mon couillon, mon peton, que tu es joli et tant je suis tenu à Dieu de ce qu'il m'a donné un si beau fils, tant joyeux, tant riant tant joli. Ho, ho, ho, ho ! que je suis aise ! Buvons, ho ! laissons toute mélancolie ! Apporte du meilleur, rince les verres, boute la nappe, chasse ces chiens, souffle ce feu, allume la chandelle, ferme cette porte, taille ces soupes, envoie ces pauvres, baille-leur ce qu'ils demandent ! Tiens ma robe, que je me mette en pourpoint pour mieux festoyer les commères. »
 

Ce disant, ouït la litanie et les Mementos des prêtres qui portaient sa femme en terre, dont laissa son bon propos, et tout soudain fut ravi ailleurs, disant :
  « Seigneur Dieu, faut-il que je me contriste encore ? Cela me fâche, je ne suis plus jeune, je deviens vieux, le temps est dangereux, je pourrai prendre quelque fièvre; me voilà affolé. Foi de gentilhomme, il vaut mieux pleurer moins et boire davantage ! Ma femme est morte, et bien, par Dieu ! (da jurandi), je ne la ressusciterai pas par mes pleurs : elle est bien, elle est en paradis pour le moins, si mieux n'est; elle prie Dieu pour nous, elle est bien heureuse, elle ne se soucie plus de nos misères et calamités. Autant nous en pend à l'œil. Dieu garde le demeurant !  Il me faut penser d'en trouver une autre.


ZOLA, NANA, CHAPITRE XIV, COMMENTAIRE





TEXTE: Chapitre XIV

Elles sortaient vivement, en jetant un regard sur le lit.
Mais, comme Lucy, Blanche et Caroline étaient encore là, Rose donna un dernier coup d'œil pour laisser la pièce en ordre. Elle tira un rideau devant la fenêtre ; puis, elle songea que cette lampe n'était pas convenable, il fallait un cierge; et, après avoir allumé l'un des flambeaux de cuivre de la cheminée, elle le posa sur la table de nuit, à côté du corps. Une lumière vive éclaira brusquement le visage de la morte. Ce fut une horreur. Toutes frémirent et se sauvèrent.
“ Ah ! elle est changée, elle est changée”; murmurait Rose Mignon, demeurée la dernière.
Elle partit, elle ferma la porte. Nana restait seule, la face en l'air, dans la clarté de la bougie. C'était un charnier, un tas d'humeur et de sang, une pelletée de chair corrompue, jetée là, sur un coussin. Les pustules avaient envahi la figure entière, un bouton touchant l'autre; et, flétries, affaissées, d'un aspect grisâtre de boue, elles semblaient déjà une moisissure de la terre, sur cette bouillie informe, où l'on ne retrouvait plus les traits. Un œil, celui de gauche, avait complètement sombré dans le bouillonnement de la purulence ; l'autre, à demi ouvert, s'enfonçait, comme un trou noir et gâté. Le nez suppurait encore.
Toute une croûte rougeâtre partait d'une joue, envahissait la bouche, qu'elle tirait dans un rire abominable. Et, sur ce masque horrible et grotesque du néant, les cheveux, les beaux cheveux, gardant leur flambée de soleil, coulaient en un ruissellement d'or. Vénus se décomposait. il semblait que le virus pris par elle dans les ruisseaux, sur les charognes tolérées, ce ferment dont elle avait empoisonné un peuple, venait de lui remonter au visage et l'avait pourri.
La chambre était vide. Un grand souffle désespéré monta du boulevard et gonfla le rideau.
“A Berlin! à Berlin! à Berlin!”

ZOLA, NANA, CHAPITRE XI, COMMENTAIRE



TEXTE: Chapitre XI

On vit alors une chose superbe. Price, debout sur les étriers, la cravache haute, fouaillait Nana d'un bras de fer. Ce vieil enfant desséché, cette longue figure, dure et morte, jetait des flammes. Et, dans un élan de furieuse audace, de volonté triomphante, il donnait de son coeur à la pouliche, il la soutenait, il la portait, trempée d'écume, les yeux sanglants. Tout le train passa avec un roulement de foudre, coupant les respirations, balayant l'air ; tandis que le juge, très froid, l'œil à la mire, attendait. Puis, une immense acclamation retentit. D'un effort suprême, Price venait de jeter Nana au poteau, battant Spirit d'une longueur de tête.
Ce fut comme la clameur montant d'une marée. Nana ! Nana ! Nana ! Le cri roulait, grandissait, avec une violence de tempête, emplissant peu à peu l'horizon, des profondeurs du Bois au mont Valérien, des prairies de Longchamp à la plaine de Boulogne. Sur la pelouse, un enthousiasme fou s'était déclaré. Vive Nana! Vive la France! A bas l'Angleterre! Les femmes brandissaient leurs ombrelles; des hommes sautaient, tournaient, en vociférant; d'autres, avec des rires nerveux, lançait des chapeaux. Et, de l'autre côté de la piste, l'enceinte du pesage répondait, une agitation remuait les tribunes, sans qu'on vît distinctement autre chose qu'un tremblement de l'air, comme la flamme invisible d'un brasier, au-dessus de ce tas vivant de petites figures détraquées, les bras tordus, avec les points noirs des yeux et de la bouche ouverte. Cela ne cessait plus, s'enflait, recommençait au fond des allées lointaines, parmi le peuple campant sous les arbres, pour s'épandre et s'élargir dans l'émotion de la tribune impériale, ou l'impératrice avait applaudi.
Nana ! Nana! Nana! Le cri montait dans la gloire du soleil, dont la pluie d'or battait le vertige de la foule.



ZOLA, NANA, CHAPITRE VII, COMMENTAIRE



Chapitre VII
Et, lâchant la chemise, attendant que Muffat eût fini sa lecture, elle resta nue. Muffat lisait lentement. La chronique de Fauchery, intitulée La Mouche d'or, était l'histoire d'une jeune fille, née de quatre ou cinq générations d'ivrognes, le sang gâté par une longue hérédité de misère et de boisson, qui se transformait chez elle en un détraquement nerveux de son sexe de femme. Elle avait poussé dans un faubourg, sur le pavé parisien ; et, grande, belle, de chair superbe ainsi qu'une plante de plein fumier, elle vengeait les gueux et les abandonnés dont elle était le produit. Avec elle, la pourriture qu'on laissait fermenter dans le peuple, remontait et pourrissait l'aristocratie.
Elle devenait une force de la nature, un ferment de destruction, sans le vouloir elle-même, corrompant et désorganisant Paris entre ses cuisses de neige, le faisant tourner comme des femmes, chaque mois, font tourner le lait. Et c'était à la fin de l'article que se trouvait la comparaison de la mouche, une mouche couleur de soleil, envolée de l'ordure, une mouche qui prenait la mort sur les charognes tolérées le long des chemins, et qui, bourdonnante, dansante, jetant un éclat de pierreries, empoisonnaient les hommes rien qu'à se poser sur eux, dans les palais où elle entrait par les fenêtres.


HUGO, RUY BLAS et HERNANI : le théâtre, un sacerdoce, DISSERTATION




SUJET: Hugo a écrit:  « le théâtre est une chose qui enseigne et qui civilise. Dans nos temps de doute et de curiosité, le théâtre est devenu, pour les multitudes, ce qu’était l’Eglise au Moyen Âge, le lieu attrayant et central. Tant que ceci durera, la fonction du poète dramatique sera plus qu’une magistrature et presque un sacerdoce. » Pensez-vous que ces affirmations rendent compte de Ruy Blas et d'Hernani?

jeudi 18 avril 2013

HUGO, RUY BLAS, RESUME




1830: Bataille, puis triomphe d’Hernani. Hugo a 28 ans et vit désormais dans l’aisance.
1838: Hugo inaugure le théâtre de la Renaissance avec Ruy Blas qui obtient un franc succès.

Hugo cherche à faire de son théâtre une tribune morale pour le peuple. Dans Le Roi s’amuse,  en 1832, il avait voulu montrer « la paternité sanctifiant la difformité physique », dans Lucrèce Borgia, en 1833, « la maternité purifiant la difformité morale », dans Ruy Blas, il essaie de faire de son drame une synthèse, où pourraient communier les éléments d’un public que Hugo voulait divers. Le public populaire s’intéresse à l’action, les penseurs, bourgeois cultivés, cherchent une philosophie, une morale, des caractères; quant aux femmes, être de sentiment et d’instinct, elles veulent avant tout de la passion, de l’amour, du romanesque.

Préface de Hugo

Trois espèces de spectateurs: la foule veut de l’action (des sensations, le plaisir des yeux, désir d‘être amusé) , les femmes de la passion (des émotions, le plaisir du cœur, désir d‘être ému) et les penseurs, des caractères (des méditations, le plaisir de l‘esprit, désir d‘être enseigné).
Trois espèces d’œuvres: le mélodrame pour la foule, la tragédie pour les femmes et la comédie qui peint l’humanité pour les penseurs.

Le drame tient de la tragédie par la peinture des passions, et de la comédie par la peinture des caractères.

Sens historique de l’œuvre: Au moment où une monarchie va s’écrouler (en Espagne en 1698), la noblesse tend à se dissoudre et se divise. Comme la maladie de l’État est dans la tête, la noblesse, qui y touche, en est la première atteinte. Les moins honnêtes se dépêchent d’être heureux et puissants, ceux qui ont de l’esprit se dépravent, et quand le jour de la disgrâce arrive, quelque chose de monstrueux se développe dans le courtisan tombé, et l’homme se change en démon: Don Salluste
L’autre moitié de la noblesse, la meilleure et la mieux née s’étourdit, boit, jouit, se ruine, et disparaît dans la foule, devient philosophe et compare le courtisan aux voleurs, devient un mélange du poète, du gueux et du prince: Don César

Croquis de la noblesse castillane vers 1695

Dans l’ombre, quelque chose de grand, de sombre, d’inconnu remue: le peuple, qui a l’avenir et pas le présent, placé très bas et aspirant très haut, ayant sur le dos les marques de la servitude et dans le cœur les préméditations du génie. Amoureux de la seule figure qui, au milieu de cette société écroulée, représente pour lui, dans un divin rayonnement, l’autorité, la charité et la fécondité: Ruy Blas

Et au dessus de ces trois hommes, une pure et lumineuse créature, une femme, une reine, malheureuse comme femme car pas de mari et malheureuse comme reine, car comme si elle n’avait pas de roi, se penche vers le bas, par pitié royale et par instinct de femme, pendant que Ruy Blas, le peuple, regarde en haut.

A ces quatre têtes, on pourrait ajouter celle de Charles II (dernier de la maison de Charles Quint, qui régna sans grandeur de 1665 à 1700), mais dans l’histoire comme dans le drame, Charles II d’Espagne n’est pas une figure, c’est une ombre.

Ruy Blas: composition symbolique d’un nom roturier (Blas: Blaise) et d’un nom noble (Ruy, abréviation de Rodrigo)
Bazan, nom espagnol, mais pas César et Salluste

Dates de l’action: Acte I 28 mai 1698, acte II, 29 juin, acte III, 29 décembre, acte IV, 30 décembre au matin et acte V, au soir.

mardi 16 avril 2013

HUGO, HERNANI, RESUME




Préface

Écrite en 1829

La mort et la publication posthume d’un jeune poète pâle donnèrent l’occasion à Hugo de parler de la nouvelle poésie en faisant appel aux ardeurs de la jeunesse. Référence significative, quoique discrète, au public comme « peuple » et surtout à l’insistance sur l’idée de « liberté » (leitmotiv du texte) qui est au centre de la thèse générale: « La liberté littéraire est  fille de la liberté politique. » Exposée à ce moment là, elle situait fermement Hernani dans le mouvement historique de la fin de la Restauration.

« Le Romantisme n’est que le libéralisme en littérature. »

« Or, après tant de grandes choses que nos pères ont faites et que nous avons vues, nous voilà sortis de la vieille forme sociale; comment ne sortirions-nous pas de la vieille forme poétique? A peuple nouveau, art nouveau. »

« Cette voix haute et puissante du peuple, qui ressemble à celle de Dieu, veut désormais que la poésie ait la même devise que la politique: TOLERANCE ET LIBERTE. »

Acte I

Titre: Le roi

A Sarragosse, une chambre à coucher, la nuit, une lampe sur une table
Décor très succinct, en comparaison à la multitude de détails de RB
Symbolique de la chambre, lieu de l’amour.

lundi 15 avril 2013

MOLIERE, DOM JUAN, ACTE V, SCENES 5 et 6, LE DENOUEMENT, COMMENTAIRE




Acte V, scènes 5 et 6

Scène 5
Dom Juan, un spectre en femme voilée, Sganarelle.
Le Spectre, en femme voilée
Dom Juan n’a plus qu’un moment à pouvoir profiter de la miséricorde du Ciel ; et s’il ne se repent ici, sa perte est résolue.
Sganarelle : 
Entendez-vous, Monsieur ?
Dom Juan : 
Qui ose tenir ces paroles ? Je crois connaître cette voix.
Sganarelle : 
Ah ! Monsieur, c’est un spectre : je le reconnais au marcher.
Dom Juan
 : Spectre, fantôme, ou diable, je veux voir ce que c’est.
Le Spectre change de figure, et représente le temps avec sa faux à la main.
Sganarelle : 
Ô Ciel ! voyez-vous, Monsieur, ce changement de figure ?
Dom Juan : 
Non, non, rien n’est capable de m’imprimer de la terreur, et je veux éprouver avec mon épée si c’est un corps ou un esprit.
Le Spectre s’envole dans le temps que Dom Juan le veut frapper.
Sganarelle
 : Ah ! Monsieur, rendez-vous à tant de preuves, et jetez-vous vite dans le repentir.

Dom Juan : 
Non, non, il ne sera pas dit, quoi qu’il arrive, que je sois capable de me repentir. Allons, suis-moi.











Scène 6
La statue, Dom Juan, Sganarelle.
La Statue
 : Arrêtez, Dom Juan : vous m’avez hier donné parole de venir manger avec moi.
Dom Juan : 
Oui. Où faut-il aller ?
La Statue : 
Donnez-moi la main.
Dom Juan : 
La voilà.
La Statue
 : Dom Juan, l’endurcissement au péché traîne une mort funeste, et les grâces du Ciel que l’on renvoie ouvrent un chemin à sa foudre.
Dom Juan
 : Ô Ciel ! que sens-je ? Un feu invisible me brûle, je n’en puis plus, et tout mon corps devient un brasier ardent. Ah !
Le tonnerre tombe avec un grand bruit et de grands éclairs sur Dom Juan ; la terre s’ouvre et l’abîme; et il sort de grands feux de l’endroit où il est tombé.
Sganarelle : 
Ah ! mes gages ! mes gages ! Voilà par sa mort un chacun satisfait : Ciel offensé, lois violées, filles séduites, familles déshonorées, parents outragés, femmes mises à mal, maris poussés à bout, tout le monde est content. Il n’y a que moi seul de malheureux. Mes gages ! Mes gages ! Mes gages !

Problématique: Comment Molière met la « machinerie » théâtrale au service d’un dénouement fantastique et ambigu?

dimanche 14 avril 2013

MOLIERE, DOM JUAN, ACTE II, SCENE 2, DOM JUAN ET CHARLOTTE, COMMENTAIRE





Acte II, scène 2, Le séducteur en action

Dom Juan, apercevant Charlotte.
Ah ! ah ! d’où sort cette autre paysanne, Sganarelle ? As-tu rien vu de plus joli ? et ne trouves-tu pas, dis-moi, que celle-ci vaut bien l’autre ?
Sganarelle : 
Assurément. Autre pièce nouvelle.
Dom Juan
 : D’où me vient, la belle, une rencontre si agréable ? Quoi ? dans ces lieux champêtres, parmi ces arbres et ces rochers, on trouve des personnes faites comme vous êtes ?
Charlotte : 
Vous voyez, Monsieur.
Dom Juan : 
Êtes-vous de ce village ?
Charlotte : 
Oui, Monsieur.
Dom Juan : 
Et vous y demeurez ?
Charlotte : 
Oui, Monsieur.
Dom Juan : 
Vous vous appelez ?
Charlotte
 : Charlotte, pour vous servir.
Dom Juan : 
Ah ! la belle personne, et que ses yeux sont pénétrants !
Charlotte : 
Monsieur, vous me rendez toute honteuse.
Dom Juan
 : Ah ! n’ayez point de honte d’entendre dire vos vérités. Sganarelle, qu’en dis-tu ? Peut-on rien voir de plus agréable ? Tournez-vous un peu, s’il vous plaît. Ah ! que cette taille est jolie ! Haussez un peu la tête, de grâce. Ah ! que ce visage est mignon ! Ouvrez vos yeux entièrement. Ah ! qu’ils sont beaux ! Que je voie un peu vos dents, je vous prie. Ah ! qu’elles sont amoureuses, et ces lèvres appétissantes ! Pour moi, je suis ravi, et je n’ai jamais vu une si charmante personne.
Charlotte : 
Monsieur, cela vous plaît à dire, et je ne sais pas si c’est pour vous railler de moi.
Dom Juan
 : Moi, me railler de vous ? Dieu m’en garde ! je vous aime trop pour cela, et c’est du fond du cœur que je vous parle.
Charlotte : 
Je vous suis bien obligée, si ça est.
Dom Juan
 : Point du tout ; vous ne m’êtes point obligée de tout ce que je dis, et ce n’est qu’à votre beauté que vous en êtes redevable.
Charlotte : 
Monsieur, tout ça est trop bien dit pour moi, et je n’ai pas d’esprit pour vous répondre.
Dom Juan : 
Sganarelle, regarde un peu ses mains.
Charlotte : 
Fi ! Monsieur, elles sont noires comme je ne sais quoi.
Dom Juan
 : Ha ! que dites-vous là ? Elles sont les plus belles du monde ; souffrez que je les baise, je vous prie.
Charlotte : 
Monsieur, c’est trop d’honneur que vous me faites, et si j’avais su ça tantôt, je n’aurais pas manqué de les laver avec du son.
Dom Juan
 : Et dites-moi un peu, belle Charlotte, vous n’êtes pas mariée, sans doute ?
Charlotte : 
Non, Monsieur ; mais je dois bientôt l’être avec Piarrot, le fils de la voisine Simonette.
Dom Juan
 : Quoi ? une personne comme vous serait la femme d’un simple paysan ! Non, non : c’est profaner tant de beautés, et vous n’êtes pas née pour demeurer dans un village. Vous méritez sans doute une meilleure fortune, et le Ciel, qui le connaît bien, m’a conduit ici tout exprès pour empêcher ce mariage, et rendre justice à vos charmes ; car enfin, belle Charlotte, je vous aime de tout mon cœur, et il ne tiendra qu’à vous que je vous arrache de ce misérable lieu, et ne vous mette dans l’état où vous méritez d’être. Cet amour est bien prompt sans doute ; mais quoi ? c’est un effet, Charlotte, de votre grande beauté, et l’on vous aime autant en un quart d’heure, qu’on ferait une autre en six mois.
Charlotte : 
Aussi vrai, Monsieur, je ne sais comment faire quand vous parlez. Ce que vous dites me fait aise, et j’aurais toutes les envies du monde de vous croire ; mais on m’a toujou dit qu’il ne faut jamais croire les Monsieux, et que vous autres courtisans êtes des enjoleus, qui ne songez qu’à abuser les filles.
Dom Juan : 
Je ne suis pas de ces gens-là.
Sganarelle : 
Il n’a garde.
Charlotte : 
Voyez-vous, Monsieur, il n’y a pas plaisir à se laisser abuser. Je suis une pauvre paysanne ; mais j’ai l’honneur en recommandation, et j’aimerais mieux me voir morte, que de me voir déshonorée.
Dom Juan
 : Moi, j’aurais l’âme assez méchante pour abuser une personne comme vous ? Je serais assez lâche pour vous déshonorer ? Non, non : j’ai trop de conscience pour cela. Je vous aime, Charlotte, en tout bien et en tout honneur ; et pour vous montrer que je vous dis vrai, sachez que je n’ai point d’autre dessein que de vous épouser : en voulez-vous un plus grand témoignage ? M’y voilà prêt quand vous voudrez ; et je prends à témoin l’homme que voilà de la parole que je vous donne.
Sganarelle
 : Non, non, ne craignez point : il se mariera avec vous tant que vous voudrez.
Dom Juan
 : Ah ! Charlotte, je vois bien que vous ne me connaissez pas encore. Vous me faites grand tort de juger de moi par les autres ; et s’il y a des fourbes dans le monde, des gens qui ne cherchent qu’à abuser des filles, vous devez me tirer du nombre, et ne pas mettre en doute la sincérité de ma foi. Et puis votre beauté vous assure de tout. Quand on est faite comme vous, on doit être à couvert de toutes ces sortes de crainte ; vous n’avez point l’air, croyez-moi, d’une personne qu’on abuse ; et pour moi, je l’avoue, je me percerais le cœur de mille coups, si j’avais eu la moindre pensée de vous trahir.
Charlotte : 
Mon Dieu ! je ne sais si vous dites vrai, ou non ; mais vous faites que l’on vous croit.
Dom Juan : 
Lorsque vous me croirez, vous me rendrez justice assurément, et je vous réitère encore la promesse que je vous ai faite. Ne l’acceptez-vous pas, et ne voulez-vous pas consentir à être ma femme?
Charlotte : 
Oui, pourvu que ma tante le veuille.
Dom Juan
 : Touchez donc là, Charlotte, puisque vous le voulez bien de votre part.
Charlotte : 
Mais au moins, Monsieur, ne m’allez pas tromper, je vous prie : il y aurait de la conscience à vous, et vous voyez comme j’y vais à la bonne foi.
Dom Juan
 : Comment ? Il semble que vous doutiez encore de ma sincérité ! Voulez-vous que je fasse des serments épouvantables ? Que le Ciel…
Charlotte : 
Mon Dieu, ne jurez point, je vous crois.
Dom Juan
 : Donnez-moi donc un petit baiser pour gage de votre parole.
Charlotte
 : Oh ! Monsieur, attendez que je soyons mariés, je vous prie ; après ça, je vous baiserai tant que vous voudrez.
Dom Juan
 : Eh bien ! belle Charlotte, je veux tout ce que vous voulez ; abandonnez-moi seulement votre main, et souffrez que, par mille baisers, je lui exprime le ravissement où je suis…

Problématique: Dans quelle mesure cette scène montre le séducteur en action?

vendredi 12 avril 2013

ZOLA, NANA, LE MONDE DU THEATRE, ANALYSES DES PERSONNAGES





- Bordenave : directeur du théâtre des Variétés
Il joue le rôle d’entremetteur par la biais de son théâtre qu’il qualifie par trois fois de «bordel » au chapitre 1: « lui, ne s’embarrassait pas longtemps d’une femme, il aimait mieux en faire tout de suite profiter le public ". « il en vendait, il savait ce qu’elles valaient, les garces !» chapitre 1.
Il est décrit exubérant, caricatural, parfois paternel avec ses            « petites femmes », violent : « souvent il battait les femmes aux répétitions quand il avait couché avec elles » : chapitre 9, amant de Simonne.

mardi 9 avril 2013

ZOLA, LA FORTUNE DES ROUGON, RESUMÉ.




Préface: Je veux expliquer comment une famille, un petit groupe d’êtres, se comporte dans une société, en s’épanouissant pour donner naissance à dix, à vingt individus qui paraissent, au premier coup d’œil, profondément dissemblables, mais que l’analyse montre intimement liés les uns aux autres. L’hérédité a ses lois, comme la pesanteur. Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire. Titre scientifique: Les Origines. (1871)

lundi 8 avril 2013

RIMBAUD, LE MAL, COMMENTAIRE





Le Mal

Tandis que les crachats rouges de la mitraille
Sifflent tout le jour par l’infini du ciel bleu ;
Qu’écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,
Croulent les bataillons en masse dans le feu ;

Tandis qu’une folie épouvantable, broie
Et fait de cent milliers d’hommes un tas fumant ;
— Pauvres morts ! dans l’été, dans l’herbe, dans ta joie,
Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement ! ... —

— Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées
Des autels, à l’encens, aux grands calices d’or ;
Qui dans le bercement des hosannah s’endort,

Et se réveille, quand des mères, ramassées
Dans l’angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir
Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir !


 Commentaire de « Le Mal »
   Le sonnet “Le Mal” a été inspiré à Rimbaud par la guerre franco-prussienne (Nap. III déclare la guerre à la Prusse en juillet 1870. Capitulation de Sedan le 2 septembre 1870), l’enfant sage des premières années de collège a déjà commencé de lancer sur sa ville natale et sur l’univers de l’homme un regard critique. Il a déjà fait des fugues. Dès la déclaration de la guerre, il gagne Paris. Il méprise le nationalisme de ses contemporains, et la mort de jeunes hommes le révolte.