samedi 19 janvier 2013

RESUME ZOLA "LA CUREE"


I: Renée avoue à son beau-fils qu’elle s’ennuie, malgré sa vie luxueuse, ses toilettes, ses diamants et ses multiples amants. Une certaine complicité semble lier les deux jeunes gens, Renée a trente ans, Maxime, une vingtaine. Ils sont en calèche, beaucoup d’autres voitures attendent que l’embouteillage se dissipe, le tout paris riche est là.


  
          Ils arrivent à leur somptueuse demeure, description de cet hôtel particulier très décoré et recouvert de dorures… Le soir, un repas richement servi, Renée se fait belle, en vert, elle fascine les convives avec ses diamants que son mari, Aristide Saccard vient de lui acheter et qui appartenait à son ancienne maîtresse, Laure d’Aurigny. Les convives sont la sœur de Renée, Christine, sa tante Élisabeth, veuve du notaire Aubertot, la sœur de son marie, Sidonie Rougon, Louise, un peu laide et bossue, qui est fiancée à Maxime, des marquises, des barons, des officiels, des entrepreneurs maçons…Toutin-Laroche, conseiller municipal… Le repas est très luxueux, la conversation va bon train sur les travaux de Paris qui percent les grands boulevards.        Puis les hommes vont au fumoir, les femmes vont dans un salon richement décoré, jaune bouton d’or, que Renée affectionne tout particulièrement. Mais la jeune femme est rêveuse, elle voit d’un mauvais œil Maxime prendre les mains de Louise, et elle les observe longuement de la serre, décrite en détails, en suçant une feuille d’une plante empoisonnée.
II: Aristide Rougon s’abat sur Paris au lendemain du 2 décembre 1852, avec sa femme Angèle et sa fille Clotilde. Il laissa son fils Maxime à ses grands-parents, Pierre et Félicité. Il se rend, dès le lendemain, chez son frère Eugène qui lui promet un emploi et lui conseille de patienter sans se faire remarquer. L’attente est longue, la misère le ronge, il change de nom et prend celui de Saccard. Enfin, un long mois après, Eugène lui donne une place de commissaire voyer adjoint à l’hôtel de ville. Une existence assez terne de modeste employé commence. Il devient commissaire voyer, et se rend vite compte des avantages de sa position qui lui permet de fureter partout, en ayant l’air de rien.
            
Très vite, rusé et habile, il prend conscience des enjeux qui se trament avec la construction des boulevards de Paris. Il lui faut trouver de l’argent, il va voir sa sœur Sidonie, entremetteuse et dentellière à la fois, espèce de huissier officieuse, magouilleuse. Elle lui dit que s’il n’était pas marié, ce serait beaucoup plus simple. Une chance pour lui, sa femme tombe malade, elle n’est pas encore morte qu’il accepte de se marier avec une certaine Renée Béraud qui est enceinte, à la suite d’un viol, et dont la tante fait tout pour cacher la vérité à son père. Il déménage, envoie sa fille Clotilde à son frère Pascal, qui la réclamait et après des tractations sordides avec la tante Élisabeth, qui lui dit que sa nièce possède entre autres, une maison rue de la Pépinière, il épouse Renée. Celle-ci fait une fausse couche, Saccard achète la maison sous un prête-nom, Larsonneau, falsifie les comptes pour que l’estimation soit le double… Il a mis Toutin-Laroche et le baron Gourand dans sa poche, qui sont chargés, avec d’autres, de vérifier les estimations. C’est sa première réussite, 600 000 mille francs, alors que la maison en vaut le tiers.
            Ils se rendent parfois chez le père de Renée, qui habite une grande demeure froide et austère, avec sa sœur Élisabeth et sa fille Christine. La seule pièce gaie et ensoleillée de la demeure c’est le grenier aménagé pour les enfants, où Renée et Christine jouaient souvent, parmi la volière et un grand tapis recouvert de jouets. La vue sur Paris et la Seine est magnifique.
 III: A treize ans, Maxime vient vivre avec son père. Ce petit tondu coquin et déjà vicieux. « le vice parut même en lui avant l’éveil des désirs. » Renée l’adopte de suite, il l’aide même, lors de leur première entrevue, à parfaire sa toilette en lui conseillant de mettre une croix en pendentif.
            Maxime vit entouré de femmes, et ressemble à une fille. La complicité est totale, Renée l’emmène partout. Il va au collège, et devient un jeune dandy en tilbury. Il adore par dessus tout l’accompagner chez le fameux tailleur Worms.    Cependant, Aristide devient de plus en plus hardi dans ses spéculations, achetant, revendant et faisant le pari de construire sur des terrains alors que d’autres, comme les entrepreneurs maçons, se contentent de les revendre nus. Le crédit viticole qu’il a fondé avec Toutin-Laroche bat son plein. Il s’entend très bien avec son fils, ils s’échangent même parfois leurs conquêtes. Puis il fait construire le luxueux hôtel, en face du parc Monceau. Ils doublent leur train de vie. Renée rencontre Bonaparte et en garde un souvenir cuisant. Il dit d’elle que c’est un œillet et un général précisera qu’il faudrait la mettre à sa boutonnière.



IV: Renée insiste pour aller avec Maxime à un bal d’actrices, mais elle est déçue. Son cavalier l’emmène alors dans un restaurant où les attend un cabinet privé. Leur première nuit d’amour. Les rendez-vous se poursuivront dans la chambre même de Renée si faite pour l’amour, dans le salon jaune, dans le fumoir, et surtout dans la serre, lieu symbolique de leurs rapports incestueux. Saccard a de plus en plus de mal à honorer ses dettes, Larsonneau, son associé, possède toujours les registres truqués, il fait s’endetter Renée auprès de lui…
V: Renée et Maxime passent quelques mois à vivre pleinement leur passion. Saccard donne moins d’argent à sa femme, qui entretient son beau-fils.
            Saccard lui fait vendre la maison de Charonne, et redevient assidu auprès de sa femme. Tant et si bien qu’une nuit Maxime arrive à l’improviste et comprend qu’un homme est chez elle. Elle n’ose pas lui avouer que c’est son père et préfère lui mentir en lui disant que c’est M. de Saffré. Maxime, que cette liaison commençait à lasser, n’attendait qu’un prétexte pour rompre, ce qu’il fit.
            Parallèlement, Saccard réussit à convaincre Larsonneau d’acheter la maison de Charonne et reprend même les fameux registres.
            Enfin, le mariage entre maxime et Louise est arrêté. Celui-ci, après une discussion avec son père, apprend que c’était lui qui était avec Renée, il décide d’aller voir la jeune femme, pour essayer de comprendre pourquoi elle avait menti. Mais lâche devant l’insistance de sa maîtresse, il reste, après lui avoir dit qu’il préférait que c’eût été son père. Renée est très surprise. Maxime, trop indiscret, lui dit que son père l’a volée dans l’affaire de Charonne. Elle refuse donc de signer. Saccard lui en veut et met sa sœur sur la piste pour qu’elle sache qui est son amant. Sidonie lui promet de trouver.
VI: Un bal travesti suivi d’un spectacle en trois tableaux a lieu chez Saccard, organisé par le préfet. Renée joue Écho, Maxime, Narcisse. La nymphe demande à Vénus d’ouvrir le cœur du jeune homme, sans succès, l’étalage de richesses n’y feront rien non plus, Écho devient l’écho et Narcisse une fleur…
            Tous les nobles sont là et assistent au spectacle, mais Renée est anxieuse. Elle se ballade à demi nue, un peu folle, et apprend par hasard le mariage de Maxime qu’elle ignorait. Elle le cherche, le trouve enfin avec Louise, et l’emmène dans sa chambre où elle lui fait une scène qu’elle termine par la décision de s’enfuir avec lui en Angleterre. Maxime n’ose pas refuser, mais Saccard les interrompt.
            Sidonie avait suivi Renée et était allé l’avertir. Mais il ne dit rien, prend le papier de Charonne que Renée avait signé pour montrer à Maxime qu’elle avait de l’argent et repart au bras de son fils. Renée est anéantie par ce brusque silence. Seule, au milieu de son cabinet de toilette qui fleure la débauche, elle se rend compte que ce sont ces deux hommes qui l’ont conduite au vice et l’ont mise à nu. Dans un dernier sursaut, elle se couvre de fourrure et part à la conquête de Maxime. Mais Louise lui dit que tout est arrangé et qu’ils vont partir pour l’Italie. La fête bat son plein, le cotillon est déchaîné, et Renée frissonne de honte terrifiée.
VII: Saccard gagne trois millions avec les anciens terrains de Mme Aubertot, rue Charonne. Renée s’ennuie et devient vieille. Son dernier soutien, sa femme de chambre Céleste, la quitte, ayant mis de côté les 5000 francs qu’elle voulait pour s’installer à la campagne. Elle l’accompagne à la gare, et au retour, elle va se promener dans sa calèche au Bois, comme au début du roman.
            Alors elle se souvient, tout en observant le monde, les mêmes femmes riches, leurs hommes. Elle voit aussi Saccard et Maxime, le père conseillant de placer de l’argent dans une affaire au fils. Maxime fut veuf au bout de six mois et hérita de toute la fortune de sa femme. L’empereur lui-même paraît, semblant consacrer et légitimer tout cet étalage de richesses. Elle se dit qu’ils ont raison, et qu’elle n’a pas été assez forte pour supporter tout ce vice et cette débauche, cette curée des nouveaux riches sur la jouissance et le luxe. Alors elle va chez son père, monte jusqu’au grenier où elle jouait avec sa sœur et regarde, nostalgique, la vue de Paris et de la seine. Les mains jointes, elle sanglote dans la nuit tombante. L’hiver suivant, elle meurt d’une méningite aiguë. Son père paye ses dettes, celle de Worms s’élevait à 257 000 francs. (Dernière phrase du livre)

Nathalie LECLERCQ

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